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Berlin Boom Orchestra et Baraka électrisent les Casablancais : Feu aux anciens abattoirs
Il y avait du monde ce samedi soir aux anciens abattoirs de Casablanca où se sont produits deux groupes allemand et marocain officiant dans un style de musique bien connu et très apprécié des Casablancais : le reggae et ses merveilleuses variantes.
Une soirée très chaude et colorée magnifiquement assurée par les Allemands de Berlin Boom Orchestra et les Marocains du groupe Baraka. Du reggae aux accents populaires made in Germany. Voilà ce que nous proposaient les Berlinois qui ont enflammé la scène des anciens abattoirs et offert aux Casablancais une soirée reggae très festive. Qui ne sera pas passée inaperçue, puisque le groupe a enthousiasmé le public nombreux et en majorité jeune et très réceptif aux prestations du groupe. Il faut dire que le show de ce week-end vallait bien un détour. Et pour cause, pendant près de deux heures, cet ensemble très connu de la scène allemande a offert le meilleur de lui-même à un public généreux qui n’a pas boudé son plaisir en se jetant rapidement dans le bain. A la joie des membres du groupe berlinois qui ont saisi l’occasion, pour partager de merveilleux moments de bonheur avec le public. Et communiquer avec ce dernier, qui sautillait et dansait sur les pas et les rythmes endiablés imprégnés par des Allemands très honorés. «C’était très cool, vraiment incroyable de jouer au Maroc où le public a été très réceptif. Nous connaissions très peu de choses de la scène marocaine. Quand bien même nous savions que le public était très ouvert, on n’imaginait pas avoir un accueil aussi chaleureux et enthousiaste », nous a confié satisfait le leader du groupe, Philippe DinkeLacker. « Nous apprécions beaucoup le reggae comme style de musique, particulièrement Bob Marley qui en est l’illustre légende. Mais aussi le ska que nous avions souvent écouté. D’où l’idée nous est venue de les mixer pour obtenir un genre de musique inspiré de ces deux styles mais qui est un accent berlinois », a-t-il ajouté, précisant que leur musique n’est pas une musique de radio, mais l’expression « des populations d’en-bas ». Soulignons que le groupe berlinois s’était produit la veille à Rabat dans une ambiance tout aussi électrique devant un public qui aura visiblement laissé de bonnes impressions au Berlin Boom Orchestra. Quelques heures plus tôt, les jeunes du groupe marocain de reggae et de gnawa, Baraka, ont donné le coup d’envoi de cette soirée qui a drainé un public nombreux. Très inspirés, les jeunes de Khourigba se distinguent dans un registre qui explore de fond en comble et . une musique et des morceaux auxquels a eu droit le public. Formé en 2005, les Baraka étaient au mieux de leur forme ce soir. Dans un style de musique dont les influences évoluent entre Bob Marley et The Gladiators, ils ont offert une excellente prestation à la hauteur de leur naissante renommée. Devant un public qui les connaît désormais bien et apprécie leur audace. Le groupe a remporté le deuxième Prix dans la catégorie fusion lors du Tremplin L’Boulevard 2009. Organisé par l’Institut Goethe et l’Association L’Boulevard, ce concert s’inscrit dans le cadre de «Hallo Marokko», l’Année culturelle Allemagne-Maroc 2009. L’occasion pour ses promoteurs de raffermir les échanges culturels entre deux pays amis, mais aussi d’offrir aux jeunes créateurs un espace d’échange et une scène de promotion. «La participation directe de la plus jeune génération de créateurs a souvent manqué dans nos échanges culturels. Nous avons donc décidé cette fois-ci d’inviter de jeunes chanteurs allemands pour se produire sur la même scène avec des jeunes Marocains. Tout en sachant que la musique des jeunes est la meilleure chance de briser les frontières que nous dressons les uns contre les autres », a confié à Libé Wolfgang Meissner, directeur de Goethe-Institut de Rabat et Casablanca. A propos de Berlin Boom Orchestra, il poursuit: «C’est un jeune groupe, très connu au niveau national pour ses textes engagés contre le racisme, la fermeture des frontières, la multiculturalité des grandes métropoles, pour la compréhension des cultures au niveau religion, éducation, symboles et gestes. Avec Baraka, ces deux groupes ont su travailler ensemble sans difficultés et briser les frontières auxquelles je faisais allusion», rappelant que la date du 3 octobre était aussi celle de la fête nationale en Allemagne et qu’à cette occasion « il n’y avait pas mieux que d’inviter un groupe allemand de se produire au Maroc et faire connaître leur histoire contemporaine ici». Mercredi 7 Octobre 2009
ALAIN BOUITHY
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