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Bernard Cazeneuve Premier ministre jusqu'à la présidentielle de 2017

Manuel Valls s’engage à combattre l'extrême droite




Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a été nommé mardi Premier ministre français en remplacement de Manuel Valls, qui a démissionné pour se lancer dans la course à la présidentielle avec l'ambition d'éviter à la gauche d'être éliminée dès le premier tour.
Bernard Cazeneuve, un ancien juriste de 53 ans, s'est trouvé sous les feux des projecteurs depuis le début, en janvier 2015, d'une série d'attentats jihadistes qui ont fait 238 morts dans le pays. Le nom de son successeur à ce poste sensible n'a pas encore été communiqué.
Cet homme loyal, qui affiche un grand sang froid et bénéficie d'une image de sérieux, avait auparavant été ministre délégué aux Affaires européennes (2012-2013) et ministre délégué au Budget (2013-2014).
Selon un proche du président François Hollande, "le choix de Bernard Cazeneuve est celui d'une personnalité qui a une grande expérience" et "qui connaît très bien les questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme", une priorité alors que la France se trouve en état d'urgence.
Le chef de l'Etat et son nouveau Premier ministre discutaient mardi matin de la composition du nouveau gouvernement, à la durée de vie limitée, qui sera chargé de conduire la France jusqu'à la présidentielle de mai 2017.
Le président Hollande, très impopulaire, avait annoncé jeudi dernier qu'il ne briguerait pas de second mandat, ouvrant la voie aux ambitions de Manuel Valls, qui a officialisé lundi soir sa candidature à la présidence et indiqué qu'il démissionnerait de Matignon pour se consacrer à la primaire socialiste des 22 et 29 janvier.
Reçu à la présidence tôt mardi, il a donc remis sa démission à François Hollande, qui a annoncé la nomination de son successeur dans la foulée.
Né Espagnol il y a 54 ans et naturalisé Français à l'âge de 20 ans, Manuel Valls a expliqué dans son discours de candidature ne pas vouloir revivre le "traumatisme" de 2002, quand la gauche avait été éliminée au premier tour de la présidentielle face à la droite et à l'extrême droite, un scénario qui, selon tous les sondages, devrait se répéter en avril 2017.
Avant de porter les couleurs socialistes, cet homme au caractère volontaire devra d'abord affronter plusieurs prétendants plus à gauche que lui, à commencer par l'ancien ministre de l'Economie Arnaud Montebourg.
Manuel Valls, qui se présente comme un réformateur et avait il y a quelques mois évoqué des "gauches irréconciliables", a mis l'accent lundi soir sur sa volonté de "réconciliation". Quitte à "manger son chapeau", ironisait mardi le quotidien Le Monde.
Ce pari de l'union est loin d'être gagné, alors que son style autoritaire, son discours pro-entreprise et sa vision très stricte de la laïcité lui ont valu des inimitiés dans son propre camp. Les fidèles de François Hollande ont déjà fait savoir qu'il n'aurait pas leur soutien "automatique". Même tonalité de la part de Martine Aubry, un des poids lourds socialistes.
"Ses intentions de candidat contredisent ses actes de Premier ministre. Sa candidature est sans doute la plus clivante qui soit aujourd'hui au Parti socialiste", a jugé mardi l'ancien ministre Benoît Hamon, qui compte lui aussi participer à la primaire socialiste.
"J'ai pu avoir des mots durs, susciter des débats, des incompréhensions", a reconnu Manuel Valls. "Mais j'ai toujours assumé les décisions collectives", a-t-il assuré lundi.
Une fois passée la primaire, le candidat du PS devra encore affronter le chef de file de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon et l'ancien ministre de l'Economie Emmanuel Macron, plus au centre. Tous deux ont exclu de participer à la primaire, tout comme le candidat écologiste Yannick Jadot.
Cette fragmentation de la gauche rend la tâche délicate face à la dirigeante de l'extrême droite Marine Le Pen, portée par une vague populiste mondiale et les inquiétudes autour des attentats et de la crise migratoire en Europe, mais aussi face au candidat de la droite François Fillon, vainqueur sans appel de la primaire de son camp.
Manuel Valls a martelé lundi vouloir combattre l'extrême droite dont le programme "ruinerait les petites gens, les retraités, les ouvriers" et le très libéral François Fillon, qui représente à ses yeux "un recul social généralisé".

Mercredi 7 Décembre 2016

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