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Brahim Benjelloun Touimi, administrateur directeur général exécutif de BMCE Bank of Africa

L’avenir est africain, mais le continent a besoin de capitaux




La bancarisation doit signifier aussi bien la création d’agences physiques qu’une bancarisation virtuelle

Le Groupe BMCE Bank of Africa continue de nourrir son plan d’une vision de Banque universelle, innovante,
 multi-africaine, synergétique, et de banque socialement responsable et humaine, a assuré son administrateur directeur général exécutif, Brahim
Benjelloun Touimi, lors de la présentation des résultats du groupe au 1er semestre 2016.
Interview.



Libé : Le groupe BMCE Bank Of Africa a dégagé des résultats intéressants en Afrique en dépit d’une conjoncture économique difficile, marquée par la baisse persistante des cours des matières premières...
Brahim Benjelloun Touimi : C’est un contexte contrasté entre des pays qui en ont pâti, parce que l’essentiel de la création des richesses procède de l’exportation des matières premières qui ont pâti de la baisse de leurs cours. Par exemple, parmi ceux-là, le Nigeria, l’Angola et au Nord de l’Afrique, l’Algérie et peut-être l’Egypte aussi. Encore que nous retrouvons, à la faveur de la croissance, une remontée subreptice des prix de matières premières et du pétrole.
Mais vous avez aussi des pays qui ont été résilients en Afrique de l’Ouest, c’est le cas de la Côte d’ivoire qui connaît l’un des plus forts taux enregistrés dans le monde. Le Mali et le Sénégal ne sont pas mal lotis, non plus.
Le Maroc est un  pays qu’il va falloir appréhender au-delà des péripéties de cette année 2016. Mais il est probable que l’on retrouve un chantier de croissance plus élevé parce que fondamentalement il est sur la bonne voie.
Donc, cette Afrique est plurielle économiquement mais foncièrement l’avenir est africain. Parce que la population africaine est jeune et c’est fondamental pour précisément  porter une croissance. L’Afrique est et continue d’être pleine de richesses et de matières premières, même parmi les éléments  renouvelables comme les énergies. L’Afrique est un continent qui s’urbanise de plus en plus. Donc ses besoins augmentent considérablement en matière d’équipements et de consommation qui répondent aux standards de la vie d’aujourd’hui, puisqu’on ne peut pas dire occidentaux et ils doivent être  satisfaits.
L’Afrique a besoin effectivement d’infrastructures et, donc, de capitaux qui viennent à peu près de partout.
Donc nous sommes foncièrement optimistes par rapport à l’avenir de l’Afrique. Il n’y a qu’à écouter et lire ce que disent les plus grands think tank, les plus grands cabinets internationaux qui ont leurs réseaux à travers l’Afrique, et qui sont du côté aussi bien des pouvoirs publics que des entreprises, pour comprendre que tout ce que nous affirmons est étayé.

Le taux de bancarisation demeure bas en Afrique. Comment votre institution s’organise-t-elle pour l’améliorer et soutenir les économies africaines ?
Il faut imaginer que la bancarisation doit signifier aussi bien la création d’agences physiques qu’une bancarisation virtuelle par le développement des outils mobiles et de l’Internet. Mais, en tout cas, l’outil mobile est encore plus puissant que tout autre canal digital. Par conséquent, ce travail consistant à aller chercher à offrir des services financiers, d’une part à des populations qui dans d’autres circonstances n’auraient pas pu y accéder, l’effort aussi d’aller collecter leur épargne et le fait d’élargir leurs horizons et leur donner parfois des outils de gestion de leurs petites entreprises, c’est de la  richesse intellectuelle nette qui se traduit par une richesse matérielle.
Donc, cette bancarisation est là et le groupe BMCE Bank par la volonté de son président et de ses actionnaires est déterminé, certes à un rythme qui doit tenir compte des moyens, des fonds propres, de l’implémentation progressive des normes rigoureuses de Bâle, mais il prendra le rythme qu’il faudra pour continuer de s’élargir  géographiquement.

Certains pays africains évoluent dans un contexte quelquefois trouble. Comment votre banque gère-t-elle le volet risque ?
Les risques sont souvent d’abord souverains. C’est-à-dire que les banques  souscrivent à des obligations d’Etat et, donc, elles croient en les pays où elles sont implantées.
Les risques peuvent être concentrés, il est vrai, sur un certain nombre d’entreprises, souvent des multinationales, des entreprises d’Etat. Mais ces risques doivent être diversifiés en allant vers le particulier. Et ça, c’est un axe de développement fondamental du groupe Bank Of Africa et au-delà de BMCE Bank of Africa. Et puis, il y a un risque fondamental qu’il faut surveiller, c’est le risque opérationnel : le risque de l’exécution frauduleuse ou involontaire des opérations avec souvent des  risques à répétition à la clé. Tout cela est surveillé et mis en œuvre grâce à une politique cohérente de gestion de risques qui est pilotée, et c’est normal, par l’actionnaire majoritaire qu’est BMCE Bank qui essaie d’avoir une homogénéité d’outils et de doctrine. Même s’il faut être en même temps « Think global, act local » et avoir une réflexion stratégique en amont, mais, en même temps, être collé à la réalité,  c’est tout cela qui permet de travailler et de gagner de l’argent en Afrique subsaharienne.

Les ressources humaines sont précieuses pour les économies des pays où vous êtes implantés. Que propose votre banque pour la région ?
Il y a 5.500 personnes à Bank of Africa. Nous sommes une banque qui recrute parce que les besoins sont là et dans tous les métiers. C’est une chance pour la jeunesse africaine qu’il puisse exister des groupes bancaires qui nourrissent la volonté d’être une banque universelle et de ne pas être juste des banques qui viennent prendre une mission importante de conseil et se retirer du pays  parce qu’il y a des opportunités en Europe centrale ou en Amérique latine. Nous sommes des Africains et enracinés dans ce continent pour longtemps.

Propos recueillis par Alain Bouithy
Mercredi 5 Octobre 2016

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