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«Chellah» revisité à Casablanca : Mohamed El Baz dévoile son «Atelier au cactus»




«Chellah» revisité à Casablanca  : Mohamed El Baz dévoile son «Atelier au cactus»
Aujourd'hui, l'Atelier 21 de Casablanca sera au cactus. Jusqu'au 2 mai, Mohamed El Baz expose sa dernière série d'œuvres intitulée «L'Atelier au cactus». Celle-ci est en majeure partie inspirée  de Chellah, ce magnifique site qui a donné son nom à un grand festival de jazz  organisé chaque année  à Rabat : «Jazz au Chellah». C'était le terrain d'enfance de Jilali Gharbaoui, un grand peintre marocain décédé en 1971. Pour Mohamed El Baz qui vit et travaille actuellement entre Casablanca et Lille, ce lieu, « abandonné et sabré de graffitis aujourd'hui, est l'atelier de Jilali Gharbaoui».
Sans doute, cette exposition est une invitation à un voyage étonnant dans le monde de ce site revisité par l'une des figures de proue de l'art contemporain marocain, Mohamed El Baz. « L'Atelier au cactus » est une idée très originale. Pourtant,  «la rencontre du peintre avec l'atelier au cactus tient au hasard», explique Aziz Daki, le galeriste, critique d'art et professeur universitaire des arts plastiques.  A la demande du peintre Fouad Bellamine, il part au site de Chellah pour photographier un marabout. Sur place, il découvre une bâtisse abandonnée, à l'architecture moderne. A l'intérieur, rien d'intéressant : le lieu servant depuis des années d'urinoir aux visiteurs du site historique. Mohamed El Baz est néanmoins saisi par le nombre de graffiti charbonnés sur les murs. De retour chez Bellamine, il l'entretient d'une maison délabrée et sale, curieusement dressée dans un monument historique. Il n'en fallait pas plus à Mohamed El Baz pour qu'il y retourne le lendemain et tout photographier : des graffiti, un bébé cigogne calciné qu'il découvre dans un coin, des chats, un cactus, des débris ». 
Certes, cette exposition n'est en tout cas pour les amateurs de l'art moderne qu'un prétexte supplémentaire pour  rencontrer un artiste au talent confirmé. Il suffit de s'attarder sur les œuvres de Mohamed El Baz pour se plonger dans une rêverie dont on sortira changé. Sa peinture mêle sensualité, drôlerie et douceur. On cherche à pénétrer dans cet imaginaire qui, rapidement, nous paraît si intime et magique, et on en redemande. C'est l'un des artistes qui nous rappellent que la vraie raison d'exister du tableau, passe par celui qui le regarde. Si l'émotion est au rendez-vous, elle se reflète à travers ce regard. 
Dans cette dernière collection, on retient deux œuvres qui nous renvoient directement à la bâtisse du Chellah : une table à la configuration du continent africain et un triptyque apposé sur un mur noir.  « Dans la première œuvre, l'endroit où se situe habituellement le Maroc est occupé par la maquette de la maison de Gharbaoui. Deux sabres de pirate, sous forme de néons, se croisent au ventre du continent. Ils renvoient à cet attrait que la lumière exerce sur l'artiste et qui a fait la réputation de ses pièces, dotées d'un éclat phosphorescent.   Dans la seconde par contre, l'œuvre est dense, parce qu'elle invite à des niveaux de lecture troubles. Elle  est aussi la référence la plus frontale à la maison de Gharbaoui.  La surface noire est une reproduction à l'identique du mur sabré de graffiti de l'une des trois pièces de la bâtisse. Sur ce fond grouillant de traces, l'artiste a installé son triptyque», conclut Aziz Daki.


Repères
Mohamed El Baz est né en 1967 à Ksiba. Après l'obtention en 1989 du diplôme national d'arts plastiques à l'Ecole régionale d'Art de Dunkerque, il réussit à avoir en 1992 le diplôme national supérieur d'expression plastique à l'Ecole nationale supérieure de Paris-Cergy. Il a également poursuivi des études à l'Institut des Hautes études en arts plastiques à Paris. Depuis 1993 Mohamed El Baz réalise un projet intitulé “Bricoler l'incurable”. Toutes les manifestations auxquelles il a pris part sont considérées comme des détails de ce vaste projet. Le terme détail est à appréhender selon la même acception qu'il recouvre quand on parle du détail d'une peinture. Chaque exposition est dès lors un fragment de cet ensemble, dont certaines composantes, les « détails », se retrouvent d'un lieu à l'autre et s'adaptent à chaque nouveau contexte. Pour trouver des pendants à l'entreprise de Mohamed El Baz, il faut les chercher dans la littérature, du côté des auteurs qui ont consacré leur vie à la réalisation d'une œuvre : La Comédie humaine de Balzac ou A la Recherche du temps perdu de Proust.

Ayoub Akil
Mardi 7 Avril 2009

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