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Chine: les forêts de Hainan détruites, leur protecteur réduit au silence




Chine: les forêts de Hainan détruites, leur protecteur réduit au silence
Au milieu des palmiers abattus, des pelleteuses modèlent un terrain de golf en bord de mer sur l'île tropicale chinoise de Hainan (sud), où les autorités ont réduit au silence un militant écologiste luttant pour protéger les forêts.
Selon Greenpeace, Hainan a perdu en une décennie le quart de sa couverture boisée au profit d'hôtels de luxe et de parcours de golf, dans le but de transformer l'île méridionale en paradis touristique.
Liu Futang, un ancien responsable de l'administration des forêts, s'est battu contre cette destruction.
Il y a quatre ans, le Quotidien du Peuple, organe du Parti communiste au pouvoir, faisait encore l'éloge de ce "gladiateur écologiste" qui avait défendu en 2004 des paysans mobilisés contre la destruction de forêts à Wanning.
Depuis, Liu a lui-même été emprisonné et condamné pour avoir publié des livres sur ce sujet, avant d'être relâché à la condition expresse qu'il ne parle pas aux médias. En dépit de cette restriction, il est devenu un symbole de la répression contre les militants écologistes en Chine. Son compte de microblogging sur Sina Weibo - l'équivalent chinois de Twitter qui revendique plus de 500 millions d'utilisateurs - a été fermé à la suite d'un message de soutien aux habitants du village de Yinggehai, qui protestaient contre une centrale électrique au charbon.
"Pour protéger l'environnement de Hainan qui est déjà pratiquement détruit... il faut botter les fesses des responsables officiels, leur faire sentir le pouvoir du peuple", avait-il écrit.
Plusieurs mois plus tard, les procureurs à Haikou, la capitale de l'île où Liu faisait soigner son diabète et sa tension artérielle trop élevée, ordonnaient son arrestation.
Le parquet l'accuse d'avoir publié illégalement à compte d'auteur des livres sur les problèmes environnementaux à Hainan et d'avoir ainsi gagné 78.000 yuans (9.640 euros) - une accusation que ses avocats rejettent comme absurde.
"Si j'avais voulu faire de l'argent, je n'aurais jamais publié ces livres", a déclaré Liu au tribunal au bord des larmes, selon un compte rendu d'audience confirmé par un avocat Zhou Ze.
Zhou, connu en Chine pour son travail sur les affaires des droits de l'Homme, a assisté au procès mais n'a pas été autorisé à représenter Liu.
Après plusieurs mois de détention, Liu, qui a notamment écrit deux ouvrages intitulés "Le rêve vert" et "Les larmes de Hainan", a finalement été condamné à une peine de trois ans de prison avec sursis en décembre et libéré, mais les autorités l'ont réduit au silence.
"Le bureau local de la sécurité publique lui a fait promettre de ne pas parler aux médias", affirme Zhou en ajoutant que cela constitue "clairement une violation de ses droits".
Ni la sécurité publique ni le tribunal n'ont répondu à des questions de l'AFP.
Le plus haut responsable politique de la province de Hainan, Luo Baoming, a déclaré l'an dernier que la protection de l'environnement "a toujours été une priorité du travail du gouvernement", selon le quotidien gouvernemental China Daily.
Mais à Yinggehai, une bourgade pauvre où les rues ne sont pas goudronnées, les habitants se souviennent des arrestations et passages à tabac de ceux qui ont protesté contre la centrale électrique en octobre dernier.
"Ils ont arrêté ceux qui se trouvaient en première ligne du mouvement de protestation", relate un commerçant qui refuse d'être cité nommément par peur de représailles.
"Nous craignons d'être arrêtés, c'est pourquoi nous ne voulons pas parler de la centrale", ajoute-t-il avant de remettre en douce à l'AFP le texte d'une chanson rap protestataire.
"Personne n'ose le rapporter, à cause de la pression du pouvoir central... et ceux qui défendent leur jolie maison sont réprimés", scande le texte à propos des médias chinois censurés et des expropriations forcées.
Les plages de sable de Hainan continuent elles à exercer un attrait irrésistible sur les promoteurs qui poursuivent le déboisement.
"Ils ont coupé la forêt il y a à peu près un an", se souvient Wang Jurong, une paysanne de Wanning. Cette femme ajoute toutefois qu'elle ne s'opposerait pas à l'abattage si elle y trouvait son compte.
"Si vous nous donnez une somme suffisamment élevée, vous pouvez faire ce que vous voulez de la terre", explique-t-elle.
Une attitude faisant écho à celle du nouveau chef de l'Etat chinois Xi Jinping, qui déclarait le mois dernier que "le développement est encore la clé pour résoudre tous nos problèmes".

AFP
Samedi 27 Avril 2013

Lu 237 fois


1.Posté par raouly le 11/05/2013 12:19
Chine et travaux
Peut-on stopper le développement local,national ou international de ce pays?
J'en doute :les mentalités chinoises étant très spécifiques,le modele du progres surtout dans une province aussi reculée est considéré comme positif.
On ne pose pas de question a la nature!!!on agit. Eugène chercheur indépendant en anthropo

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