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Choquant peut-être mais le rapport d’AI n’apporte rien de nouveau




Torture, mauvais traitement, impunité… , c’est à ce niveau que le Maroc se fait encore épingler

La liberté d’expression, d’association et de réunion continue à être bafouée au Maroc. La torture, les mauvais traitements et l’impunité y sont également encore de mise.  C’est ce qui ressort du rapport mondial 2016-2017 d’Amnesty International sur les droits de l’Homme rendu public mercredi dernier. 
D’après ce document, plusieurs journalistes et détracteurs du gouvernement ont été poursuis au seul motif d’avoir pacifiquement exercé  leur droit à la liberté d’expression. Amnesty International a indiqué que sept journalistes et militants ont été traduits devant la justice pour «atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat» et «manquement au devoir de signaler des financements étrangers» ou pour avoir pris part à un projet financé par des fonds étrangers qui visait à former des citoyens au journalisme de proximité. 
Le rapport cite également le cas du juge  Mohamed El Haini qui a été révoqué par le Conseil supérieur de la magistrature pour avoir enfreint son devoir de réserve et critiqué les projets de loi sur le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire et le statut des juges. 
Les autorités publiques ont également  été accusées d’avoir bloqué l’enregistrement officiel de plusieurs organisations de défense des droits humains, notamment des sections locales de l’Association marocaine des droits humains, de Freedom Now et de la Coordination maghrébine des organisations des droits humains. Elles sont également accusées d’avoir empêché des groupes de défense des droits humains, entre autres associations, d’organiser des manifestations publiques et des réunions et d’avoir expulsé ou refusé l’entrée sur le territoire à des journalistes, des défenseurs des droits humains et des militants étrangers.
Pour les rédacteurs dudit rapport, la liberté de réunion pacifique est encore soumise à des restrictions et à des violations comme ce fut le cas en janvier dernier lorsque la police avait dispersé par la force des manifestations pacifiques d’enseignants stagiaires à Inezgane et dans d’autres villes. Selon des témoins cités par l’Ong, les protestataires auraient été frappés à coups de matraque et de boucliers et plus de 150 d’entre eux auraient été blessés. En août, poursuit le même document, huit militants ont été condamnés, à l’issue d’un procès qu’il qualifie d’inique, à des peines allant de quatre mois à un an d’emprisonnement pour avoir participé à une manifestation pacifique à Sidi Ifni. Leurs déclarations de culpabilité ont été confirmées en appel et une peine de quatre mois d’emprisonnement a été réduite à trois mois.
La situation des prisons et des prisonniers a été également soulevée par l’Ong internationale. Son rapport indique que des détenus ont protesté contre la dureté de leurs conditions de détention, le manque d’hygiène et d’accès aux soins médicaux ainsi que la nourriture insuffisante et la surpopulation importante. En outre, le document a noté que le Maroc n’avait toujours pas mis en place le Mécanisme national de prévention prévu par le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture plus de deux ans après son adhésion à ce protocole.  Le même reproche a été adressé aux autorités marocaines concernant les recommandations émises par l’Instance équité et réconciliation. L’Ong estime que 10 ans après la publication de son rapport sur les atteintes aux droits humains commises entre 1956 et 1999, rien n’a été fait pour mettre en œuvre ses principales recommandations.
Pour Aziz Idamine, membre de l’Association Adala, ces violations mentionnées dans le rapport d’Amnesty International n’ont rien de nouveau puisqu’elles ont été déjà révélées par plusieurs  rapports établis par les Ong nationales. «Le jugement équitable, la liberté d’expression, d’association, de réunion et autres droits fondamentaux ont toujours fait partie des revendications des associations marocaines qui ont  demandé plus que ce qu’Amnesty exige en la matière», nous a-t-il indiqué. Et de poursuivre : «En fait, il n’y a pas de différence au niveau de l’analyse et du diagnostic entre Amnesty International et les Ong nationales œuvrant dans le domaine de la défense des droit de l’Homme. Elles divergent néanmoins au niveau des priorités, des approches et de la manière de traiter les événements et les violations».  
Notre source nous a expliqué  qu’Amnesty International comme d’autres Ong internationales (Human Rights Watch, Fédération internationale des droits de l'Homme…) ont leurs propres priorités en matière d’observation des droits de l’Homme à l’inverse des Ong nationales dont les priorités sont autres. «Les Ong internationales visent dans leurs rapports les pays qui sont sur la voie de la transition démocratique ou ceux où davantage de réformes en matière de défense des droits de l’Homme peuvent être amorcées», nous a-t-il précisé. Et de poursuivre : «Il est vrai que les rapports d’Amnesty sont souvent choquants ou sévères. Mais cela ne veut pas dire que cette Ong cherche à porter atteinte à l’image des pays et à leurs autorités. Elle cherche plutôt à inciter ces pays à ouvrir la voie à plus de lois en relation avec les droits de l’Homme et à des politiques publiques en relation avec cela».
Aziz Idamine estime en outre qu’il ne faut trop s’attarder à débattre de l’approche et de la méthodologie adoptée par Amnesty International pour élaborer ses rapports et à en rechercher les failles.  «Je crois qu’il faut aborder positivement ce rapport et rechercher plutôt les moyens pour combler les déficits révélés», a-t-il conclu.
 

Le Polisario mis à l’index par Amnesty

Dans son dernier rapport annuel, Amnesty International a noté, pour la énième fois, que «le Front Polisario n’a pris aucune mesure pour mettre fin à l’impunité dont bénéficiaient ceux qui étaient accusés d’avoir commis des atteintes aux droits humains durant les années 1970 et 1980 dans les camps qu’il contrôlait» et a précisé que Brahim Ghali qui, rappelle-t-on, est poursuivi en Espagne pour viol, torture et traitements inhumains, a été élu secrétaire général dudit Front en mai dernier.
Cet état de fait a poussé le directeur exécutif de la Section Maroc de cette ONG, Salah Abdellaoui, à mettre les autorités algériennes à l’index et à les accuser de couvrir les crimes commis par les séparatistes dans les camps de Tindouf.
Lors d’un point de presse qu’il a tenu mercredi à Rabat consacré à la présentation des grandes lignes du rapport annuel de l’AI sur la situation des droits de l’Homme dans le monde, il a indiqué que l’Algérie continue d’adopter cette politique malgré les appels répétés par les organisations internationales de défense des droits humains à ce que des comptes soient demandés aux responsables de la perpétration de tels crimes.

Hassan Bentaleb
Vendredi 24 Février 2017

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