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Boateng, ce formidable voisin




Boateng, ce formidable voisin
Et si d'une volée limpide Jerome Boateng avait conquis ne serait-ce qu'un fan de football membre de la droite populiste allemande? La victoire serait encore plus belle que celle décrochée contre la Slovaquie (3-0) pour le défenseur de la Mannschaft, cible d'attaques racistes avant le début de l'Euro-2016.
"Les gens le trouvent bon comme footballeur. Mais ils ne veulent pas d'un Boateng comme voisin". La phrase, prononcée fin mai par Alexander Gauland, vice-président du parti populiste AfD (Alternative pour l'Allemagne), contre le stoppeur international, avait provoqué une vague d'indignations dans un pays divisé sur la question de l'accueil des migrants. Boateng, né à Berlin d'un père ghanéen et d'une mère allemande, a beau avoir été sacré champion du monde en 2014, et être l'un des meilleurs joueurs allemands depuis plusieurs saisons, il lui manquait peut-être encore une chose pour se prémunir de ce genre de reflexion: marquer son premier but sous le maillot de la Mannschaft. D'une reprise de volée tout en instinct, quasi similaire à celle de Luka Modric face à la Turquie en début de tournoi, l'athlétique stoppeur du Bayern Munich a amplement réussi son baptême (8e, 1-0) lors de la démonstration de sa sélection face à la Slovaquie, en huitième de finale de l'Euro-2016.
"Tout simplement la classe mondiale mon frère! Quel but génial... #Meilleurvoisin #Frère", a rendu hommage son habituel coéquipier Antonio Rüdiger, d'origine sierra-léonaise, sur son compte Twitter.
Au point de retourner aussi les membres du mouvement d'extrême droite allemand Pegida ? Les "Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident" avaient brocardé les joueurs de l'équipe nationale d'origine étrangère, à l'occasion d'une opération de marketing du groupe Ferrero, juste avant la sortie d'Alexander Gauland.
La marque italienne avait décidé, pour surfer sur l'Euro, de commercialiser ses chocolats Kinder avec des emballages portant des photos des joueurs lorsqu'ils étaient enfants, dont Boateng et Ilkay Gündogan (d'origine turque), en remplacement de l'habituel enfant aux cheveux blonds. Cela n'avait pas plu. S'il continue de livrer de telles prestations, au point même d'être nommé homme du match contre la Pologne (0-0), les Allemands risquent non seulement de se battre pour devenir son voisin, mais aussi de lui emprunter sa coupe de cheveux en dégradé.
Ovationné par les très nombreux supporters allemands à sa sortie à la 71e minute, Boateng est en train de s'imposer sur le terrain comme le "capitaine officieux" de la Mannschaft, qui rêve de réaliser le doublé Mondial-Euro, au moment où Bastian Schweinsteiger, successeur du retraité Philipp Lahm, est blessé (il n'est rentré qu'en toute fin de match). Incertain avant la rencontre en raison d'une petite blessure au mollet, Boateng, 27 ans, a une nouvelle fois montré qu'il était costaud avec ses pieds et dans la tête. Pour devenir plus qu'un symbole.

Mardi 28 Juin 2016

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