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Benkirane reste sourd aux revendications des Imazighen


Le Nouvel An amazigh accueilli dans l’indifférence gouvernementale



Benkirane reste sourd aux revendications des Imazighen
Les Imazighen du Maroc s’apprêtent à célébrer le nouvel an amazigh dans la plus grande des indifférences du gouvernement Benkirane.  Ce dimanche 13 janvier, «id Yennayr», ou premier mois de l’année pour le monde amazigh, sera, une fois encore et une fois de trop, un jour comme les autres. L’année 2963 est accueillie dans une apathie gouvernementale bien inquiétante. «Rien n’a malheureusement changé», soupire Ahmed Arrehmouch, le coordinateur du réseau amazigh pour la citoyenneté. Ce 13 janvier, le nouvel an amazigh entre en vigueur sans que ce jour ne soit officiellement établi comme premier jour de l’année amazighe. «Ceci est d’autant plus grave qu’une nouvelle Constitution instituant la langue amazighe comme langue officielle du pays a été adoptée il y a un peu plus d’une année. L’identité amazighe du Maroc est pleinement reconnue par la Loi suprême. Mais ceux qui nous gouvernent ne semblent pas, eux, le reconnaître ou ont, en tout cas, problème à le reconnaître », s’indigne cet activiste du Réseau amazigh pour la citoyenneté.
Nouvelle Constitution ou pas, les revendications des Imazighen n’ont pas pris une ride. « Les doléances et les attentes n’ont pas changé. Ce qui signifie bien qu’il n’y a pas eu d’avancée sur le dossier de l’amazighité.
Nous continuons toujours de réclamer par exemple la promotion et la protection de la langue, de la culture et de la civilisation amazighes. Et sur ce volet éminemment important car fondateur d’une identité, rien n’est encore fait», s’indigne ce chercheur originaire du Souss.
A l’ombre d’une nouvelle Constitution qui a rendu justice aux premiers habitants du Maroc, les Imazighen réclament aujourd’hui avec force « l’accélération de la mise en place de la loi organique définie par  l’article 5 de la Constitution».
Une loi organique qui, selon la Constitution,  « définit le processus de mise en oeuvre du caractère officiel de la langue amazighe, ainsi que les modalités de son intégration dans l’enseignement et dans les domaines prioritaires de la vie publique, et ce afin de lui permettre de remplir à terme sa fonction de langue officielle ». « Pour le moment, il n’y a pas trace de cette loi organique. Aucun mécanisme n’est apparu pour incarner le désormais caractère officiel de la langue amazighe », martèle le coordonnateur du Réseau amazigh pour la citoyenneté.
Suite de la première page
En matière de culture, de langue et de civilisation toujours, le passage de 6 à 24 heures de diffusion de la chaîne de télévision amazighe – que prévoient les nouveaux cahiers des charges de la SNRT-  est une revendication qui n’en finit pas d’être effectuée. « Nous demandons tout simplement l’application des cahiers des charges », expliquent ceux et celles du Réseau amazigh.
Sur le front des droits aussi et surtout, le combat continue pour les hommes et les femmes amazighs.
«Le rôle de l’IRCAM
est terminé»
 Depuis l’adoption de la nouvelle Constitution et la nomination du gouvernement Benkirane, 12 prénoms amazighs ont été refusés par les autorités.  « Il y a toujours un embargo sur certains prénoms amazighs. Ce dossier est  loin d’avoir été réglé une bonne fois pour toutes. Il est inconcevable que les personnes concernées ne puissent donner à leurs enfants des prénoms issus de leur propre culture qui est en l’occurrence la culture amazighe. Ailleurs, il y a un mot pour cela, la ségrégation ! », s’exclame l’activiste et avocat dans le civil  Ahmed Arrehmouch.
Indifférence ou désintérêt du gouvernement ? Toujours est-il que le chef du gouvernement n’a jamais rencontré les représentants d’Imazighen ou répondu à leurs doléances. « Nous avons pourtant écrit plusieurs fois à Abdelilah Benkirane. Il nous a toujours opposé un silence assourdissant », déclare avec amertume  celui qui préside aux destinées du Réseau amazigh pour la citoyenneté.
Une nouvelle année amazighe ce 13 janvier et un Institut royal pour la culture amazighe, IRCAM,  créé en octobre 2001 et qui serait, pour de nombreux activistes imazighen, frappé de caducité. «L’IRCAM a achevé sa mission. Son rôle est terminé. Il s’agit de mettre en place de nouveaux mécanismes pour accompagner la place qu’occupe l’amazighité dans la constitution», conclut Ahmed Arrehmouch

Narjis Rerhaye
Vendredi 11 Janvier 2013

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1.Posté par plékhanov le 11/01/2013 12:32
Un pas en avant...

L'excès de zèle,l'improvisation,la mauvaise foi,la précipitation...ce sont là malheureusement les seules qualités de tous les défenseurs d'une cause des plus légitimes.Ils veulent obtenir en quelques années ce que 14 siècles ont contribué à marginaliser pour ne pas dire exclure.

J'ai eu l'occasion de suivre en direct,une discussion télévisée sur le sujet à laquelle avait pris part Mr Arrehmouch et j'ai eu une mauvaise impression :ce dernier défendait très mal l' affaire ;il s'emportait facilement et argumentait comme un écolier de CE2.

Il faut se rappeler qu'il s'agit d'une noble tâche qui demande beaucoup de patience ,une longue haleine et des gens d'esprit mûr qui soient en mesure de comprendre que l'essentiel est de préparer l'avenir et non une vaine promotion personnelle.

Il y a d'abord un travail académique à accomplir au niveau de la langue,une formation dans les règles d'enseignants en nombre suffisant.Il faut éviter de choquer,de donner l'impression qu'on est là pour imposer un point de vue...Il faut essayer d'être le plus intellectuel possible.

Eviter d'accuser qui que ce soit pour commencer car une telle attitude inspire une méfiance aux conséquences incalculables.Oui,il y a des réticences mais, justement ,il ne servirait à rien de les pousser à bout par des réactions irresponsables.

Gagner les coeurs par une action à la Meternich,une action des petits pas mais" sans carotte ni bâton ". La promotion de l'Amazigh peut se faire avec beaucoup plus d'efficacité en montrant aux gens tout ce qu'il y a à y gagner et non en heurtant les esprits par un discours enflammé.

Où sont donc ces centres d'enseignement de l'Amazigh pour les tous adultes tant réclamés?Pourquoi rien n'est fait dans ce sens au sein des partis,des syndicats,des associations?Pourquoi a-t-on l'impression nette que les défensseurs de la culture amazigh ne souviennent de leurs interlocuteurs que pour les critiquer?

2.Posté par sabbane le 14/12/2015 18:04
Imazighen ne constituent pas une minorité à qui il faut accorder des droits mais les vrais autochtones au demeurant majoritaires à qui Benkirane veut nier et l'identité et la culture malgré les dispositions de la constitution.Le manifeste berbère (an 2000) date de 15 années sans que les légitimes revendications soient réalisées.Je considère que la question amazighe est aussi importante que notre intégrité territoriale.La satisfaction ,dans leur intégralité de ces revendications es tune condition nécessaire et indispensable pour pour la stabilité et le développement rapide de notre pays .Il est urgent que le gouvernement le comprenne.

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