Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Casablanca étouffée par la pollution à l’aube de la COP22

Au moment où l’on ne parle que de Smart city et de changement climatique, la capitale économique se fait épingler par l’OMS




Comme toutes les métropoles du monde,  Casablanca souffre de pollution qui  l’étouffe par moments quand elle atteint son pic. Mais contrairement à beaucoup d’autres villes, Casa ne l’affiche pas.
Plusieurs grandes villes dans le monde procèdent à l’affichage des seuils de pollution localement dans les rues ou sur des sites web, permettant ainsi aux gens d’éviter un jogging au parc ou même de prendre leurs voitures en privilégiant les transports en commun. A Paris par exemple, on applique le système des numéros d’immatriculation pairs ou impairs qui circulent à tour de rôle quand la situation l’exige. Se trouvant dans un pays qui abritera la COP22 en novembre 2016, Casablanca ne fait encore rien à ce sujet. Avec d’autres villes du Royaume, elle fait partie pour la première fois d’une étude réalisée par l’Organisation mondiale de la santé portant sur 3000 villes dans 103 pays. Elle a  été jugée mieux lotie par rapport à d’autres villes concernées par cette étude. Cependant, elle reste la cité la plus polluée du Maroc avec un taux de particules fines dans l’air trois fois plus supérieur au seuil maximal fixé par l’OMS.
La capitale économique est un pôle très attractif pour les investissements. Un investisseur implante une usine à Casablanca et 1000 personnes entre cadres et ouvriers viennent y travailler. Des familles se constituent et s’agrandissent, des résidences et des immeubles poussent comme des champignons, tout le monde bouge et  la circulation n’en devient que plus infernale. Mais comment a-t-elle fait pour en arriver là?
Dressons un triptyque de Casa. Sur la première partie, on verra la ville des années 50 avec ses bâtiments de style Art-déco, sa  verdure encore abondante, et le peu de voitures qui appartenaient essentiellement aux Français. La deuxième partie présente l’état de Casablanca postindépendance dont l’évolution fait encore peur à ses habitants et qui sera mise sur les rails à travers bon nombre de projets structurels mais inscrits dans une vision de moyen terme au moment où l’Europe édifiait des villes en en prévoyant l’évolution à long terme.  Et la troisième partie sera brossée aux couleurs du modernisme d’une ville locomotive du pays, une plaque tournante pour l’économie notamment grâce à son port. Son effervescence, sa tolérance et sa volonté d’ouverture feront d’elle le théâtre des émeutes de 1981 et de la remise au goût du jour de concepts où la vision sécuritaire tenait le haut du pavé. Casablanca prendra son élan  et passera à la vitesse supérieure mais pour être efficace, le progrès doit être structuré et c’est justement ce qui manquait – et manque encore - à la métropole.
Le progrès suit son bonhomme de chemin mais accompagné d’une certaine anarchie pour donner naissance à une nouvelle cité. Un géant industriel où la plupart des plages ne sont pas viables à cause de la pollution tant liquide que solide et où l’on sacrifiera des espaces verts au profit des usines faisant de la ville un géant presque sans poumons.  
En premier lieu, on pointe du doigt les usines et manufactures. Effectivement elles sont coupables mais sont-elles vraiment les premiers pollueurs ? Qu’en est-il des moyens de transport ? Les bus qui n’ont pas d’âge et qui roulent encore, les camions et les voitures qui obtiennent  l’aval après une visite technique alors qu’ils ne sont pas conformes ou encore parce qu’ils sont vétustes pour continuer à rouler surtout les taxis blancs dont certains ont plus de 30 ans d’âge et qui roulent encore défiant trains et tramway. On peut dire que l’on est encore loin de la Smart city dont certains rêvent.
Selon le rapport de l’OMS, plus de 80% des gens vivant dans des zones urbaines où la pollution atmosphérique est contrôlée, sont exposés à des niveaux de qualité de l’air ne respectant pas les normes fixées par l’OMS. Cette pollution atmosphérique est considérée comme l’une des causes majeures  provoquant des maladies respiratoires, cutanées et cardiovasculaires et dont les premières victimes sont les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées ou celles ayant des problèmes du système immunitaire.
Et toujours selon l’OMS, le taux de pollution a augmenté de 8% ces cinq dernières années. Un tel constat  devrait pousser les autorités concernées  à mettre en œuvre des mesures nécessaires pour éviter le pire telles que l’organisation de campagnes de sensibilisation pour une utilisation rationnelle de l’énergie, la surveillance de la qualité de l’air et la remise en fonction du réseau des stations qui s’en occupent ainsi que le renouvellement de l’arsenal juridique qui réglemente le domaine. Sans oublier la préservation des espaces verts et leur extension et bien sûr engager davantage d’investissements dans les transports urbains et les énergies propres et renouvelables.

Par Aïcha Erraji (Stagiaire)
Jeudi 19 Mai 2016

Lu 3990 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs