Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Bilan mitigé de la Vision stratégique 2020

Le ticket pour faire partie du Club des 20 n’est pas encore à la portée du Maroc




Bilan mitigé de la Vision stratégique 2020
«Le Maroc est le plus beau pays du monde» : l’on se rappelle ce slogan générique, lancé il y a quelques années par l’Office national marocain du tourisme (ONMT), qui dénote à lui seul du caractère épineux de la question de la beauté. Sa signification littérale : de belles choses réunies dans un même lieu, plusieurs beaux détails qu’on remarque dans un même objet… Mais le Maroc ne peut pas prétendre avoir que de belles choses, sinon tout ira bien dans le meilleur des mondes ou comme dirait l’œuvre de Fiodor Dostoïevski que «la beauté sauvera le monde» ! Il est possible, cependant, en prônant la suppression des points noirs qui obscurcissent notre pays, d’effaroucher certains et d’œuvrer pour un tourisme de qualité plutôt que de quantité.
Il est vrai que ce sont les chiffres et les lettres qui font les études, sondages et statistiques. En effet, grâce aux différentes données, Lahcen Haddad, notre ministre du Tourisme, a saisi l’occasion, samedi dernier lors de la cérémonie du gala régional du World Travel Awards à Athènes, pour déclarer que le Maroc a réussi à attirer 10 millions de touristes en 2013, soit une hausse de 6% par rapport à 2012.  Et ce, en dépit d’une conjoncture économique difficile, s’est félicité le ministre. Une interrogation fuse néanmoins : est-il plus intéressant, économiquement parlant, de recevoir un ou deux touristes (arrivée en avion, logement dans des hôtels, repas pris dans des restaurants, déplacement dans des taxis ou tramway, achat de souvenirs…) ou une vingtaine de touristes (location de logement auprès de particuliers ou chambre dans des sortes de «motels» non classés, repas acheté à la va-vite auprès de laiterie ou épicerie et privilégiant la marche aux différents moyens de locomotion, prise de photos sans achat quelconque…) ? Même les néophytes opteront pour le premier choix. C’est là toute la différence entre un tourisme de qualité et un tourisme de masse.
Troublante lapalissade, l’on dirait, que notre département du tourisme se focalise à doubler le nombre de visiteurs et la capacité d’accueil tout en omettant quelques détails élémentaires.
En fait, M. Haddad a souligné à la capitale grecque, que l’objectif que s’est fixé le Royaume est de doubler le nombre de visiteurs et la capacité d’accueil et de multiplier par 2,5 les revenus du tourisme, qui demeure un «moteur puissant» de la croissance économique, un «outil important» pour le développement régional et un levier de croissance pour les autres secteurs de l’économie. En décodé, la volonté est bien présente mais quid des réalisations ?
Et au ministre d’ajouter : la vision stratégique à l’horizon 2020, lancée par SM le Roi il y a quatre ans, vise à renforcer le rôle de l’industrie hôtelière dans le développement économique global du pays et ambitionne de faire du Maroc une référence en matière de tourisme durable en Méditerranée.
Devenir une référence est un vœu un tantinet difficile à réaliser dans la mesure où plusieurs autres destinations (Espagne, Turquie, etc.) se disputent la part du lion et livrent une vraie bataille. 
Nonobstant, plusieurs atouts peuvent jouer en notre faveur à l’instar de la "position géographique privilégiée" du Royaume avec un littoral d'environ 3500 km de la Méditerranée au Nord à l'océan Atlantique à l'ouest. Dans la foulée, M. Haddad a également mis en avant un contraste magique océan/désert au Sud, un riche patrimoine culturel (villes impériales, médinas, richesse gastronomique et artisanale), un climat tempéré et l'hospitalité légendaire des Marocains.
D'autres avantages à notre actif, ajoute-t-il, sont de nature à contribuer à la concrétisation de l’objectif fixé, à savoir les relations étroites que le Royaume entretient avec l'Europe et l'Amérique du Nord, ses liens historiques profonds avec l'Afrique et le monde arabo-islamique et son infrastructure en plein essor.
«La destination Maroc occupe une place de plus en plus importante à l'échelle internationale et grâce à la Vision 2020, notre pays est déterminé à intégrer le club des 20 premières destinations mondiales à fin 2020», soutient-il.
D’aucuns pensent que cette détermination nécessite de baisser les tarifs pour pouvoir finalement être attrayant et attractif. En effet, nombre de touristes étrangers pointent du doigt la cherté enregistrée notamment à Marrakech et Casablanca. Ils estiment que cela leur revient beaucoup moins cher de choisir une destination hors que le Maroc et que des fois il ne rentrait pas du tout dans leur budget. Une opinion à prendre en considération, a fortiori quand il s’agit de reprendre du poil de la bête.
Arrivée à mi-chemin de l’échéance, le bilan de la «Vision stratégique 2020» est donc mitigé. Le verre est à moitié plein avec les richesses, atouts et aussi une position géographique privilégiée du Royaume et à moitié vide, avec des impairs à rectifier ; notamment des formes d’arnaque et de harcèlements et aussi quelques carences.


Meyssoune Belmaza
Mardi 5 Août 2014

Lu 1399 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs