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Cérémonie d’ouverture du Festival international des arts plastiques de Settat

Moments forts de consécration et de reconnaissance




Cérémonie d’ouverture du Festival international des arts plastiques de Settat
Un programme artistique pluriel et diversifié a marqué récemment l’ouverture de la 7ème édition du Festival international des arts plastiques qui se poursuivra jusqu’au 30 juillet courant à la Kasbah Ismailia de Settat. Organisée par l’Association Bassamat Chaouia-Ouardigha des arts plastiques sous le Haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohamed VI, cette nouvelle édition a été initiée dans le cadre d’un partenariat entre la wilaya de la région Chaouia-Ouardigha, le ministère de la Culture, la CDG, le Conseil municipal et le Centre régional de l’investissement. Fidèle à son esprit fondateur, la cérémonie d’ouverture du Festival a axé sa programmation sur la diversité et la qualité: allocution de Rabia Echahed, présidente du Festival, allocution de Samia Derraz au nom de la mairie de Bruxelles, allocution du président du conseil municipal, exposition collective des artistes marocains et étrangers venus de 12 pays, salons de design d’objet et de céramique,exposition d’affiches et textes dédiée à la mémoire de Chaibia, soirée musicale animée par la grande chanteuse Fatima Ezahra Lahlou et Shemes Al Assil présidée par l’artiste Abdeljalil Dakir.
Bien plus qu’une simple réunion artistique, la nouvelle édition rehaussée par la visite de la ministre de la Culture, selon les dires des participants, s’est affirmée comme un véritable stimulant culturel et économique de la ville. De même, elle a servi de tremplin à certains jeunes talents qui ont été par la suite propulsés sur la scène des grands Festivals. C’est une croisée des chemins créatifs entre les pays. Le Festival est revenu avec une même volonté d’attirer encore plus de férus. A titre de consécration et de reconnaissance, cet événement culturel a tenu cette année à rendre un vif hommage à des acteurs et intervenants qui ont œuvré à la promotion et au rayonnement des arts plastiques au Maroc, à savoir Mohammed Melihi, Mohammed Hamidi, Abderrahmane Rahoule, Rabia Aroussi. A travers cet hommage, le Festival célèbre toute la génération, de ceux qui ont fait du Maroc un pays d’art, de création et de pensée.

Mohammed Melehi : l’artiste des audaces qui nous enchantent
Né en 22 novembre 1936 à Assilah, Mohamed Melehi suit ses études à l’Ecole des Beaux-Arts de Tétouan. Il part ensuite en Espagne pour suivre une formation à l’Ecole supérieure des Beaux-Arts Santa Isabel de Hungria, Séville et à Ecole supérieure des Beaux-Arts Son Femando,Madrid. Après une formation à l’Académie des Beaux-Arts de Rome, section sculpture et à l’Ecole nationale des Beaux-Arts, section gravure, (Paris), il a assuré le poste de maître-assistant à la Minneapolis School of Art, section peinture (Minneapolis). Au Maroc, il a été professeur de peinture, de sculpture et photographie à l'Ecole des Beaux- Arts de Casablanca. Il a collaboré avec Abdellatif Laabi et Mustapha Nissaboury à la création de la revue Souffles. Fondateur et directeur de la revue artistique et littéraire Intégral et co-fondateur avec Mohamed Bannîssa et vice-président de l'association culturelle AL Moahit et du Moussem Culturel d'Assilah, Melehi a contribué à la fondation de l'Association des Amis du Musée. Président de l’Association marocaine des arts plastiques, Melehi fait partie de cette génération de la belle époque qui croit toujours en la force de l’art et de la culture.
Sur sa peinture, Tahar Ben Jelloun a écrit : « Avant la rumeur du vent, Melehi a amorcé un nouveau tournant. Il a anticipé le mouvement des signes en les impliquant dans le vif, dans la tourmente du désir. C’est un voyage rêvé dans les échos que laisse comme empreintes le désir de la femme. Les couleurs sont des échappées de cette volonté de saisir l’inaccessible ou de l’inscrire dans une durée faisant de l’œuvre une tentative de regard, une approche humble.
Melehi a des ressources nouvelles : des percées inattendues dans l’imaginaire le détachent de sa technique traditionnelle pour oser aller dans d’autres contrées, plus souples, plus oniriques et aussi érotiques.
Melehi ose se perdre. Il s’éloigne de l’ombre. Il peint les vagues autrement, de manière plus affective ; elles sont plus subtiles et même plus folles. Il désigne à peine l’érosion. Une fêlure succède à tant de tracés parfaits. Tel est le corps de la femme pris dans les phantasmes.
L’œuvre de Melehi est une superbe parabole de la durée et du désir. Depuis longtemps, sa main et son regard se remplissent d’une belle ferveur : celles des couleurs de la vie portée par des oiseaux pèlerins, par des souvenirs d’enfance qui l’habitent avec persistance et naturel.
Je me souviens d’une petite toile peinte alors qu’il était enfant ; elle était accrochée dans le salon de la maison de ses parents à Asilah. Elle représente un paysage marin, celui qu’il voyait de sa fenêtre. Au fond la mer n’est pas douce et calme mais promet des mouvements intrigants. De cette peinture date l’itinéraire du travail de Melehi qui, même passé par la mode des arts plastiques italiens des années soixante, a renoué avec ce souvenir d’enfance. Aujourd’hui, comme par cohérence, nous assistons à son retour vers les origines, vers quelques audaces qui nous enchantent. ».

Mohammed Hamidi : l’esprit des formes
Né en 1941 à Casablanca, Mohamed Hamidi suit ses études à l'Ecole supérieure des Beaux-Arts de Casablanca. Il part ensuite en France pour suivre une formation à l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts et à l'Ecole des métiers d'art de Paris. Il rentre au Maroc et rejoint le collectif composé des peintres Mohammed Melehi, Farid Belkahia, Mohamed Hafid et Mohamed Ataallah dans l'exposition manifeste de la place Jamaâ El-Fna, tenue en mars 1969. Depuis cette date-là, le peintre a participé à plusieurs expositions au Maroc et à l'étranger. Il a engagé, durant les années 70, sa peinture vers une abstraction géométrique qui se caractérise par un chromatisme fertile et lumineux. Bien engagé, Mohamed Hamidi est à l'origine d'une initiative qui vise le développement d'Azemmour par l'art. Dans le feu de l'action, il invite, en 2005, une vingtaine de peintres pour réaliser des peintures murales dans la médina de cette ville. L'artiste vit et travaille entre Casablanca, Azemmour et Grasse.
En permanence, on est invité à reconstituer ces puzzles faits de triangles flottants, de carrés jamais parfaits, de cercles approximatifs et de formes ovales pointues.
Hamidi n'hésite pas à jongler entre abstraction et figuration afin de transcender la signification des formes et des motifs. En Méditerranéen qui se respecte, il n'oublie jamais son legs culturel. Il nous le rappelle en empruntant les symboles de sa culture. Il les réactualise à sa façon et les pare de couleurs lumineuses. Son pinceau sera-t-il un projecteur mettant en lumière les zones d'ombre bien cachées au fond de son inconscient? En tout cas, l'artiste se livre sans retenue et partage ses valeurs esthétiques avec beaucoup de générosité. La fraîcheur, la franchise et le franc-parler des couleurs en disent bien des choses sur ce point. La rigueur du geste, comme disait Ahmed Fassi, critique d’art, confirme la détermination de ce peintre qui n'a jamais démordu mais qui sait, toutefois, nuancer son propos. Le rendu final de ce geste de modestie rappelle la splendeur d'être imparfait et de le reconnaître avec beauté et grâce.

Abderrahmane Rahoule :
parcelles de la féerie qu'il garde au-dedans
Céramiste aguerri, peintre illuminé et sculpteur illustre, Abderrahmane Rahoule (vit et travaille à Casablanca) a toujours été fasciné par la création au pluriel. Il a fait l’école des Beaux-Arts de Casablanca, il a intégré ensuite l’Ecole nationale supérieure des arts industriels et des métiers d’art ainsi que l’Académie Populaire des Arts de Paris avant d’effectuer un stage de céramique en Hollande et un stage de faïence en Tchekoslovaquie. Depuis 1972, professeur à l’Ecole supérieure des Beaux-Arts de Casablanca et actuellement à la tête de sa direction. Aujourd’hui, les œuvres de Rahoule sont bien recherchées par plusieurs collectionneurs et passionnés d’art.
Cet artiste chercheur, selon Abderrahmane Benhameza, poète et critique d’art, essaie de se frayer un chemin loin des sentiers battus. Son originalité se manifeste avec un exercice quotidien de la peinture néo-figurative et à travers une technique qui mêle formes et couleurs. C’est un acte pictural qui repose sur l’articulation des demeures et des êtres retenus, discrets et habillés de formes géométriques en pleines couleurs. Son souci majeur est de mettre en valeur ses origines à travers des corps et des espaces en bronze, en terre cuite et en peinture.
Les êtres peints sont ascendants en quête d’une vérité céleste et leur présence sensuelle comme disait le critique d’art Jean-Pierre Van thieghem, devient voluptueuse. Le toucher des corps et l’enlacement sont évoqués par les effets du mouvement et du geste, ce qui invite le regardant avisé à participer et à rêver. Sa peinture, donc, dévoile ses refuges et enchante ses mystères. Il essaie à sa manière de dynamiser ses œuvres via cette symbiose entre le visible figuré et l’effacé estompé.
Rahoule est un artiste qui fait de l’art architectural traditionnel marocain son champ d’inspiration de prédilection. Passionné par la peinture tellurique, ce peintre doublé de céramiste sculpteur, joue sur les formes et les couleurs en mettant en relief ses personnages ancrés dans l’architecture, mariant avec bonheur authenticité et originalité.
Chez cet artiste plasticien, les atmosphères de ses toiles interpellent et interrogent le spectateur sur l’architecture de nos villes. «L'œuvre de Rahoule mériterait plus qu'une simple contemplation. Elle est matière à méditer A-t-il besoin d'en parler, lui le grand silencieux, l'homme au verbe rare? Son œuvre s'en charge; il suffit de la contempler. L'itinéraire qu'il s 'est fixé, lent et paisible, ne manque pas de traduire, pour ne pas dire trahir, une profonde réflexion autour de questions qu'il s'était tout naturellement posées. Rahoule est un grand solitaire, comme on en trouve peu, mais un solitaire, alourdi par cette recherche incessante dans les abysses obscurs de l'origine de la création. Son outil, sa matière, il s'en est allé la chercher au milieu de ces artisans à l'âme fraîche, au geste spontané», souligne Saïd Housbane.

Rabia Aroussi : La force
tranquille
Amie de tous les artistes et femme au bras de fer , Rabia Aroussi, directrice de la Galerie Alif-Ba donne le bon exemple de la gestion rationnelle des affaires artistiques menées avec sensibilité et professionnalisme. Humble et réaliste, Rabia Aroussi est fidèle en amitié. C’est une force tranquille qui cherche la fraternité dans l’art de vivre et de partager. Elle a été parmi les acteurs qui ont contribué avec humilité au grand succès rencontré par l’exposition –événement des œuvres néo-figuratives de l’artiste peintre Houssein Tallal à la Galerie Memoarts à Casablanca dont les toiles ont été consacrées au thème des «Portraits imaginaires» et «Les artistes voyageurs de nuit».
Elle a marqué aussi par son sens d’organisation et de relations publiques l’ exposition commémorative organisée par la Galerie d’art Loft, en hommage à la célèbre peintre Chaïbia : un événement, premier en son genre au Maroc, qui a fait voir non seulement ses œuvres inédites mais également les affiches rétrospectives et les articles qui ont valorisé le talent inné et inouï de cette artiste hors du commun, qui a laissé une empreinte indélébile dans le paysage artistique national et mondial.
A titre de rappel, le nom de Rabia Aroussi demeure indissociable avec la Galerie Alif-Ba qui a été créée en 1982 par Hossein Tallal et feu Chaibia. Cette galerie-pilote a depuis de nombreuses années multiplié les activités avec une évidente volonté d’originalité, de diversification et d’ouverture au-delà des frontières, des genres, sans a priori et tabous. Son espace a exposé une pléiade de peintres nationaux (Chaibia, Belkahia, Bennani, Qotbi, Kacimi, Boutaleb…) et internationaux (Cabot, Bertholo, Osa Sherdin, Natasha Pavel, Brach, Michel Barbault…). Le cadre de la galerie tranche par son caractère baroque et Tallal qui est un expert en meubles anciens l’a décoré comme un lieu davantage privé que public, lui conservant une configuration en petites pièces plutôt qu’en un espace vaste et unique, d’où une plus grande possibilité d’exposition et de mise en valeur de nombreux formats.

ABDELLAH CHEIKH
Lundi 27 Juillet 2009

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