Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Cacophonie gouvernementale à propos des statistiques du HCP

En s’attaquant à Ahmed Lahlimi, l’Exécutif cherche à maquiller son propre échec




Cacophonie gouvernementale à propos des statistiques du HCP
 
«Il n’est pas question de remettre en cause l’indépendance du Haut-commissariat au plan (HCP), qui est une constante depuis la création de cette institution par S.M le Roi Mohammed VI. Quel que soit le gouvernement en place, notre indépendance doit être respectée», c’est ce qu’a tenu à préciser le Haut-commissaire au plan, Ahmed Lahlimi Alami.
 «En tant que responsable, je suis tenu de veiller sur l’autonomie de mon institution, je vais rester sur cette position parce que c’est sur cette base que Sa Majesté le Roi m’a confié cette responsabilité» a-t-il souligné lors d’une journée portes ouvertes organisée jeudi à Rabat par son institution.
Il a, dans ce sens, rappelé que «le discours du Souverain à l’occasion de la Journée mondiale de la statistique insiste sur cette indépendance «pour offrir une image et des éléments objectifs sur la conjoncture et la stratégie sujet de ses travaux ».
Lahlimi a également rappelé que «les instructions Royales contenues  dans ledit discours exigent la publication de ces données et leurs explications aux citoyens pour les éclairer à propos des politiques publiques».
«Le jour où Sa Majesté a décidé d’offrir la qualité de ministre au Haut commissaire, c’était pour immuniser  l’institution de toute influence politique ou financière» a-t-il soutenu en insistant sur le fait qu’il s’agit là de «l’un des critères d’indépendance des instituts de conjoncture, mais aussi l’un des critères de la bonne gouvernance, contenue dans la charte des Nations unis et de l’Union africaine».
Faisant allusion aux accusations graves du ministre des Affaires générales et de la Gouvernance «à titre personnel», le Haut-commissaire au plan a mis en lumière les véritables raisons qui ont sous-tendu le  déclenchement de cette polémique. «Il faut prendre en considération que le HCP entamera cette année la lourde et complexe opération de recensement général de la population et de l’habitat, ainsi que les enquêtes sur la consommation des ménages et  sur le secteur informel».  Ce sont les résultats prochains de ces dernières enquêtes qui font peur à ce ministre qui, dans une stratégie d’anticipation, essaie d’en remettre en cause la crédibilité, nous a expliqué un cadre du HCP sous couvert d’anonymat.
«Il est de notre devoir de mener des enquêtes sur des décisions gouvernementales qui concernent tout le monde et sur leur impact sur le pouvoir d’achat des Marocains», a insisté le Haut-commissaire. Et d’ajouter que «lorsque le gouvernement prend une décision, nous avons l’obligation d’en évaluer l’impact sur la vie courante des citoyens, sur leur pouvoir d’achat et sur la situation économique et sociale en général», a-t-il expliqué.
Interrogé sur la position du gouvernement à propos des prévisions de croissance pour 2014, Lahlimi a indiqué que «la déclaration du  chef du gouvernement devant le Parlement les considère comme saines, fructueuses et de  nature à éclairer les politiques publiques».
Rappelons que Benkirane avait indiqué mardi dernier devant la Chambre des représentants qu’«il est important de présenter des prévisions sur l’économie du pays, même si leurs résultats sont accablants», notant cependant que «le gouvernement invite à la publication de ces chiffres, à condition qu’ils soient corrects et bien intentionnés»...
Des propos auxquels le Haut-commissaire a répondu indirectement en considérant que la prévision n’est jamais précise et que la moyenne d’écart d’exactitude des prévisions du HCP sur les cinq dernières années a été de 0,5%, soit un taux identique à celui des prévisions de l’Institut national des statistiques français (INSEE).
Et en tant que patron du HCP, Lahlimi fait parler les chiffres mais il n’a ni le temps ni le cœur à polémiquer. Et encore moins quand c’est de polémiques stériles qu’il s’agit.
Ce genre de palabres inutiles, il faut les laisser à Benkirane et à ses ministres trop zélés qui ne recourent aux données du Haut-commissariat que lorsqu’elles vont  dans le sens de leurs intérêts.
Si Lahbib Choubani les a considérés comme valides et les a utilisées pour régler ses comptes avec les ONG, Mustafa El Khalfi a choisi de les dénigrer en déclarant officiellement à la sortie du Conseil de gouvernement tenu ce jeudi qu’elles manquaient de précision.
Un seul gouvernement dont trois membres parlent donc de trois manières différentes des statistiques du HCP. Une cacophonie jamais vue dans l’histoire du Maroc. Mais comme il y a une première fois en tout, celle-là est à mettre au passif du PJD. 

Mohammed Taleb
Samedi 1 Février 2014

Lu 1109 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs