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Bruno Dumont: La culture ne joue pas pleinement son rôle de catharsis




Bruno Dumont: La culture ne joue pas pleinement son rôle de catharsis
La culture ne joue pas pleinement son rôle de catharsis, d'où la dangerosité des personnes moins cultivées qui trouvent refuge dans la rue et l’extrémisme, a relevé le réalisateur et scénariste français Bruno Dumont, membre du jury de la 16-ème édition du Festival international du film de Marrakech.
La terreur et les scènes de brutalité au cinéma sont de nature à empêcher la violence dans la rue en participant à la libération de l’être et à la purification de l’âme, a-t-il estimé dans un entretien à la MAP, notant que les politiques ne comprennent pas ce paradoxe.
"Nous avons besoin de la culture pour devenir humain", a-t-il dit, ajoutant que chacun recèle en son intérieur "une capacité mythologique de cannibalisme".
Le cinéaste français a mis aussi l’accent sur la question de l’approche locale dans la création cinématographique et l’action culturelle de manière générale.
"Plus les créateurs se penchent sur la question locale, plus ils s’approchent de l’international", a-t-il soutenu.
Pour Bruno Dumont, les cinéastes marocains sont les mieux placés pour réaliser des films sur le Maroc vu leur connaissance de la réalité locale et leur capacité d’ouverture sur l’autre, et ce contrairement aux cinéastes étrangers qui demeurent sous l’emprise du regard touristique et folklorique.
Il a souligné que rien ne l’empêche de tourner à l’avenir un de ses films au Maroc, rappelant le tournage au sud de la Tunisie de certaines séquences de son film "Flandres" qui a remporté le Grand Prix Cannes 2006.
Evoquant son célèbre film "Camille Claudel 1915", réalisé en 2013, il a relevé que les films qui combinent à la fois la comédie et la tragédie impulsent une nouvelle dynamique et donnent un équilibre à l’être humain, saluant en particulier l’interprétation magistrale de Juliette Binoche.
Il a indiqué avoir choisi l’actrice française pour jouer le rôle principal de l’oeuvre dès leur première rencontre, vu son attirance exceptionnelle et sa capacité d’aller le plus loin dans l’irone.
Sur le choix de 1915 au lieu de 1913, date où a été interné le célèbre sculpteur, écrivain et diplomate "Camille Claudel", Bruno Dumont a expliqué que le but n’était pas de filmer toute la souffrance du défunt sculpteur mais plutôt mettre la lumière sur la plus difficile étape de sa vie.
Le film "Camille Claudel 1915", qui revient sur les derniers jours de ce grand sculpteur, a été projeté mercredi dans le Palais des congrès de Marrakech.
Bruno Dumont est une figure de franc-tireur, qui a su imposer sans détour sa vision radicale du cinéma. Son œuvre, unique, singulière, à rebours de la production française contemporaine, est régulièrement saluée dans le monde entier.
Parmi les meilleurs films du réalisateur Bruno Dumont figurent "Paris" (1993), "Marie et Freddy" (1994) et "La Vie de Jésus" qui a reçu une Mention spéciale Caméra d’or Cannes 1997 et le Prix Jean-Vigo 1997, "L’Humanité" Grand Prix Cannes 1999.

Samedi 10 Décembre 2016

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