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Colloque en marge du Festival du cinéma africain de Khouribga




“L’égalité réelle, celles des pauvres, est un rêve qu’il faut oublier”

La deuxième journée du Festival du cinéma africain s’est caractérisée par l’organisation d’un colloque sous le thème : « Le cinéma africain et la coopération Sud-Sud», avec l’intervention de Noureddine Sail, président du CCM, le délégué général du FESPAKO, le Burkinabé, Michel Ouedraogo et le cinéaste malien, Abdoulaye Ascofaré.
Avant le commencement du colloque, une minute de silence a été observée à la mémoire du défunt, Noureddine Kachti, journaliste et critique cinématographique qui a perdu la vie, la semaine dernière, dans un tragique accident de la route.
Avant d’intervenir, Noureddine Sail a rappelé qu’il souhaitait entendre trois voix différentes sur le thème, le cinéma et la coopération Sud-Sud, mais malheureusement, le troisième intervenant, le Sénégalais Amadou Tidiane Niagane, a raté son avion. Il a précisé que les colloques au festival de Khouribga ne sont pas organisés de la même manière que dans d’autres festivals car les moyens ne le permettent pas. Toutefois, l’essentiel c’est l’échange et l’interaction entre les différents intervenants. La coopération Sud-Sud est limitée…Que pouvons-nous faire ensemble ? Réaliser un film tous les quatre ou cinq ans… Cela ne suffit pas pour faire une industrie du cinéma. L’ensemble de toutes les salles de cinéma africain n’égaliserait jamais les salles de projection en Espagne…Ensemble nous sommes trop faibles…le cadre pragmatique de notre coopération est faible. En 1983, il y a eu la première coopération avec le Sud. Aujourd’hui, on compte plus de 25 films en coopération avec le Sud. Coopérer est une nécessité, il faut tout partager avec l’Afrique. On essaye d’être à la disposition de tout le monde. L’expérience a prouvé qu’on n’a pas de choix hors la solidarité et le partage. Il faut compter sur les professionnels et non pas sur les politiciens. L’expérience Osman Sembene avec la production du film « Moaladé » est emblématique. Les techniciens de Rabat connaissent Osman et son expérience limitée et dangereuse. Sembene est unique en son genre. Le Sénégal mettra beaucoup de temps avant de nous donner un tel homme. Le danger Osman est là… n’importe qui ne peut pas avoir sa générosité transcendante. On lui demandait d’aller travailler en France ou en Allemagne, il répétait que ça ne l’intéressait pas. Il avait raison car l’égalité réelle, celles des pauvres, c’est un rêve qu’il faut vraiment oublier.
Pour Michel Ouedraogo, parler de la coopération Sud-Sud, c’est parler de tout, de la coopération Afrique-Afrique, de la diversité qu’on doit enrichir. Qu’on le veuille ou non, notre cinéma dépend des financements du Nord. Nos films sont produits en fonction des bailleurs de fonds et c’est normal qu’ils nous imposent leurs lois. Cependant, les cinéastes africains sont conscients pour lutter contre le colonialisme intellectuel, on a les idées et c’est difficile de les perdurer… Burkina Faso est considéré comme la capitale du cinéma africain. Le Maroc reste une destination privilégiée pour le financement des films africains. Beaucoup d’exemples ont réussi telle que la coopération entre le Maroc et le Burkina Faso… Osman Sembene a profité largement de la coopération Sud-Sud, ce qui lui a permis de produire tant de films.
Quant à Abdoulaye Ascofaré, il pense que sa grande préoccupation c’est quand on parle de coopérer avec le Nord. Il estime qu’on ne peut pas se passer totalement de l’aide du Nord… « Lorsque j’ai réalisé mon film « Faraw », j’ai fait appel à mon grand-frère du Nord ». Pour lui, la coopération entre le Nord et le Sud est comme un système de vases communicants entre l’Afrique et l’Occident. Le Mali a bénéficié de la coopération avec le Maroc. Entre 100 et 200 films dont les négatifs sont conservés ici au Maroc attendent la subvention… « Je suis à mon deuxième film et l’échange se fait normalement entre nos deux pays. L’important est que cette coopération continue pour le bien du cinéma africain… »
Bien que tous les intervenants aient brossé un tableau noir du cinéma africain, notre cinéma lutte pour vivre dans cette jungle où le plus fort matériellement impose sa loi et dicte ses conditions. Lutter, c’est déjà un point fort du cinéma africain. Alors, plus de coopération entre les cinémas africains pour qu’il y ait le bonheur de chacun de nous.

Chouaib Sahnoun.
Lundi 12 Juillet 2010

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