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Combattre les jihadistes de retour en France par la tactique de l'album-photo




Combattre les jihadistes de retour en France  par la tactique  de l'album-photo
Ils sont des dizaines, bientôt des centaines, à rentrer en France après un séjour dans les "terres de jihad" syro-irakiennes : pour tenter de comprendre ce qu'ils y ont fait, et de détecter les terroristes en puissance, enquêteurs et magistrats tiennent à jour des albums-photo. 
Au cours des premiers mois de l'insurrection syrienne, il était relativement facile de savoir ce qu'y faisaient (ou se vantaient d'y faire) les apprentis-jihadistes. Il suffisait de surveiller Internet et les réseaux sociaux et de faire des captures d'écran sur lesquels ils apparaissaient souvent kalachnikov en main, juchés sur des blindés, l'index levé, ou brandissant des têtes tranchées.
La méthode a récemment été confirmée par le juge antiterroriste Marc Trévidic. Dans un entretien à la chaîne de télévision France 2, il expliquait : "Avec le nombre de gens qui sont rentrés, on a fait des planches photo de Français et de Belges. En présentant ces photos à des personnes revenues, on demande à tout le monde +Qu'est-ce qu'il a fait celui-là ? Qui tu reconnais sur la planche photo ?+ Ils répondent : +Ah ben lui, je l'ai vu, il était à Raqqa... Lui, il était dans la police islamique; lui, il a combattu; lui, il a participé aux exécutions sur la place publique+".
Si la grande majorité de ceux qui rentrent de Syrie, même s'ils peuvent garder des convictions islamistes radicales, ne vont pas passer à l'action violente et reprennent le cours de leur vie, une petite minorité, à l'image de Mehdi Nemmouche, auteur de la tuerie du musée juif de Bruxelles, peut choisir de frapper en Europe, estiment les enquêteurs. Toute la difficulté est de les trouver. 
Les chiffres officiels, qui sont en fait plutôt des estimations, font état d'environ 430 Français présents dans la zone syro-irakienne tenue par le groupe Etat islamique ou d'autres groupes jihadistes et de plusieurs centaines déjà rentrés en France. Parmi eux, 190 font l'objet d'un placement sous contrôle judiciaire. 
Mais les services spécialisés craignent qu'il ne s'agisse là que de la partie émergée de l'iceberg. 
"Combien sont partis et revenus sans qu'on le sache ?", s'interroge le même haut responsable. "Ce n'est pas difficile. Il faut éviter l'avion, sortir de France en voiture ou même à pied, par un petit chemin, à un kilomètre du poste-frontière. Ceux qui font ça sont les plus malins, dont potentiellement les plus dangereux. Ceux-là, ils sont dans la nature".

Libé
Lundi 4 Mai 2015

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