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Cheb Mami épinglé pour plagiat

Les ennuis judiciaires du célèbre chanteur de raï se poursuivent




Ce n’est pas la première fois que la justice française donne  gain de cause à Cheb Rabah. En avril dernier, Cheb Khaled a également été reconnu coupable par le tribunal de grande instance de Paris de l’avoir plagié dans la composition de son titre à succès «Didi»


«Le raï c'est chic», «Madanite »,  Ma vie deux fois» et «Gualbi Gualbi», des  chansons qui ont fait la célébrité de Cheb Mami dans le monde entier ne seraient pas des versions originales. C'est sans doute ses plus gros tubes, mais selon le tribunal de grande instance de Paris, le chanteur a plagié, semble-t-il, la composition de ces titres au succès planétaire en s’inspirant des chansons du musicien algérien, Rabah Zerradine, dit Cheb Rabah, compositeur, auteur et interprète de raï.  
En effet, le célèbre Cheb Mami a retrouvé, vendredi dernier, le chemin des tribunaux.  Après avoir été en prison de 2009 à 2011 pour une tentative d’avortement forcé, pratiqué sur son ex-compagne, le chanteur de raï et la société d’édition EMI ont été condamnés par le tribunal de grande instance de Paris à payer 200 000 euros à Rabah Zerradine, pour avoir plagié ses textes.
Cheb Mami a été reconnu coupable par le tribunal de grande instance de Paris d'avoir notamment reproduit, au moins en partie, les paroles de plusieurs chansons écrites par l'auteur Rabah Zerradine et "porté atteinte aux droits patrimoniaux" de ce dernier. Selon l’AFP, le tribunal estime que M. Zerradine doit être considéré comme étant "le seul auteur" des quatre chansons (Le raï c'est chic, Madanite, Ma vie deux fois et Gualbi Gualbi) et le coauteur des paroles de "Désert rose", un succès international interprété par la star anglaise Sting.  Une analyse comparative des textes traduits de l'arabe en français a conclu à une "grande similarité", rapporte l’AFP. Un expert ayant relevé par exemple que "quatre des cinq" couplets de Madanite chanté par Cheb Mami sont repris du texte "Omri" de Cheb Rabah, de même pour "Anti dorri anti doua" rebaptisée "Ma vie deux fois" par Cheb Mami. "Il ne saurait être contesté que M. Zerradine a perdu une chance de gagner une notoriété importante du fait du succès des chansons qu'il avait en réalité écrites", écrit le tribunal dans son jugement qui a condamné Cheb Mami et la société EMI à lui payer solidairement 100.000 euros au titre du préjudice moral. Ils sont également condamnés à lui verser 100.000 euros en réparation des atteintes à son droit moral d'auteur. Rappelons qu’il ne s’agit pas là du seul ennui judiciaire de Cheb Mami, dont la carrière a connu un sacré coup d'arrêt après son arrestation  en octobre 2006. Après avoir fui en Algérie, il a finalement été jugé à Paris et condamné à cinq ans de prison pour tentative d'avortement sur son ex-compagne. Le bébé de cette dernière, une petite fille, a survécu et est aujourd'hui âgé de 9 ans. Libéré après 21 mois de prison en mars 2011, Cheb Mami avait fait savoir qu'il souhaitait "redevenir celui que [ses] fans avaient brutalement quitté" dans une interview accordée à VSD : "Je veux absolument tourner la page sur le passé, sur ce passé précisément, et me consacrer à mon avenir, à mes proches, à ma famille et à tous mes projets artistiques." En novembre de la même année, Cheb Mami faisait son retour à l'occasion d'un grand concert au Zénith de Paris.
Il est à noter également que ce n’est pas la première fois que la justice française donne gain de cause à Cheb Rabah. Le tribunal de grande instance de Paris avait, en effet, condamné Khaled, en avril dernier, à restituer à Cheb Rabah les droits d'auteur perçus pour la composition musicale de l'œuvre « Didi », commercialisée à partir de 1991, au titre de son exploitation dans le monde pour une période postérieure à juin 2003, en raison d'une prescription partielle. Considérant que Cheb Rabah avait perdu une chance de gagner en notoriété importante du fait du succès de la chanson en question, le tribunal a également condamné le roi du raï à payer à Cheb Rabah une somme de 100.000 euros à titre du préjudice moral, et une autre de 100.000 euros en réparation des atteintes à son droit moral d'auteur. Il a, d’autre part, ordonné à la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM) de modifier toute sa documentation concernant la chanson «Didi» pour faire désormais bénéficier Cheb Rabah d'une part des droits en tant que seul compositeur de l'œuvre.  
«C'est un succès qui reposait sur un mensonge», avait commenté Me Jean-Marie Guilloux, avocat du plaignant, après le jugement final.  «Il n'est pas contestable que la chanson Didi (...) a connu un véritable succès durant plusieurs années sur un territoire important», constate le tribunal dans son jugement, rapporté par l’AFP.  De ce fait, «s'il avait été décrit immédiatement comme étant le compositeur de la musique, Zerradine aurait perçu des redevances dont il convient à présent de le faire bénéficier», ajoute-t-il.   Selon l'experte Ruth Bensimon, le titre  «Didi» serait «largement inspiré» de la chanson «Eli Kan» diffusée au public à compter de 1988 et des chansons identiques du même auteur exploitées, elles, à compter de 1994.

Mehdi Ouassat
Mardi 14 Juillet 2015

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