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Commémoration du 39ème anniversaire de la disparition d’Omar Benjelloun

L’homme et le militant au long cours




Commémoration du 39ème anniversaire de la disparition d’Omar Benjelloun
Ce jeudi 18 décembre 2014, 39 ans se seront écoulés sur l’assassinat d’Omar Benjelloun, martyr de la liberté, de la démocratie et du socialisme. 
 Son assassinat fut un acte terroriste, planifié par ceux qui ont fait du meurtre sous couvert de la religion, une idéologie. Des personnes ignorantes, endoctrinées par la haine et le prosélytisme,  ont été les instruments de ce crime odieux avec la complicité des services de sécurité de l’époque, obsédés par les moyens d’endiguer l’avancée de la pensée ittihadie, notamment après le succès des travaux du Congrès extraordinaire de janvier 1975. 
Au cours de ces assises historiques, l’USFP avait adopté, dans des circonstances difficiles,  la voie de la clarté idéologique et du militantisme démocratique et ouvert  sur l’avenir. Il avait, par ailleurs, érigé la récupération de l’intégrité territoriale au rang de préoccupation majeure, transcendant ainsi les petits calculs. Le meurtre d’Omar Benjelloun par les intégristes de la Chabiba Islamya avait été froidement planifié et exécuté en vue de porter un coup dur à l’USFP. En mettant un terme à la vie d’un leader politique, les hérauts de l’obscurantisme croyaient pouvoir ébranler le parti des forces populaires, ses valeurs, ses principes et son action. Il n’en fut rien puisque l’USFP n’a jamais dévié de sa voie et que sa détermination n’est sortie que plus grande et plus aguerrie de cette épreuve. 
 Deux menaces de mort ont précédé ce crime odieux sous forme de colis piégés. Le premier destiné au martyr Omar Benjelloun n’a pas explosé et le second adressé, le même jour, à son compagnon de lutte Mohamed Elyazghi, a explosé au visage de ce dernier. Non satisfaites de cet attentat, les forces de la réaction ont planifié et entraîné leurs nervis pour commettre leur forfaiture de manière directe sur la personne d’Omar Benjelloun. 
 39 années sont passées depuis que ce dernier, que Dieu ait son âme, est tombé, ensanglanté, devant le seuil de sa maison à Casablanca, le 18 décembre 1975. Mais ses enseignements et son souvenir sont toujours vivaces dans la mémoire des militants et militantes ittihadis et également dans la mémoire de toutes les forces de gauche et de l’ensemble du peuple marocain. 
Le regretté fut, en effet, un militant brillant dans nombre de domaines. Ce fut aussi un journaliste audacieux qui n’hésitait jamais à dénoncer l’injustice et à propager la pensée démocratique socialiste et les valeurs de la modernité tout en veillant à exercer sa mission avec professionnalisme en tant que responsable des journaux à Al Moharrir et Palestine. 
 Au côté d’Omar le journaliste, Omar l’avocat compétent et courageux défendait le droit. Dans un cas comme dans l’autre, il le faisait avec courage et abnégation, joignant la pensée à l’action et se dépensant sans compter. Ce fut le parfait exemple de l’intellectuel organique. 
 Toutes ces qualités l’avaient doté  d’un charisme qui a puisé sa pérennité de sa modestie et de son humanisme et en même temps de son autodidaxie et de sa flamme militante qui ne faisait que se renforcer dans les moments les plus critiques. 
 Il fut donc et il demeurera à jamais l’exemple du parfait militant qui ne recule devant aucun sacrifice pour que le Maroc puisse profiter à tous les Marocains. 

Un crime odieux

Casablanca, le 18 décembre 1975. Il est 15h et nous sommes à proximité du 91, rue Camille Desmoulins (aujourd’hui Boulevard Al Massira Al Khadra), la célèbre avenue commerçante de la ville blanche. Un homme, la quarantaine, quitte sa petite villa et se dirige vers sa voiture, une R16 blanche. Deux inconnus l’attendent et l’abordent sans crier gare. 
Les deux assaillants, qui ont bien planifié leur coup, sortent en une fraction de seconde un arsenal d’armes artisanales: un couteau, un tournevis, une manivelle, etc. Une pluie de frappes d’une rare violence s’abat sur leur interlocuteur. Il prend un premier coup à la poitrine, un deuxième au dos et un troisième à la tête, qui lui sera fatal. Il est à terre, inerte et git dans une mare de sang. Mort.
La victime s’appelle Omar Benjelloun. Cet idéologue, syndicaliste, ingénieur, avocat et journaliste, est l’un des acteurs politiques de tout premier plan dans ce Maroc agité des années de plomb. 
Ce 18 décembre 1975, le Maroc vient tout simplement d’assister à l’assassinat politique le plus crapuleux et barbare de l’ère hassanienne. 
Omar Benjelloun, fier fils de l’Oriental et militant au long cours, n’est plus. 
Alors, qui était-il vraiment ? Un fils du peuple, un vrai. Né en 1934 à Berguent, un village niché dans l’Oriental, près d’Oujda, il s’acharne dans ses études et devient l’un des premiers ingénieurs marocains en télécommunications formés en France. Avec, en parallèle, un diplôme en droit. 
De retour au pays, son étoile brille dans le ciel du parti des forces populaires, principale formation d’opposition. 
Il sillonne le pays pour mobiliser les masses, quand il n’est pas en prison. Et c’est précisément derrière les barreaux qu’il couche noir sur blanc ses idées pour le renouveau du parti. Résultat : le rapport idéologique qu’il présente lui-même devant le Congrès extraordinaire de janvier 1975 porte sa signature et celle de Mohamed Abed El Jabri, le “philosophe” du parti et l’un de ses principaux idéologues. 
Travailleur infatigable, Omar Benjelloun est aussi un journaliste qui dirige d’une main de maître Al Moharrir, le quotidien du parti, à l’époque le journal le plus influent du pays. Son action politique infatigable et l’audace de sa chronique Bissaraha (En toute vérité) dérangent pas mal de monde. Il est ainsi devenu l’homme à abattre. Mais ses assassins pouvaient-ils en faire de même pour sa pensée ? Loin s’en faut.


Bio express

1934 : Voit le jour dans l’Oriental.
1960 : Major de sa promotion à l’Ecole supérieure des télécommunications, Paris.
1963 : Enlevé et torturé à Dar Mokri, à Rabat.
1964 : Condamné à la peine capitale, commuée en prison à perpétuité.
1965 : Remis en liberté, il est repris et emprisonné pendant 18 mois.
1972 : Prend la direction d’Al Moharrir.
1973 : Reçoit un colis piégé et échappe à une mort certaine.
1975 : Assassiné le jeudi 18 décembre 1975.

​L’intégrisme voulait assassiner les valeurs démocratiques en devenir


Il y a 39 ans, une bande terroriste drapée des oripeaux d’une religiosité fanatique a porté atteinte à la vie du grand leader ittihadi Omar Benjelloun, qui est tombé assassiné devant sa maison, rue Camille Desmoulins à Casablanca, le 18  décembre 1975. 
Les commanditaires de cet acte sanguinaire qui a été le premier assassinat terroriste barbare commis au nom de la religion, de l’histoire politique moderne du Maroc, ne visaient pas l’élimination physique d’un leader politique juste qui ne recule devant rien pour défendre la justice.  Ils visaient aussi et principalement, l’élimination des valeurs à la défense desquelles, le martyr avait consacré sa vie: les valeurs de démocratie, de modernité et la construction d’une société nouvelle. 
N’ayant  pas supporté la grande valeur du regretté, ni son rayonnement intellectuel, ils avaient planifié son élimination physique, croyant que leur obscurantisme pourrait faire disparaître l’idéal auquel il avait consacré sa vie. 
Omar Benjelloun avait, en effet, choisi, sa vie durant, la voie de la lutte démocratique à l’intérieur de la patrie, supportant avec courage et noblesse l’emprisonnement et la condamnation à mort.  Et quand les ennemis de la démocratie ont désespéré de le détourner du choix démocratique, ils lui ont envoyé un colis piégé. 
Ayant échappé à cet attentat odieux, ils décidèrent de l’éliminer physiquement.
La providence a voulu  28  ans après l’acte terroriste qui a visé la vie d’ Omar au cœur de Casablanca, que cette même ville soit secouée une seconde fois par les actes terroristes barbares du  16 mai. 
Et de la même manière avec laquelle les Usfpéistes ont résisté au flux terroriste des années 70,  en persévérant dans leur lutte démocratique et leur conviction dans le fait que la construction de l’Etat des institutions et la consolidation de la pratique démocratique authentique sont les véritables armes pour éradiquer le terrorisme. 
Ils sont aujourd’hui encore plus attachés à cette voie qui a démontré sa justesse et estiment que l’Etat doit lutter sans répit contre cela pour préserver les acquis de la nation marocaine.  
Les militantes et militants doivent se rappeler la leçon de démocratie qu’inspire le parcours du martyr Omar, qui a cru en la démocratie en tant que théorie et pratique, au point de sacrifier sa vie pour elle. 
 Et de la même manière qu’Omar était convaincu que la voie de l’action militante authentique, ne peut être que celle de la démocratie, cette démocratie politique, économique, sociale et culturelle, globale. Il a lié conformément aux principes de notre parti, la démocratie et la libération dans le cadre de notre unité territoriale, de nos territoires occupés. Il avait  affronté les séparatistes dans tous les forums à l’extérieur du Maroc, avec les valeurs du militant démocrate unitaire et exceptionnel. Il est allé à La Haye suivre les séances de traitement du dossier du Sahara marocain devant la Cour internationale de justice. Ses correspondances de La Haye publiées par le quotidien   interdit “Al Moharir”,  sont le témoignage de cette noblesse patriotique. 
 Les contributions éclairées à la préparation du rapport idéologique de 1975 ont  montré aussi ce visage rayonnant d’Omar le musulman démocrate et socialiste. 
 Le musulman authentique imprégné de valeurs, de justice, d’égalité demeure convaincu avant tout cela, de la valeur du pardon et de la tolérance y compris vis-à-vis de ses bourreaux. 
La fidélité au souvenir d’Omar Benjelloun exige donc que les militants de l’USFP puissent continuer à cultiver l’esprit de camaraderie fondé  sur l’éthique, la démocratie, la capacité d’écoute vis-à-vis des citoyens, l’action en profondeur dans la société, la valorisation de l’effort intellectuel et culturel ainsi que le renouvellement des moyens d’action et leur consolidation. 

​Une œuvre immortelle


39 ans se sont écoulés depuis l'assassinat du martyr de la liberté, de la démocratie et du socialisme: Omar Benjelloun. 
Son assassinat, un acte terroriste, planifié par ceux qui ont fait du meurtre sous couvert de la religion, une idéologie. Des personnes ignorantes, endoctrinées par la haine et l'hérésie,  ont été les outils de ce crime odieux avec la complicité des services de sécurité de l'époque, obsédés par les moyens de limiter l’avancée de la pensée ittihadie, notamment après le succès des travaux du Congrès extraordinaire de janvier 1975. 
Au cours de ce Congrès historique, l'USFP a adopté dans des circonstances difficiles,  la voie de la clarté idéologique,  la stratégie du militantisme démocratique et l'ouverture vers l'avenir. Il a, par ailleurs, érigé la récupération de l'intégrité territoriale au rang de préoccupation majeure transcendant, ainsi, les petits calculs. 
Le meurtre d’Omar Benjelloun, que Dieu ait son âme, était un coup dur pour l'USFP. Un  crime qui non seulement a mis terme à la vie d'un leader politique, mais aussi à la pensée ittihadie et à ses principes que ses geôliers n'ont pu lui ôter. Cet assassinat a visé également la stabilité du parti et ce, en le faisant déviant de la voie qu’il a décidé de suivre avec volonté et fermeté, en l’occurrence celle du militantisme démocratique. En dépit de la gravité de cette catastrophe, l'USFP est restée fidèle aux résolutions du Congrès extraordinaire de 1975. 
Deux menaces de mort ont précédé ce crime odieux sous forme de colis piégés. Le premier destiné au martyr Omar Benjelloun n'a pas explosé. Non satisfaits de cet attentat, ils ont planifié et entraîné les exécutants pour que le crime soit direct et sûr. 
39 années sont passées depuis que le martyr Omar Benjelloun, que Dieu ait son âme, est tombé, ensanglanté, devant le seuil de sa maison à Casablanca, le 18 décembre 1975. 
Seulement, ses idées et ses principes, qui sont bien entendu ceux de son parti, ne se sont pas éteints.  Son souvenir est toujours vivant dans la mémoire des militants et militantes ittihadis et également dans la mémoire de la gauche et de l’ensemble du peuple marocain. 
 Tout jeune encore, Omar Benjelloun a œuvré pour l'unification des rangs de la gauche. Aujourd'hui, l'USFP poursuit la réalisation de cette mission historique qui a pour ambition, l'édification d'un grand parti socialiste démocratique ouvert à tous ceux qui partagent ses valeurs et ses choix. 
Le 39ème anniversaire du martyr Omar Benjelloun doit être une opportunité pour nous inspirer des leçons de sa pensée et de son passé militant. 
Il fut un militant ferme et brillant dans nombre de domaines différents, devenus un seul terrain pour un long combat de l'homme pour l'Homme. L'Homme, en même temps, un moyen et une fin pour tout projet de développement économique, social, culturel ou politique. 
C'est selon cette vision globale que le regretté était un exemple du journaliste audacieux qui dénonçait les irrégularités et l'injustice et propageait la pensée démocratique socialiste et les valeurs de la modernité tout en veillant à exercer sa mission avec professionnalisme en tant que responsable des journaux à Al Moharrir et Palestine. Durant cette mission, un bon nombre de journalistes ittihadis et autres ont été formés à son école. 
Au côté d'Omar le journaliste, Omar l'avocat compétent et courageux qui défendait le droit. Dans les deux cas, il est resté fidèle à ses principes politiques,  à ses valeurs. Il est bien utile pour les avocats ittihadis de s'inspirer de son parcours professionnel et intellectuel. 
Le martyr Omar Benjelloun ne s'est pas contenté de la théorisation, mais il a joint la pensée à l'action, se dépensant avec abnégation. Ce fut le parfait exemple de l'intellectuel organique. 
Toutes ces qualités ont doté la personnalité de ce grand leader,  d’un charisme qui a puisé sa pérennité de sa modestie et de son humanisme et en même temps de son autodidaxie et de sa flamme militante dans les moments les plus critiques. 
Ainsi, compte  tenu de leur lâcheté intellectuelle, ses assassins et leurs commanditaires n'ont pu trouver  aucun moyen légal pour affronter sa pensée que le recours au crime. Un crime qui, contrairement à leurs tristes desseins, n'a fait que rendre plus présente sa pensée dans la mémoire de notre parti et dans celle du peuple marocain.

Jeudi 18 Décembre 2014

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