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Cahiers des charges : Pressions et chantage




La levée de boucliers suscitée par les cahiers des charges de l’audiovisuel public imposés par le ministre de la Communication, allant encore plus loin en  s’improvisant à l’occasion programmateur, n’a pas l’heur de plaire au ministre lui-même et aux militants de son parti qui se sont mobilisés pour crier au «complot».
Tous les supports à leur disposition ont été réquisitionnés pour démontrer le bien-fondé (sic) de la réforme initiée par le ministre de la Communication. Le journal «Attajdid», organe du PJD, s’est transformé en dazibao, ces fameuses affiches de propagande des Gardes Rouges lors de la Révolution culturelle.  Le quotidien a dû multiplier son tirage pour l’occasion et procéder à une distribution gratuite pour soutenir le projet de son ancien rédacteur en chef qui a réussi à faire l’unanimité contre lui.   Les réseaux sociaux ont été également mis à contribution pour s’en prendre à tous ceux qui ont critiqué l’initiative du ministre de la Communication. Certaines attaques ont été très virulentes à l’encontre des responsables de l’audiovisuel, des professionnels et des intéressés qui ont exprimé leur avis contraire sur la démarche du ministre, intervenue presqu’unilatéralement, et qui n’a même pas été soumise à débat au Conseil de gouvernement pour bénéficier éventuellement de l’aval de toutes les composantes du Cabinet regroupant plusieurs tendances politiques. Dans le même élan, un parlementaire parmi les dirigeants en vue du PJD a menacé de recourir à la rue pour combattre, par ce qu’il entend, les poches de résistance contre la réforme voulue par l’un des leurs. Pourquoi toute cette agitation, ce branle-bas dans les rangs des amis du ministre de la Communication? Faut-il le défendre bec et ongles même si son projet ne fait pas l’unanimité d’autant qu’on lui reproche son caractère idéologique et interventionniste? Est-ce que chaque fois qu’un ministre pidiste présente une réforme qui ne bénéficie pas de consentement on doit brandir la menace de la pression et du recours à la rue pour la faire passer?
Certains militants du PJD n’ont pas encore compris que leur parti est passé du rôle de parti d’opposition à celui assumant actuellement des responsabilités gouvernementales, et donc ils devraient assimiler la culture gouvernementale qui leur impose pondération et responsabilité, et parfois pragmatisme.
Ils doivent comprendre que l’on ne gouverne pas en usant de pression, voire de chantage!
La démocratie, le credo dont se fait valoir également le PJD, exige que ce parti comme ses militants, que ce soit au gouvernement ou dans les assemblées élues, doivent accepter d’être à l’écoute des autres, et le cas échéant admettre qu’ils peuvent se tromper.
C’est ce qu’on appelle l’art de gouverner.

Youssef BENZAHRA
Mardi 24 Avril 2012

Lu 422 fois


1.Posté par ouchen assou le 25/04/2012 01:21
cher youssef

votre article est édifiant et c'est bien normal, vous l'un des enfants de la boite et vous connaissez mieux que quiconque sa sensibilité et ses aspirations,tout comme Mr Zaidi qui a l'obligation morale d'être notre avocat à l'intérieur de l'enceinte parlementaire

j'estime que les médias viennent de faire le premier pas vers leur indépendance vis à vis du pouvoir politique incarné par le gouvernement et ce à travers la décision de maintenir Salim Cheikh dans son poste de DG de 2M par l'instance légitime qui est le Conseil d'Administration de lasociété en application de la loi relative aux sociétés anonymes, en exprimant ainsi la volonté de l'Etat actionnaire.

A noter pour ample précision que le ministère de la communication n'est qu'un administrateur (parmi d'autres ) au sein de ce Conseil.

Le reste à faire maintenant est de solliciter l'aval de Sa Majesté le Roi pour inciter le parlement à clarifier la situation du service public audiovisuel national par des disposirions légales que le Gouvernement doit respecter afin d'eviter des débordements comme celui qu'on vientde vivre ces derniers jours .

Débordement d'ailleurs bénéfique pour le Gouvernement qui a su détourner l'attention des citoyens en braquant ses feux d'artifice sur un faux problèmes '( érigé à tort en réforme inidite ) laissant dans l'opacité totale ses engagements socio-économiques auxquels ont cru 20% des marocains ayant voté , animés par le désir de sanctionner les partis formant le gouvernement sortant, en donnant la possibilité au PJD d'accéder au pouvoir exécutif fraichement rénové par la nouvelle constitution

Constitution que certains de ses militants ne semblent pas en maîtriser l'esprit puisqu'ils appellent implicitement aux emeutes et à l'instabilité alors qu'ils le devoir légal de veiller au maintien de l'ordre et à la sécurité et la quiétude de tous les marocains et les etrangers résidant parmi nous.

A mon avis , les cahiers des charges doivent émaner des Assemblées générales des sociétés nationales et non du ministère de la communication qui pense, à tort , être tuteur desdites sociétés alors qu'il n'est par la force de la constitution que suoerviseur de l'action deces sociétés.

La mission de service public doit êtrepayble pour le gouvernement et les institutions qui en bénéficient tout comme le citoyen qui le fait mensuellement par le biais de la taxe;

Les apport de l'ETAT ne doivent plus transiter par la morasse budgétaire du ministère de la communication qui n'aura plus aucun droit de regard sur la gestion des société mais par celle du Ministère des Finances, et doivent être exonérés de tout impôt et taxes.

il serait utile également de penser à ouvrir le capital des sociétés aux differents organismes publics :Régions,collectivités locales etablissements publics dont le capital est détenu en totalité par l'Etat dans l'objectif essentiel de maintenir le service public audiovisuel en equilibre budgétaire et en le dotant de moyens financiers necessaires pour son développement en terme de qualité de programmes,en terme d'evolution technologique et en terme d'arrosage international.

ces mesure doivent faire l'objet d'une loi organique qui ouvrira la voie à la réforme de la HACA, car son approche récente dénote d'une certaine dépendence vis à vis du gouvernement alors qu'elle est en obligation d'avoir avec lui des rapports distants et d'égal à égal en considération du rang que lui confère la constitution.

Il faut également de mettre à jour la loi 77-03 relative à la communication audiovisuelle qui est en passe de devenir obsolète et pleine de contradictions.

C'est là les ingrédients necessaires pour une véritable réforme de la communication audiovisuelle à laquelle on aspire.

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