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Casablanca a mal à son Conseil




Pugilat à l’entrée de la salle de réunions

Mohamed Sajid, maire de la ville de Casablanca, ne sait plus à quel saint se vouer. Sa nouvelle tentative de faire adopter son compte administratif s’est soldée par un cuisant échec. La session convoquée le 22 juillet a été annulée par manque de quorum. Seuls 14 élus sur 144 ont répondu à son appel et seulement huit d’entre eux ont accepté de signer la feuille de présence.
Tenue en l’absence des journalistes et des habitants de la ville, la séance n’a duré que quelques minutes. Sajid a été contraint de la lever immédiatement.
« Personne ne sait à quoi joue le maire de la ville. Le timing de la convocation de cette séance n’est pas innocent car il sait bien que c’est la période des congés », s’interroge un édile de la capitale économique. Un soupçon partagé par Mostapha Rahin, un élu indépendant, qui s’est vu interdire l’accès au siège de la wilaya de Casablanca, avant d’être violenté par des éléments des Forces auxiliaires. « Sajid est en train de nous préparer quelque chose. Le fait de m’interdire l’accès à la salle de réunions suscite de sérieux doutes et le fait que je me sois fait tabasser alors que je représente les habitants de la ville est un acte grave et un signe fort de la part de Sajid», nous-a-t-il déclaré.     
Pour certains, cet acte est prémédité.  Il trouve sa logique dans la prochaine séance prévue le 28 juillet prochain. « Le président du Conseil parie sur les dispositions de l’article 60 de la Charte communale. Car si cet article exige  plus de la moitié des membres en exercice pour répondre à une première convocation et le tiers des membres en exercice, pour la deuxième. Pour la troisième, il permet au conseil de délibérer quel que soit le nombre des membres présents », nous a précisé un élu.
Une thèse largement contestée par d’autres édiles qui estiment que dans le cas actuel du Conseil de la ville, l’article 60 ne peut pas être appliqué du fait de l’illégalité de la séance elle-même, puisqu’elle découle d’une séance qui a été convoquée hors du délai légal prévu par la loi n° 78-00 portant Charte communale.
Pourtant, quel que soit l’argument des uns et des autres, les sceptiques sont catégoriques : il ne faut rien attendre d’exceptionnel de la prochaine séance. La crise semble s’installer pour de bon.
 « Il ne s’agit plus d’une crise de gestion, c’est une crise de « politique » tout simplement. Il s’agit des politiciens qui ne sont pas à la hauteur des enjeux puisque chacun d’entre eux cherche d’abord à défendre son propre intérêt sans souci de l’intérêt général »,  s’est désolé un élu avant d’ajouter : « Sajid et sa majorité indécise et divisée peuvent continuer, comme ils le font depuis plusieurs mois, à coller des rustines sur un pneu trop usé. Si cela a permis de solutionner provisoirement le problème, il n’est pas sûr qu’il tiendra longtemps ».
Pour lui, la tragédie a trop duré. Elle est devenu affligeante voire répugnante.  Il faut en sortir. Il faut changer de pneu.
Comment ? « C’est au ministère de l’Intérieur d’intervenir. Il est le seul aujourd’hui susceptible de se placer au-dessus des intérêts particuliers en cause dans cette crise et de prendre le parti de l’intérêt général », a-t-il conclu.

Hassan Bentaleb
Dimanche 24 Juillet 2011

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