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Bouhcine Messaoud, nouveau président du Syndicat national des professionnels du théâtre : “Créer des fondations durables pour le théâtre”




Bouhcine Messaoud, nouveau président du Syndicat national des professionnels du théâtre : “Créer des fondations durables pour le théâtre”
L’absence
d’infrastructures artistiques,
la question du
statut et de la carte professionnelle, le rôle des institutions privées, la situation sociale de l’artiste,
le recours aux artistes non
professionnels.
C’est sur toutes
ces questions et bien d’autres que Mouhcine Messaoud,  
nouvellement élu
président du Syndicat national des professionnels
du théâtre, compte orienter ses
priorités. Il s’est confié à nous.

Libé : Vous avez été élu récemment président du Syndicat national des professionnels du théâtre. Quelles sont vos impressions ?

Bouhcine Messaoud : Je suis très heureux pour cette confiance que mes collègues ont placée en moi. Je mesure avec responsabilité la tâche qui m’attend d’autant qu’elle n’est pas facile, vu le nombre de dossiers lourds que notre équipe doit examiner. Nous avions un grand problème avec le ministère de la Culture sortant sur bien de questions importantes touchant au secteur qu’il va falloir réexaminer comme le statut de l’artiste, la situation dramatique de ce dernier dans le domaine de l’audiovisuel, etc.
Avec mes collègues du bureau, nous allons nous atteler à faire que ces problèmes trouvent une solution. Nous comptons naturellement aussi sur la notoriété de nombreux artistes pour atteindre nos objectifs.
Il faut bien comprendre que le syndicat n’est pas là que pour revendiquer des lois, il va aussi faire des propositions de nature à faire avancer ce secteur. A ce sujet, j’espère que les nouvelles autorités tiendront compte de nos contributions et qu’elles appliqueront à la lettre les dispositions apportées par la nouvelle Constitution qui comporte de nombreux acquis au niveau des arts.

Quel bilan faites-vous de l’activité culturelle au Maroc ?

Nous avons d’excellents créateurs et acteurs à même de donner à ce secteur l’image qu’on attend de lui. Par contre, il n’y a pas de véritable institution. Prenons l’exemple du Théâtre national Mohammed V, on voit bien que ce n’est qu’une salle de représentations, rien de plus. Aussi, quand vous allez dans d’autres régions, il n’y a rien pour les artistes. Il faut donc penser à créer d’autres théâtres et même dans certaines grandes villes. Ce que je veux dire c’est qu’un  auteur peut écrire chez lui dans une petite pièce, mais il y a des métiers qui nécessitent une structure appropriée pour pouvoir produire. En plus de cela, certaines lois sont toujours restées en suspens alors que les conditions sociales de l’artiste nécessitent qu’on les applique.

Quelles seront vos priorités ?

Outre le fait que nous allons revoir tous les dossiers restés en  suspens et faire des propositions, nous comptons mettre sur pied un plan de développement du théâtre marocain. Plusieurs réunions régionales ont déjà été organisées dans cette perspective. L’idée est de parvenir à créer un outil qui soit la base de nos prochaines discussions avec le nouveau gouvernement. Nous tenons à créer des fondations durables pour le théâtre. Par exemple, le fonds d’aide actuel au théâtre nous paraît être une solution provisoire. Il faut maintenant  privilégier des projets durables avec une vision à court et long termes.
L’idée de créer un Centre marocain du théâtre à l’image du CCM (Centre cinématographique marocain) nous paraît intéressante à bien des égards. Une telle institution pourrait coordonner tous les facteurs intervenant dans le domaine du théâtre et y apporter des réflexions constructives.

Lors du 6ème Congrès du syndicat, à l’issue duquel vous avez été élu, il a été fait mention de corruption au niveau de la production dramatique. De quoi est-il question?

En fait, nous voulions attirer l’attention de l’opinion sur le fait qu’il n’y a de vrais producteurs dans ce secteur. On ne trouve que des producteurs exécutifs dont certains recourent à des personnes étrangères à la profession dans le but de dépenser moins. Ce qui naturellement pose problème, puisque ces personnes n’ont pas de métier. Il est donc urgent que nous soyons prudents et que des lois soient précises sur ces questions. Tout en sachant qu’il y a toujours le risque de voir n’importe qui détenir une carte professionnelle, ce qui va dévaloriser la profession. Alors que les artistes, les vrais, en ont besoin pour leur travail et qu’il est important qu’elle ne perde pas de sa valeur.

Quelle est justement la situation de l’artiste ?

Il est difficile de présenter une vision globale de la situation de nos artistes. Une chose est sûre, la majorité attend que les lois les protègent. Parce qu’ils font un travail saisonnier, qui change à chaque fois : on peut bien gagner aujourd’hui et pas demain. C’est pour cela que nous appelons l’Etat à prendre ses responsabilités en mettant en place une institution des œuvres sociales au profit de ces artistes.

Propos recueillis par ALAIN BOUITHY
Jeudi 22 Décembre 2011

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