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«Bye Bye Gillo» donnée en représentation en Tunisie


Une pièce de l’écrivain marocain Taha Adnan



«Bye Bye Gillo» donnée en représentation en Tunisie
En prélude à une tournée internationale qui durera toute l’année 2013, la pièce de théâtre «Bye Bye Gillo» de l’écrivain marocain Taha Adnan, a été donnée en représentation ce week-end en Tunisie et interprétée par la troupe palestinienne Harah Theatr. Ce qui surprend, c’est que cette compagnie de Beit Jala présente un topique qui sort du quotidien palestinien. Une véritable expérience, un défi de taille… une expérience inédite. Les comédiens sont sortis indemnes, plutôt triomphants. Eux qui passent des heures et des heures pour aller d’un village  à l’autre qui pourtant ne sont loin que d’une quinzaine de kilomètres, ont réussi à interpréter des souffrances. Vues de l’intérieur, les souffrances sont les mêmes. Le Palestinien est à même de comprendre ce dont souffre le jeune immigré marocain clandestin «Gillo» avec les autorités de l’immigration en Belgique…
La pièce revisite les conditions de vie des jeunes Nord-Africains dans un pays européen. Jilali, alias Gillo, est menacé d’expulsion de Belgique vers le Maroc, son pays natal. Lui qui avait été épaté par l’eldorado européen n’a plus de repère. Il n’a plus d’équilibre psychologique. Il n’a plus d’identité. Une étrangeté de l’être dans son sens le plus profond. «Je suis venu m’excuser auprès de vous de ce qu’ont fait mes ancêtres, ce n’est qu’un malentendu historique, je consens votre colonisation… intégrez-moi à votre façon, je veux bien, changez mon nom s’il ne vous plaît pas … Je peux être Gilbert, Jacques, Jean à la place de Jilali, pas de problème »… dixit Gillo qui entre dans un pénible monologue à bord d’un avion qui doit le rapatrier chez lui.
Il fait appel à sa mémoire d’enfant, aux scènes dramatiques et aux événements d’une gravité extrême. Un sans-papiers, un petit cambrioleur, un asservi masqué par son oncle, un amoureux déçu…, autant d’épreuves, il n’en sort enfin que plus lucide et plus libre. On est poussé à rigoler, à pleurer… le tout est dans un cadre dramatique infaillible. Car il s’agit avant tout d’un acte cathartique, salutaire. Gillo n’évoque en effet ses démons que pour s’en affranchir.
La pièce “Bye Bye Gillo” a été sélectionnée par le projet de dramaturgie arabe contemporaine, financée par l’Union européenne, pour être mise en scène dans le cadre de Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la Culture. Elle a d’ailleurs remporté en 2011 le deuxième prix au Concours international du monodrame arabe des Emirats.
Résidant en Belgique, Taha Adnan reste l’un des représentants de cette culture passerelle. Passionné de la culture marocaine populaire et savante, Adnan qui est un médiateur culturel incontournable en Belgique, a su, manifestement, marier ses acquis littéraires de sa première jeunesse, avec son ouverture sur la pensée en Occident.

Mustapha Elouizi
Jeudi 28 Février 2013

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