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Ce que Bill Clinton n’a jamais dit




Cela a duré huit ans.  Les rencontres avaient lieu dans le plus grand secret au deuxième étage de la Maison-Blanche, le soir, et se prolongeaient souvent fort tard dans la nuit.  À la fin de l'interview, Bill Clinton retirait les cassettes d'enregistrement et les cachait soigneusement au fond de son tiroir à chaussettes.  
Tout au long de ses deux mandats, le président Clinton a convié Taylor Branch - un ami de longue date, historien spécialiste des droits civiques - à venir recueillir ses opinions et ses états d'âme sur les événements du moment, de la guerre en Bosnie à ses exploits au golf en passant par la procédure d'impeachment et même la douce stagiaire Monica Lewinsky. . .  Au total, pas moins de 79 entretiens de 1993 à 2001 en forme de chronique intime du Bureau ovale.  L'objectif de Bill Clinton était de laisser une histoire orale qui fournisse aux générations suivantes une autre perspective que celle des archives officielles, un peu rébarbatives.  Mais craignant que la Justice ne saisisse les cassettes, le président Clinton a gardé le projet secret.  Jusqu'à ce jour.  
Taylor Branch publie la semaine prochaine aux États-Unis The Clinton Tapes: Wrestling History with the President, un livre de quelque 700 pages basé sur ces enregistrements.  A la clé, des anecdotes qui ne manquent pas de piquant.  Clinton raconte comment le président russe Boris Eltsine, en visite à Washington en 1995, a abusé de la dive bouteille.  Les services secrets l'ont retrouvé vêtu d'un simple caleçon sur Pennsylvania Avenue tentant vainement d'arrêter un taxi pour aller manger une pizza ! Bis repetita : la nuit suivante, Eltsine, de nouveau ivre mort, fausse compagnie à ses gardes du corps en passant par les sous-sols de Blair House, les appartements réservés aux hôtes d'honneur, avant de se faire arrêter par un garde qui l'avait pris pour un cambrioleur. . .  
Clinton rapporte aussi une conversation électrique qu'il a eue avec Al Gore juste après sa défaite aux élections de 2000.  Clinton lui reproche de l'avoir tenu à l'écart de la campagne alors qu'il aurait pu l'envoyer mobiliser les électeurs dans des États comme l'Arkansas, où il était populaire, ce qui aurait peut-être permis aux démocrates de remporter la Maison-Blanche.  Furieux, Al Gore lui rétorque qu'au contraire ce sont les frasques de Clinton qui lui ont coûté l'élection et la conversation dégénère en une prise de bec magistrale.  

Lepoint. fr
Jeudi 24 Septembre 2009

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