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Combats en Libye : Les fidèles à Kadhafi résistent à Syrte et Béni Walid




La guerre des rues a commencé. Après trois semaines de siège, les combattants du Conseil national de transition (CNT) livrent de meurtriers combats urbains à mesure qu'ils progressent vers le centre de Syrte et font face à une résistance acharnée des forces pro-Kadhafi. Sur le front est de la ville, ces affrontements se concentrent dans le  "quartier des Mauritaniens", près du bord de mer, et, plus au sud du centre-ville, autour de l'Université et du Centre de conférence Ouagadougou.
Jeudi soir, à l'issue d'une nouvelle journée de violents combats, les hommes de la brigade  "Ali Nouri Sbag"  sont parvenus à avancer de près d'un kilomètre, tout près de l'avenue qui relie du nord au sud ces trois place-fortes loyalistes, a constaté un journaliste de l'AFP.  "Nous devons nous emparer de cet axe ce soir"  explique calmement le commandant Najib Mismari, alors que les affrontements font rage et que les traçantes ennemies sifflent sous son nez dans une rue en enfilade.  «
 Nous ne pouvons pas rester là au milieu des habitations pendant la nuit, nous pourrions être facilement contournés, c'est trop dangereux». Une montagne de sable sur la route principale bloque cependant la progression. Ses hommes doivent pénétrer dans un entrelacs de ruelles sablonneuses, d'habitations à deux étages et de jardinets. Presque impossible d'engager les véhicules de guerre dans ce labyrinthe sans être immédiatement pris pour cible par les tireurs embusqués: il faut y aller à pied, et l'arme au poing. Cet endroit marque véritablement l'entrée du centre-ville. Les pro-Kadhafi y sont chez eux et ne cèdent pas un pouce de terrain sans combattre. Une pluie de projectiles d'acier s'abat sur les combattants CNT, accroupis à couvert dans les angles morts de la ruelle. Les servants d'un mortier tentent de mettre leur engin en batterie sur son lourd trépied. Les balles les forcent à se coucher le nez dans le sable. Les impacts grêlent, en un sinistre cliquetis, la façade des maisons voisines. Imperturbable, le commandant Mismari scrute debout le champ de bataille, en plein dans l'axe de tir adverse.  « Je veux ici au coin de la rue une kalachnikov et une (mitrailleuse) 12.7 mm». L'ordre est exécuté sans broncher dans la minute qui suit. La brigade ‘’Ali Nouri Sbag’’ est constituée en majorité d'hommes de l'armée régulière de l'ancien régime de Kadhafi passés à la révolution. Leur professionnalisme saute aux yeux et contraste avec l'amateurisme de certaines unités de volontaires civils. « Nous commençons à manquer de munitions», prévient un soldat à turban. Un pick-up est immédiatement envoyé vers l'arrière, sous une volée de traçantes. Les combats redoublent d'intensité. A peine trois cents mètres séparent les belligérants. Au même moment, d'autres unités pro-CNT combattent à moins d'un kilomètre plus au nord, au cœur du  « quartier des Mauritaniens». « Quelle est votre position?», interroge Mismari dans son talkie-walkie. "Nous sommes dans les immeubles rouges" , s'entend-il répondre, sans plus de précision.
Pour ces hommes venus de l'est du pays, la méconnaissance du terrain est un sérieux handicap qui multiplie les risques de tirs fratricides. En pleurs et le souffle coupé, un combattant se précipite vers son commandant.  "Trois des nôtres sont coincés là devant, dans une école, ils vont se faire tuer!" , crie l'homme visiblement choqué, échappé comme par miracle du piège mortel.  « Qui leur a donné l'ordre d'avancer?», interroge froidement Mismari. Pas de réponse du soldat qui, incapable de se tenir debout, doit s'appuyer contre un muret.  « Secoue-toi! Prends une équipe pour les sortir de là. Et va chercher la (mitrailleuse) Douchka pour les couvrir». Canons de kalachnikovs pointés vers l'ennemi, le groupe s'enfonce encore un peu plus avant dans la fournaise et disparaît au premier coin de rue. 

AFP
Samedi 8 Octobre 2011

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