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Conférence-débat organisée par l’USFP avec la participation de l’AMH : Chaque année, l’exclusion des personnes handicapées prive le Maroc de deux points du PIB




«Non à la stigmatisation des personnes pour cause de handicap ». C’est ce qui ressort des interventions des différents participants à la conférence-débat organisée par  l’Union socialiste des forces populaires (USFP) avec la  participation de  l’Amicale marocaine des handicapés (AMH) ce 12 octobre. Le thème de la rencontre a porté sur « les droits des personnes en état de handicap ». Cette frange de la société a été marginalisée voire délaissée des années durant. Tous les espoirs tendent vers un changement de leur situation vu le vent de réformes qui souffle  sur le pays. L’objectif étant de concevoir une meilleure stratégie pour la mise en application des apports de la Constitution.
Dans son allocution d’ouverture, Fathallah Oualaalou,  Premier secrétaire adjoint                                      de l’USFP, a souligné l’importance que revêt cette initiative qui met en présence des professionnels qui sont à même d’apporter  plus de lumière sur la situation des handicapés. « Il ne s’agit pas seulement de poser le problème mais encore faut-il passer à l’étape suivante, celle de la mise en ouvre de mesures concrètes », explique M. Oualaalou avant d’ajouter que le Maroc connaît une dynamique nationale visant à consolider les institutions d’un Etat basé sur le respect des droits de l’Homme et d’une société inclusive où tous les citoyens jouissent d’une égalité de chances. D’ailleurs la Constitution a inclus formellement ces principes et banni toute sorte de discriminations tout en instaurant la prédominance des conventions internationales. C’est dans ce cadre que se place le problème  des handicapés.
« Nous avons été contactés par l’AMH sachant que l’USFP est un parti démocratique non seulement dans le sens politique du terme mais également dans sa lutte contre toutes les  formes d’exclusion », a ajouté M. Oualaalou en précisant que notre pays «ne devrait pas marcher à deux vitesses ».
« En ratifiant la Convention internationale, le Maroc devient responsable et devrait faire figurer la situation des handicapés dans les politiques publiques », a-t-il souligné avant de conclure que « l’exclusion des personnes handicapées ne peut que faire régresser l’économie du pays »
Dans son intervention intitulée : « Le handicap, de l’approche caritative à l’approche droit », Mohammed El Khadiri, président de l’Amicale marocaine des handicapés, a souligné le fait que d’un point de vue historique les personnes en situation de handicap ont toujours été considérées comme des objets de charité et non pas comme des sujets de droit. « Force est de constater que leur situation est alarmante, voire catastrophique d’autant plus qu’il y a un lien solide entre le handicap et la pauvreté ». Et d’ajouter que les partis politiques ont un rôle déterminant dans le changement de la conception que se font les gens par rapport aux handicapés. A cet effet,  M. El Khadiri fait état des diverses approches du handicap ; de l’approche charitable à l’approche des droits de l’Homme en passant par l’approche sociale et biomédicale.
 Mohammed Laâzri, secrétaire général de l’AMH a, quant à lui, abordé « l’état des lieux » d’un point de vue social. Pour lui, la question des personnes handicapées ne s’est réellement posée avec acuité que lors du XXème siècle du fait de toutes les guerres qui s’y étaient déclenchées. « Le Maroc ne connaît pas de stratégie globale, car plus les besoins en  experts en matière de handicap se font réellement sentir. A titre d’exemple, les CHU manquent de centres de rééducation. Par ailleurs, nous sommes en mesure de nous poser la question du lien existant entre le handicap et la vieillesse. Il faut savoir que d’après des pronostics, en 2030, 50% de la population marocaine sera vieille. Rien n’est entrepris pour faire face à cette situation », ajoute-t-il.
Amal Benmansour, architecte, a parlé quant à elle de  la participation politique de cette frange de la société en choisissant comme intitulé « Du citoyen marocain à l’isoloir ». Un sujet d’actualité en somme. D’après elle, la question qui se pose à ce niveau, c’est comment voter  et non pas sur  qui voter. « Rien n’est fait au Maroc afin de faciliter une telle accessibilité quel que soit le handicap et à toutes les étapes du vote », s’est-elle indigné. Et pourtant, cette population constitue un réservoir de voix non négligeable.
La discussion de l’impact économique de l’exclusion est revenue à Abdelkhalek Touhami, enseignant-chercheur de l’Université de Rabat. « La personne handicapée est conçue généralement comme une charge, déclare-t-il, mais on serait tenté de  se poser la question suivante : quel est son apport à l’Etat? C’est un consommateur qui débourse beaucoup plus qu’une personne normale et il constitue une source de revenus pour divers métiers tels que médecins spécialistes, kinésithérapeutes, a-t-il ajouté.
Selon M. Touhami, une enquête nationale réalisée en 2004, a démontré que l’exclusion des personnes handicapées du marché du travail coûte à la communauté 2% du PIB chaque année. Le Maroc a tout à gagner en employant ses handicapés qui représentent 5,12 % de la population totale, a-t-il conclu.
Dans son exposé traitant de  « l’impact social », Soumia Amrani, présidente de l’Association Pinocchio, précise que la situation des handicapés est vraiment alarmante. «L’Organisation mondiale de la santé estime qu’en 2011 le taux des personnes handicapées sur le plan international a progressé passant de 10 à 15% », déclare-t-elle. Si on extrapole sur le Maroc, dit-elle, on peut en déduire qu’un  de la population est atteinte d’un handicap. Terrible constat. Par ailleurs et toujours d’après l’enquête susmentionnée, 25% des familles sont concernées par cet  handicap à travers un ou deux de ses membres. Quid du coût du handicap ? «Très lourd, s’empresse de préciser Mme Amrani. A titre d’exemple, un accompagnateur pour enfants handicapés coûte entr 2000 et 4000 DH par mois. C’est sans commentaire quand on connaît la moyenne des salaires au Maroc. Sans parler des frais de rééducation qui plombent sérieusement le budget familial.

Nezha Mounir
Vendredi 14 Octobre 2011

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