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Chérifa Rabeh et Jean-Pierre Grosse exposent à Tanger : A la recherche des temps perdus




Les cimaises de la Galerie Lineart à Tanger   abritent  les œuvres  impressionnantes de  Chérifa Rabeh et Jean-Pierre  Grosse du 7 au 30 août  courant. Il s’agit  d’une facette  iconographique se démarque par rapport aux espaces, à la sensibilité chromatique et au savoir–faire lié à des concepts universels. Jean-Pierre  Grosse   remet le monde de l’image picturale et ses préoccupations esthétiques en cause après avoir maîtrisé la syntaxe des maîtres …  Il puise son inspiration dans les paysages et simplifie les formes jusqu’à leur quasi-disparition suivant une démarche néo-impressionniste. Dans  ses travaux, on constate que la démarche  picturale   se manifeste comme étant l’acte de  restituer la réalité oculaire, tout en conservant le mérite d’assurer le passage entre la tradition et la modernité, via une démarche plastique marquée par la dextérité et l’ingéniosité.
Les impressions mettent en relief la nature   et les compositions sont élaborées à partir des « expressions  » portant sur la vie quotidienne avec ses actes purement réalistes. C’est un nouveau langage allusif qui nous révèle la vision du monde de l’artiste et la minutie de sa technique. Grosse  est catalogué parmi les rares peintres représentatifs qui sont animés par la volonté sincère  de percevoir des paysages réalistes qui tendent à dire plus que la réalité du moment et essayent de dépasser la ressemblance vers la transcendance.
Autobiographie intime et carnet de voyages, sa peinture allusive se présente comme un sentiment du moment et l’illumination de l’âme marocaine sans laisser transparaître ni l’exotisme ni même le sentiment du lointain. A travers la narration picturale, l’artiste  intériorise ses scènes quotidiennes, en se basant sur sa  maîtrise technique, sa recherche particulière et personnelle et sa chromatologie à la manière universelle. Peintre d’une nature changeante, d’une vie saisie dans la particularité de l’instant, Chérifa Rabeh a réussi à saisir la beauté édictée dans les scènes pittoresques, en essayant de  mettre en toile ses émotions et ses impressions visuelles face à la beauté envoûtante du Maroc. L’artiste choisit  ses  sujets dans la vie contemporaine, dans un quotidien librement interprété selon sa vision personnelle. Travaillant « sur le motif », comme souvent les peintres paysagistes anglais, elle pousse très loin l’étude du plein air,  faisant de la lumière l’élément essentiel et mouvant de  sa peinture, tout en écartant les teintes sombres pour utiliser des couleurs pures que fait papilloter une touche très divisée. Cette démarche représentative pérennise la vie des personnages typiques, des scènes traditionnelles, des paysages vivants, loin de mimétisme aberrant. Chérifa s’applique à rendre le paysage naturel dans une ambiance chromatique personnalisée, tout en s’attachant à la rigueur, l’exigence et l’intégrité du sentiment. Elle tente de peindre “sur le motif” en plein air et continue à affirmer la domination  de la  couleur  par rapport au dessin, en se dotant d’une mémoire visuelle prodigieuse  qui s’est marquée au coin de la subjectivité. Elle  gagne même les faveurs de la critique qualifiant ses  œuvres poétiques préoccupées  par la perception subjective des couleurs vives et des rythmes : véritable peinture  néo-figurative  qui comporte  toujours un endroit de fuite  et met   en valeur la liberté de la forme, de la  scène et du langage harmonique. Il est à rappeler que le couple Chérifa - Grosse continue ses expositions à travers le Maroc et a été invité à présenter ses œuvres à la Galerie Lineart (31,  Bd la marche verte, Tanger). Conjoints et solidaires jusque dans leurs expositions, les artistes ont néanmoins leur vision et leur approche spécifique. Chérifa est, avant tout,  une coloriste. Ses  toiles, compositions florales ou paysages, sont à son image : flamboyantes et  chaleureuses, généreuses et célébrant l’amour et la joie de vivre. Dans ses céramiques, Chérifa fait découvrir une autre facette de son talent et c’est dans la création abstraite qu’elle puise son imagination. Grosse, quant à lui, est fasciné par les gestes simples de la vie quotidienne, les gens ordinaires ou défavorisés, une masure de paysan à l’histoire aussi riche que celle d’une kasbah ou un regard qui dit toute une vie. A toute cette vie quotidienne, la peinture ou les sculptures de  JP redonnent beauté et dignité. 

ABDELLAH CHEIKH
Vendredi 7 Août 2009

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