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Clôture du Festival du Petit Prince du désert : En dépit des difficultés, Tarfaya réussit son pari




Clôture du Festival du Petit Prince du désert : En dépit des difficultés, Tarfaya réussit son pari

Organisée sous le Haut patronage de Sa Majesté le Roi, la première édition du Festival du Petit Prince du désert, en partenariat entre la province de Tarfaya, le ministère de la Culture, l’Agence du Sud et avec le soutien de la Fondation Antoine de Saint-Exupéry, s’est déroulée du 23 au 25 novembre 2012, sous le thème «La technologie au service de la nature et l’homme».
Le premier Festival a permis à la petite ville de Tarfaya, longtemps oubliée, de faire la une de l’actualité nationale et internationale et de sortir de sa léthargie. Il aura permis aux habitants des communes rurales de faire connaître le potentiel dont dispose leur province, à  travers  l’exposition organisée à l’occasion. C’était aussi l’occasion pour certains acteurs associatifs et économiques d’en parler. Ainsi Libé a pu recueillir des déclarations dans ce sens.
Salek Aouissi, acteur associatif œuvrant dans l’écotourisme :
«La province de Tarfaya dispose de plusieurs atouts écologiques naturels : un littoral marin, une zone humide, un espace continental saharien qui se caractérise par de nombreuses diversités de paysages naturels favorables à une stratégie de développement pour un tourisme continental saharien propre à la province. Le second atout touristique qui est tout aussi important que le premier, c’est la proximité des Iles Canaries, sachant qu’il existe un projet de liaisons maritimes qui reliera ces Iles, notamment Ténériffe à Tarfaya. La situation géographique de Tarfaya qui se situe à  mi-chemin entre Ch’Bika où un important projet touristique est en cours de réalisation et les Iles est un autre atout non négligeable.
Tous ces atouts ajoutés au fait que Tarfaya avec la future liaison maritime avec les Canaries constituera un pont entre l’Afrique et l’Europe. Ce qui lui permettra d’attirer un nombre important de touristes, surtout que le monde s’oriente, de nos jours, vers un tourisme solidaire, au lieu d’un tourisme de masses. Un tourisme écologique encourageant les activités socioéconomiques et générateur de revenus. C’est vers ce tourisme que Tarfaya doit s’orienter et dans lequel elle réussira à travers la valorisation du patrimoine culturel local, des produits de l’artisanat, du terroir et l’organisation de rencontres sportives, culturelles et scientifiques. Ce qui aura, sans aucun doute, un impact économique tant  sur le plan régional que national».
Mohamed Salem Chafîi, directeur du marché au poisson de Tarfaya
«Comme vous le savez, la pêche maritime représente la pierre angulaire dans cette jeune province. De ce fait, le secteur emploie quelque 800 personnes de façon directe et plus de 4.000 personnes de façon indirecte. Ceci en ce qui concerne la pêche artisanale qui connaît également la participation saisonnière de quelques bateaux de pêche côtière qui contribuent à stimuler l’économie de la province.
Dans ce cadre, l’Office national des pêches a construit ce marché au poisson qui est considéré parmi les marchés importants de la région et où débarquent des bateaux qui pêchent toutes les espèces de poissons, notamment le poulpe. D’autre part, l’ONP a procédé, en collaboration avec MCC à la construction d’un marché au poisson au niveau de la commune d’Akhfennir ainsi que des entrepôts, au niveau du port de Tarfaya. Cette opération entre dans le cadre de l’amélioration des conditions de travail des acteurs  de ce secteur. Elle vise également à améliorer et valoriser le produit de façon à ce qu’il parvienne dans de bonnes conditions hygiéniques au consommateur».
Pour Brahim Ould Ali, éleveur, la province de Tarfaya est une zone agricole où l’élevage camelin représente la première activité. Il a déclaré : « La province de Tarfaya est une jeune province caractérisée par l’élevage  et la diversité des cheptels. Cet élevage  constitue la première activité économique dans la province.
Partant de là, un certain nombre  d’éleveurs se sont regroupés au sein d’une coopérative  pour la production et la commercialisation du lait de chamelles. Les pâturages où paissent nos troupeaux se trouvent dans un lieu connu sous le nom de Mreigbatt. C’est ce nom que nous avons donné à notre coopérative. Vu l’importance de la demande, nous avons ouvert une laiterie dans la ville de Tarfaya tout en maintenant les trois points de vente que nous avons installés tout au long de l’axe Tarfaya-Daooura ».
La jeune province de Tarfaya est, depuis qu’elle est passée au statut de province, en 2010, un chantier. Un fonctionnaire de la province qui a voulu garder l’anonymat nous a fait la déclaration suivante :
« Depuis sa création en 2010, la province de Tarfaya a entrepris de grands chantiers pour l’équipement de la ville et l’amélioration du niveau de vie des habitants de la province. C’est ainsi qu’elle a entrepris plusieurs projets avec la société Al Oumrane du Sud dont celui relatif à la réhabilitation et la restauration des façades des demeures en manque d’équipement, en plus d’un autre projet concernant la construction des routes et celui de l’éclairage public de la ville. La réalisation de ces projets menés à terme a coûté plus de 24 millions de dirhams. 80% des rues ont été asphaltées. La ville de Tarfaya est entrée en partenariat avec l’Agence du Sud pour la réalisation du programme de développement urbain pour un coût global de 200 millions de dirhams et qui concerne plusieurs secteurs dont les infrastructures et l’éclairage public, le domaine de la santé, un centre urbain de santé à Tarfaya. Dans le cadre de la santé, l’INDH a consacré un montant de 1,8 million de dirhams à la construction d’un complexe social pour handicapés.
Dans le domaine de l’artisanat, il y a le complexe artisanal qui abritera tous les professionnels et toutes les associations ayant intégré ce domaine. A ceci s’ajoute le grand projet de la ceinture verte qui s’étendra sur 3,1km qui sera réalisé en partenariat avec le département des eaux et forêts et qui permettra de freiner l’avancée des dunes de sable.
La province a également programmé la construction d’une grande mosquée pour un coût estimé à 6,5 millions de centimes et dont la réalisation est en cours ».
Les organisateurs de ce Festival qui a connu la participation de plusieurs artistes nationaux et étrangers de renommée, ont honoré plusieurs personnalités du monde des médias et de la résistance tels que Mohamed Ben Deddouch de la Radio nationale qui avait dirigé Radio Tarfaya, au milieu du siècle dernier, Mohamed Kada qui dirigea Radio Laayoune à l’époque de sa récupération ainsi que Wayahi Ahmed El-Haïba, actuel directeur de Radio Dakhla.
Selon ses organisateurs, le Festival de Tarfaya, malgré les difficultés rencontrées, était un succès.

AHMADOU EL-KKATAB
Mercredi 28 Novembre 2012

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