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Blocage de la situation au sein du ministère de la Justice et des Libertés : L’entêtement comme mode de gouvernance




Blocage de la situation au sein du ministère de la Justice et des Libertés : L’entêtement comme mode de gouvernance
Pour gérer les conflits sociaux qui surgissent dans son département, Mustapha Ramid choisit d’emblée l’affrontement au lieu de privilégier la méthode du dialogue et éventuellement de la négociation, deux termes qui ne semblent pas figurer dans son lexique.
En témoignent les grèves déclenchées par des greffières et greffiers auprès des tribunaux pour réclamer certains droits qu’ils considèrent comme légitimes.
Au lieu de convoquer les grévistes et d’écouter leurs doléances, le ministre de la Justice et des Libertés (sic) brandit tout de suite la menace de la sanction à leur encontre en défalquant notamment les journées de grève de leur salaire, et ceci, en violation de la Constitution qui stipule que le droit de grève est reconnu et respecté.
Pour justifier ses sanctions, il cite et s’appuie sur une circulaire de 1967 édictée durant les années de plomb et qui, finalement, a été très peu suivie d’effet.
Se sachant pris à la gorge à cause de son entêtement, il va se débarrasser de la patate chaude et la renvoyer au gouvernement.
La solidarité gouvernementale agissant ou plutôt celle de ses confrères du parti majoritaire, lesquels vont lui donner raison, même si au fond, il a tort.
Aussi, quand des parlementaires de la Commission de justice sont intervenus pour faire annuler un sit-in dans l’enceinte  même de son département à une heure tardive de la nuit après qu’ils ont vu le ministre saisi d’une crise de larmes en leur présence parce qu’il s’estimait incompris, leur démarche ne va servir à rien. Notre ministre  restera pourtant implacable, affirmant qu’il n’est plus maître de la solution du problème des grévistes et que la balle est désormais dans le camp du gouvernement.
Voilà ce qui s’appelle assumer ses responsabilités !
Lorsque le chef du gouvernement en personne affirme que l’un des maux dont souffre le Maroc, est la justice, il a raison ! Sauf qu’il omet de dire que c’est, entre autres, dû aux agissements du premier responsable du département de la justice qui n’est autre que l’un des représentants de son propre parti.
Le bras de fer engagé actuellement entre le ministre de la Justice et des Libertés et les greffières et greffiers n’augure rien de bon et risque de dégénérer pour atteindre l’ensemble du corps de la magistrature. Quand on sait qu’actuellement nos tribunaux marchent au ralenti, qu’en sera-t-il après ? Ce sera le blocage total.
Que va devenir, dans ce cas, la réforme de la justice que M. Ramid voudrait tant réussir ? Le moins que l’on puisse dire, est que sa démarche est mal enclenchée. Tous les concernés ne partagent pas la méthode qu’il a adoptée pour introduire ses changements. Ils sont tous unanimes à lui reprocher son comportement autoritaire au lieu de favoriser la formule participative.
De plus, où qu’il  se déplace, il trouve à son accueil les greffières et les greffiers grévistes pour se rappeler à son bon souvenir.

Youssef BENZAHRA
Mardi 4 Décembre 2012

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