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Birmanie : art et dictature




Etre libre sous la dictature militaire… C’est ce que parviennent à faire de nombreux artistes en Birmanie, pays qui vit sous la dure loi de juntes successives depuis 1962… Depuis 47 ans, les généraux birmans au pouvoir veulent maîtriser tout ce qui sort dans la presse et toutes les œuvres artistiques qui sont exposées, dans le but de ne laisser aucune chance à un quelconque mouvement d’opposition. Malgré ce contrôle étroit et une répression dure qui les guettent, les artistes de Birmanie arrivent à s’affranchir de ce cadre et à produire librement.
«Je suis une artiste, je peins. Je suis aussi écrivain et poète. J’habite à Rangoon… Ca, ça n’a pas passé la censure, cette œuvre-là, c’est bon. Et celle-là, c’est un portrait de Daw Suu, ça ne peut pas passer la censure!» Pour ce portrait d’Aung San Suu Kyi, la chef de l’opposition birmane, cette artiste sait qu’elle pourrait aller en prison. Elle ne dévoile sa collection de peintures interdites qu’à des proches ou à des étrangers…
En Birmanie, un bureau de la censure épluche toutes les œuvres et coupe tout ce qui a à voir avec la politique. Du coup, les artistes s’adaptent. Ils diffusent sur Internet. Ils envoient leurs œuvres à l’étranger.
Ils organisent des festivals à la campagne. Comme cet artiste de spectacle, qui vit à Rangoon…  «Nous n’avons pas eu beaucoup de problèmes – parce que j’ai choisi d’organiser ce festival dans mon village… Il m’est très familier : ma mère y est institutrice. J’ai un bon réseau de connaissances dans mon village, donc je peux faire ce que je veux.»
Aurait-elle dû demander une autorisation à l’avance? «Non. Je n’ai jamais demandé de permission : si j’en avais demandé une, ils me l’auraient refusée parce qu’ils n’aiment pas les nouveaux événements. Ils comparent l’art contemporain à la politique».
Des policiers sont venus la surveiller pendant le festival.
«Il n’y a pas de censure au village. Il n’y en a que dans les villes. Je me sens très libre à la campagne!» Libre à la campagne, mais pas libre tout de même de parler politique… En Birmanie, ceux qui veulent faire partager leur production politique doivent obligatoirement se cacher ou s’exiler…
C’est le cas de ce groupe de rappeurs qui enregistre en Thaïlande. Ils espèrent ensuite diffuser cette chanson sous le manteau en Birmanie. La première voix : «Cette chanson parle de la situation présente en Birmanie/Comment accéder à la liberté?/ Comment renverser le régime militaire?/ Quand le gouvernement a vu les robes rouges dans la rue et le cyclone nous frapper, le gouvernement nous a dit fuck». C’est une chanson très politique.
Une activité très risquée, bien évidemment. Ces chanteurs utilisent plutôt Internet pour diffuser leurs œuvres dans le pays.

Par Rémy Favre RFI
Mercredi 9 Septembre 2009

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