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Cinéma : Où en est-on ?




Cinéma : Où en est-on ?
On ne sait pas, à vrai dire, si le cinéma marocain avance ou si malgré toute la dynamique qui le caractérise, il fait du sur-place.
Lorsqu’on pense quantité, en effet, on ne peut qu’être satisfait, car le fait de produire une quinzaine de longs métrages et quelque 70 courts métrages par an, est révélateur d’une bonne santé apparente du secteur. Partout dans le monde, à part quelques exceptions, la production cinématographique connaît un petit recul. L’exemple de l’Egypte est édifiant à cet égard.
Mais lorsqu’on parle qualité, c’est d’une autre paire de manches qu’il s’agit. Car si l’on produit même une centaine de films et qu’il n’y en ait pas plus de quatre ou cinq qui réussissent, cela pose problème. C’est valable pour notre cinéma où la différence entre le commercial et le non commercial n’est pas claire pour ne pas dire qu’elle n’existe pas. Au Maroc nous n’avons pas, en effet, de marchés spécifiques. Il y a un seul marché où tous les genres de production sont mêlés. Et ce n’est pas la faute du marché qui accueille tout ce qui se produit, mais celle des cinéastes et des producteurs qui ne savent toujours pas quel genre de cinéma ils font. Nos cinéastes ne semblent pas discerner entre le cinéma commercial, le cinéma d’auteur, l’adaptation ou encore la différence entre un film ordinaire et un film documentaire.
D’ailleurs, on l’a constaté lors du dernier Festival national où des cinéastes, parmi ceux qui ont été primés, confondent l’historique, le documentaire et le reste. Le CCM devrait se pencher sur cette question avant d’allouer des fonds, car il s’agit de promouvoir le 7ème Art et non de satisfaire les râleurs. D’ailleurs, d’année en année, la qualité doit être perceptible, ce qui n’est  le cas et l’on ne peut certainement pas avancer que la qualité cette année est meilleure que celle de l’année dernière et des années précédentes. Aussi, certains cinéastes semblent croire que les films à polémique marchent mieux. Cela peut être vrai dans certains cas mais pas toujours. De même, on n’arrive pas à comprendre pourquoi des cinéastes, animés par un esprit de provocation,  montrent une certaine détermination à s’attaquer à des sujets sensibles qui, quoi qu’on fasse, restent choquants.
Il semble que certains oublient parfois que la différence entre la télé et le cinéma est que le premier s’invite chez soi et que le second impose le déplacement parfois en compagnie de membres de la famille. Il ne s’agit nullement là, de donner du crédit aux milieux obscurantistes qui, eux, appellent tout simplement à la censure qui est l’opposé de la création mais il serait plus amène de ménager les sensibilités ; lesquelles découlent avant toute chose de l’éducation. Il faut dire à cet égard que ce n’est pas les thèmes qui manquent. Notre Histoire est chargée d’enseignements, de personnalités et de personnages qui l’ont forgée. Notre nature est très riche en sites qui peuvent accueillir des tournages. Il n’y a donc pas que les sujets à polémique qui sont susceptibles de faire réussir un film ou les grandes villes pour accueillir un tournage.
D’autre part, ces films qu’on assiste matériellement, à coup de millions de dirhams, doivent pouvoir dépasser le strict cadre national. Le CCM  a un rôle à jouer à cet égard, en ce sens que pendant le Festival international du film de Marrakech et les festivals étrangers auxquels certains de ces membres assistent, des liens sont établis avec des distributeurs étrangers. Il faut faire en sorte que nos films soient programmés dans les salles européennes et arabes ; condition sine qua non pour parvenir à en assurer le rayonnement. Autre problème, celui des salles de cinéma. Tout le monde constate, en effet, qu’il y a en a de moins en moins. Le CCM a pris sur lui de créer des multiplex ; une idée qui, si elle aboutit, pourrait permettre un regain d’intérêt pour les salles obscures parce que le public est là ; il faut seulement avoir des salles dignes de ce nom. Enfin, le cinéma gagnerait plus si la politique des festivals est repensée. Au Maroc, il y a un surnombre de manifestations du 7ème Art. On devrait penser à les concentrer pour qu’elles ne perdent pas de leurs valeurs.

L
Samedi 6 Février 2010

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