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Cheikh Tidiane Gadio : Nous sommes contre l’idée même de débattre de la marocanité ou non du Sahara

Clôture des travaux du colloque international organisé par la Fondation Fikr sur le Maroc et l’Afrique.




Cheikh Tidiane Gadio : Nous sommes contre l’idée même de débattre de la marocanité ou non du Sahara
«Nous sommes contre l’idée même de débattre de la marocanité ou non du Sahara ». C’est le message  qu’a lancé, vendredi dernier, Cheikh Tidiane Gadio, homme politique sénégalais et ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal de 2000 à 2009, lors de la séance de clôture du colloque international organisé jeudi et vendredi par la Fondation Fikr pour le développement, la culture et les sciences sous le thème : « Le Maroc et l’Afrique : histoire, présent et avenir ». En dépit de son agenda, Cheikh Tidiane Gadio a tenu à assister à ce colloque important, ne serait-ce que pour trois heures (il est arrivé l’après-midi au Maroc pour y assister et l’a quitté le même jour). Il a prononcé une allocution dans laquelle il a fustigé la balkanisation de l’Afrique par le colonisateur.« Nos amis français ont décidé de découper en petits territoires le Sénégal, la Mauritanie, le Soudan, la Guinée… et ils nous ont laissé des entités difficilement viables. Et depuis lors, nos pays vivent dans la souffrance. Aucun pays légué par le système colonial en Afrique n’a réussi à résoudre ses problèmes de développement ». L’homme politique sénégalais a poursuivi son réquisitoire contre cette malédiction qui persiste jusqu’à présent. « L’Afrique est morcelée, balkanisée. Et malheureusement, cette balkanisation continue dans une forme qui s’accélère aujourd’hui. On veut séparer l’Azawad du Mali, on a déjà séparé le Sud du Soudan, et on veut séparer la Casamance du Sénégal, on veut séparer le Sahara du Maroc. Nous sommes contre l’idée même de débattre de la marocanité ou non du Sahara. Pour nous, c’est une question qui est réglée et je l’ai toujours dit sans aucune méchanceté à des amis qui ne partagent pas mon point de vue ». 
Mais cette balkanisation, selon lui, n’est pas une fatalité, car l’Afrique peut « rebondir, se réorganiser et avoir une chance dans la compétition moderne du 21ème siècle  si elle accepte de régler la question de son unité, remettre en cause les cadres étroits dans lesquels nous avons été emprisonnés. Que peuvent faire la Gambie, le Sénégal, le Maroc demain devant la Chine comme interlocutrice ou devant l’Inde ou le Brésil ? ». Il a plaidé également pour le retour du Maroc au sein de l’UA dont il était l’un des fondateurs.
Cheikh Tidiane Gadio a, par ailleurs, salué la politique du Maroc envers le continent. Laquelle politique, selon lui, vise à mettre fin à « la rupture artificielle qui a été créée en Afrique entre ce qu’on appelle l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. On nous a tracé une frontière tout à fait invisible et absolument inexistante entre le nord et le reste de l’Afrique ». Et de préciser : « SM le Roi Mohammed VI est en train d’accélérer l’histoire du Maroc dans sa relation avec le reste du continent africain. C’est peut-être le seul chef d’Etat qui fait une tournée annuelle dans le continent, qui amène le secteur privé de son pays pour dire : nous voulons travailler avec vous, échanger nos expériences de développement, nous voulons nous enrichir de ce que nous avons appris et apprendre de ce vous avez réussi chez vous. Envoyer les banques marocaines un peu partout dans le continent, pousser la compagnie aérienne marocaine à se déplacer partout dans le continent autant que faire se peut ».
Par ailleurs, il a salué l’initiative de la Fondation Fikr pour avoir organisé ce colloque international. « Honnêtement, a-t-il souligné, c’est la première fois que je vois une fondation, institut ou un think tank de réflexion du pays du Nord de l’Afrique qui commence sa première activité par une réflexion sur les relations entre le nord et le reste du continent, et particulièrement entre le Maroc et l’Afrique ». 
Pour sa part, Mohamed Derouiche, président de la Fondation Fikr, a affirmé lors de l’allocution de clôture que le Maroc « a depuis toujours privilégié l’entretien de rapports profonds avec l’Afrique et ce, sur les plans commercial, spirituel et culturel. Bien plus, le Maroc n’a jamais envisagé un quelconque destin pour lui sans que l’Afrique n’y ait une place. C’est dire que l’attachement du Maroc à l’Afrique n’est pas seulement géographique ». 
Selon M. Derouiche, la rupture coloniale n’était qu’une parenthèse, car « aujourd’hui le contexte est tout autre : le Maroc et l’Afrique sont engagés dans un nouveau projet des plus fantastiques pour le développement et la création des richesses. En témoignent les récentes visites de Sa Majesté le Roi Mohammed VI dans de nombreux pays africains et le lancement de nombreux projets, l’augmentation et la diversification des investissements qu’il y a initiés. 
En témoignent aussi l’important flux de jeunes Africains qui viennent chaque année s’installer au Maroc pour y étudier, vivre et  travailler, de même que le nombre de plus en plus grand d’entreprises et de start-up marocaines qui choisissent d’installer leurs activités en Afrique ».
Et en témoigne également la tenue de ce colloque, qui n’était pas fortuit ou « de circonstance », mais « il s’inscrit dans la grande tradition d’amitié qui unit le Maroc à l’Afrique », a-t-il conclu.
A noter que ce colloque qui a connu la participation de chercheurs et d’hommes politiques de plusieurs pays tels le Sénégal, le Bénin, le Tchad, la Guinée, la Tunisie, le Côte d’ivoire, entre autres, avait débattu de plusieurs thèmes : le Maroc dans la géographie africaine, la stabilité et les défis sécuritaires en Afrique, la diplomatie parallèle, et les défis de l’intégration.
A souligner également que le succès de ce colloque, selon Mohamed Derouiche, est dû essentiellement au comité d’organisation composé d’El Moussaoui Ajlaoui, Abderrahman Tenkoul, Zhor Lhioui, Yousef El Ouari, Yousef Agmir, Khaled Chegraoui, Rachid Belbah, Abdelaziz Derouiche, Hasan Berkia et Said Jaafar.
 
 

Mourad Tabet
Lundi 16 Juin 2014

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1.Posté par bilal le 16/06/2014 11:17
Sahra maghribia ,il n y aucun probleme la dessus ,tout le monde sait que le sahara appartient au Maroc ,meme chez les algeriens honnetes ,elleest reconnue.
Donc ,la question ne se pose pas!

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