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Chine: un site de microcrédit vient en aide aux paysans pauvres




Chine: un site de microcrédit vient en aide aux paysans pauvres
Productrice laitière dans le nord de la Chine, Deligeerma a besoin de 4.000 yuans (480 euros) pour acheter du fourrage pour ses vaches pendant les rudes mois d’hiver. Grâce à un site internet, elle a déjà reçu un tiers de cette somme de quatre prêteurs dans le monde.
La paysanne de 37 ans fait partie des centaines de ruraux chinois pauvres qui recourent à un réseau social inspiré de Facebook pour emprunter de l’argent à des personnes qu’elles ne connaissent pas, en Chine et à l’étranger, afin de financer leur entreprise.
L’organisation américaine “Wokai” - “Je commence” en chinois - a lancé en 2008 ce site de microfinance qui a jusqu’à présent distribué 5,5 millions de yuans (660.000 euros) au bénéfice de plus de 900 personnes dans la région de Mongolie intérieure (nord), ainsi que dans la province du Sichuan (sud-ouest).
“C’est vraiment leur donner une opportunité de sortir de la pauvreté, de se constituer des moyens de subsistance durables”, explique à l’AFP Casey Wilson, la cofondatrice de Wokai.
Pour sélectionner les dossiers des emprunteurs, Wokai travaille avec deux institutions chinoises de microcrédit, un système qui consiste à attribuer des prêts de faible montant à des entrepreneurs ou artisans qui ne peuvent accéder aux prêts bancaires classiques.
Levier pour lutter contre la pauvreté dans les pays en développement, il a été développé par le professeur d’économie bangladais Muhammad Yunus, “le banquier des pauvres”, récompensé par un prix Nobel de la paix en 2006.
Des centaines d’organisations de micro-crédit existent en Chine, mais elles sont bien insuffisantes par rapport à la demande de financement qui est énorme, notamment chez les petits exploitants ruraux.
Les agriculteurs sont souvent dans l’incapacité d’obtenir un financement bancaire parce que l’emprunt qu’ils demandent est trop faible et qu’ils n’ont pas d’actifs à offrir en garantie.
L’originalité du fonctionnement de Wokai est sa mise en relation directe entre celui qui emprunte et celui qui finance.
Le site web de Wokai affiche les profils de centaines d’emprunteurs potentiels soigneusement sélectionnés par les agents locaux de crédit. Ce sont principalement des agriculteurs qui ont besoin d’argent pour acheter du fourrage et des commerçants qui doivent réapprovisionner leurs rayons.
Les internautes du monde entier peuvent consulter ces profils et choisir ceux qu’ils souhaitent soutenir. L’argent est canalisé par des groupes locaux de microcrédit et les donateurs reçoivent des nouvelles régulières sur les emprunteurs, via le site internet.
Une fois le prêt remboursé, l’argent est redistribué à un autre emprunteur choisi par le donateur.
Dans les dix prochaines années, Wokai a l’objectif de sortir de la pauvreté 100.000 personnes, en étendant son concept à travers les régions centrales et occidentales de la Chine peuplées encore de millions de pauvres.
“Avec 200 millions de personnes qui vivent encore avec moins de 1,25 dollar par jour, il reste beaucoup à faire pour le développement et il faut inventer un modèle qui ne soit pas basé sur la charité, mais qui permette à l’argent de se multiplier”, souligne Casey Wilson.
Ce fossé béant entre riches et pauvres, qui témoigne de l’envers du décor d’une Chine deuxième puissance économique mondiale, inquiète les dirigeants qui y voient une source d’instabilité sociale.
Le micro-crédit pourrait justement aider ces millions de Chinois qui ont été largement privés des bénéfices des 30 dernières années de croissance économique rapide, estime Du Xiaoshan, un expert de la micro-finance.
“Il est nécessaire d’aider ces gens vulnérables afin de réduire les écarts de revenu, leur obtenir un emploi et améliorer leur qualité de vie”, souligne M. Du, un ancien chercheur à l’Académie chinoise des sciences sociales, un groupe de réflexion gouvernemental.
Le site qui met en relation des individus permet aux prêteurs de voir l’impact que leur générosité a sur l’emprunteur, relève Emily Davis, une responsable de Wokai.
Et le micro-crédit fonctionne bien avec les traditions chinoises. “Il y a une culture économique (chez les Chinois) de rembourser leurs dettes”, a-t-elle assuré. “S’ils contractent une dette, ils veulent s’en défaire”.

AFP
Jeudi 29 Mars 2012

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