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Bouteflika malade, l’Algérie déboussolée




Bouteflika malade, l’Algérie déboussolée
C’est un homme manifestement malade qui a prononcé le discours du 15 avril en Algérie. Intonation basse. Voix faible. Débit monotone. Absence totale d’accentuation. Verbe sans enthousiasme. On dirait qu’Abdelaziz Bouteflika n’y croyait pas. Lisait-il un discours qu’on lui a tout simplement conseillé et imposé? Sans doute son frère et le général Taoufik en particulier l’ont convaincu de cet exercice.  En tout cas, le Président du vendredi  était loin, trop loin même de l’image qu’il voulait toujours donner de lui-même.
L’image de celui qui tenait tout entre les mains. L’homme fort d’Al Mouradia s’est montré dans un état d’impotence et  d’épuisement. Son visage est manifestement bouffi. Et il a rarement levé les yeux pour faire face au peuple à qui il prétendait s’adresser. Un discours qui manquait de cœur. Un laïus qui manquait d’âme. Un discours qui manquait de conviction. Où va l’Algérie ? Une question que se posent observateurs et spécialistes du Maghreb.
La rue algérienne ne s’est pas calmée pour autant. Les universités poursuivent toujours leur grève. Les médecins reprochent au gouvernement algérien d’avoir failli à ses engagements. La colère des enseignants gronde. Les sans-boulot ou les hittites en ont  ras-le-bol. Les Kabyles n’ont depuis longtemps plus confiance au pouvoir. Les tentatives visant à diminuer les prix des denrées de base ne sont pas parvenues à convaincre un peuple revendicatif. Un peuple qui a longtemps attendu, mais qui a perdu confiance en ses décideurs.
La situation actuelle en Algérie est explosive et il faut peut-être s’attendre au pire. L’on assiste pour le moment à une faible manifestation de la société civile et à une réaction timide de la société politique. Une oppression toujours manifeste des mouvements sociaux, notamment les étudiants. Une situation sociale et économique en crise insupportable. Et pourtant, le pays reste parmi ceux ayant grandement bénéficié de la hausse des prix de gaz et de pétrole sur le marché international.
Nous nous rappelons tous que l’immolation de Bouâzizi avait fait cas d’école en Algérie. Une dizaine de jeunes chômeurs s’étaient immolés dans plusieurs régions du pays. Face aux vents de changements venant de l’Est comme de l’Ouest, Alger n’a plus le choix : ou bien engager le pays dans de véritables réformes pour rendre le pouvoir au peuple ou bien ce sera une période d’incertitudes voire de chaos. Une chose est sûre, l’Algérie de demain ne sera plus celle d’hier. Mais de quoi la phase transitoire sera-t-elle faite?  

Mustapha Elouizi
Mercredi 20 Avril 2011

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