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Bilan et dysfonctionnements de l’urbanisme


Fathallah Oualalou Tout maire doit être interpellé par la problématique urbanistique de sa ville

Mohamed Lembarki Nous serions mieux armés pour relever les défis si nous faisions confiance à nos architectes

Abdelouahed Mountassir Nous devons contribuer à l’épanouissement des citoyens



Bilan et dysfonctionnements de l’urbanisme
Une salle comble. Et pour cause : on célèbre la Journée nationale de l’architecte. Une occasion qui coïncide à la fois avec le 28ème anniversaire du discours historique que  feu S.M. le Roi Hassan II a prononcé devant le corps des magistrats en 1986 et avec le centenaire de l’urbanisme 1914-2014.   Pour célébrer cet événement hautement symbolique, plusieurs personnalités ont prononcé des allocutions où le passé a rejoint le présent tout en ouvrant le débat sur l’avenir de la profession. C’est une nouvelle ère qui commence, s’accordent-ils à dire. 
Comme l’a rappelé Khalid Ouaya, président du Conseil régional de l’Ordre des architectes de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër, c’est l’occasion de faire le bilan de toutes les réalisations et s’arrêter sur les dysfonctionnements. Selon lui, le processus de réformes est bien engagé et tout un chacun est conscient des défis qui s’imposent.  Il s’agit, entre autres, de redéfinir les dispositions de l’acte de bâtir et de promulguer de nouvelles lois, comme l’a souligné pour sa part  Abdelwahed Mountassir, président du Conseil national de l’Ordre des architectes fraîchement élu. « Nous sommes un Ordre et un Ordre est un auxiliaire de l’Etat. Nous devrons faire en sorte de bâtir des villes à même de contribuer à l’épanouissement des citoyens », a-t-il encore indiqué. Quant à Mohamed Laensar, ministre de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire, il a rappelé que « l’urbanisme est le miroir de toute civilisation et que par ailleurs plusieurs sites du Royaume ont été classés dans le patrimoine mondial. Le grand défi, c’est que le Maroc s’élève au rang des pays les plus développés. Tout s’y prête notamment suite à la transition démocratique. L’occasion d’enrichir le débat afin d’être au diapason des autres pays et de se poser des questions quant  à l’efficacité des lois lors de leur application sur le terrain.
Mohamed Lembarki, ex-ministre et directeur général de l’Agence du développement de la région de l’Est, s’est demandé comment aborder ce siècle d’urbanisme, quel avenir pour nos villes et que pouvons-nous tirer comme leçons  à la lumière du discours de S.M. le Roi Hassan II. L’intérêt est de  tirer les esquisses de règles pour l’avenir. Par la suite, il s’est prêté à un exercice d’histoire qui l’a amené à survoler 3 époques.  C’est tout d’abord celle d’Ibn Khaldoun à travers son approche du pouvoir de l’installation à la décadence. En fait, comme l’explique M. Lembarki, il y a une volonté d’exercice du pouvoir qui développe le fait urbain. Les villes impériales avec les mêmes fonctions ont des textures différentes parce qu’elles ont été créées par des volontés différentes. Ce qui explique la richesse de notre histoire. C’est de ce schéma que s’est inspiré Lyautey, lors du protectorat qui a eu l’intelligence de ne pas détruire ce système mais de rentrer en compétition avec lui. Ce qui explique dans une large mesure la construction de bon nombre de villes nouvelles. Et puis en dernier lieu, comme le rappelle encore M. Lembarki, on retrouve celle de l’approche qui se dégage de l’action. Il y a eu une grande évolution notamment la parole donnée aux habitants de la ville. La population est plus concernée par l’avenir de sa cité. « Nous sommes armés pour relever tous les défis. Et nous le serions davantage si nous faisons confiance à nos architectes ». Il faut faire de l’architecte un accompagnateur. Nous avons besoin de commandeurs pour le suivi des politiques publiques», a-t-il conclu.
 « C’est  une journée déterminante pour fixer l’Histoire de notre pays et également son avenir », a indiqué Fathallah Oualalou, maire de la ville de Rabat. C’est tout logiquement qu’il a choisi d’axer le contenu de son intervention sur la capitale du Royaume. Quoi de plus normal puisque que « tout maire doit être nécessairement interpellé par la problématique urbanistique de sa ville ?», comme il n’a pas manqué de le préciser. Et de rappeler la place privilégiée qu’occupe la ville de Rabat de par les récents événements qui l’ont concernée. Il s’agit notamment de la célébration de son centenaire en tant que capitale du Royaume, son inscription au patrimoine mondial et le fait qu’elle ait abrité le Sommet mondial des dirigeants locaux et régionaux.
Dans un retour vers le passé, M. Oualalou a expliqué que l’orientation de Lyautey, sur le plan urbain est avant tout politique. Elle traduit la dualité du  protectorat. Celle relayant le traditionnel au moderne. En témoigne la configuration de la ville telle que conçue par le Maréchal français à l’époque. Après l’indépendance, il y a eu un vrai boom avec l’émergence de nouveaux quartiers. Depuis les années 1970-80, l’urbanisme de Rabat a profondément évolué.  De manière quantitative de par le développement de Salé et Témara avec tout ce que cela comporte comme problèmes de logement et de  mobilité. L’autre question qualitative est liée aux différentes réformes connues par le pays. Du coup, la ville de Rabat a commencé à s’autonomiser. Elle est non seulement une capitale politique, mais aussi celle du savoir et de la culture... Elle a été choisie comme ville verte et est en train d’assainir son littoral. Quant à l’urbanisme de demain, il évolue vers quatre axes. Celui du projet de Bouregreg, de l’arrivée de l’axe TGV, de la mise à niveau du littoral et du plateau Akrach, a encore expliqué  le maire socialiste de la capitale. 
Par ailleurs, il a été procédé  lors de cette manifestation à la remise des diplômes à la nouvelle promotion des lauréats de l’Ecole nationale d’architecture (ENA) et à la présentation des membres du nouveau Conseil national des architectes fraîchement élus.

Nezha Mounir
Lundi 20 Janvier 2014

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