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Benkirane passe sa retraite au forceps

Ras-le-bol social et passivité syndicale




L’esprit de partenariat social avec les syndicats n’est plus que paroles en l’air. Abdelilah Benkirane n’en fait qu’à sa tête. Les propositions des centrales concernant les caisses de retraite ont été fortement ignorées par lui. En effet, le Conseil de gouvernement qui se réunira demain n’examinera que le plan de réforme qu’il a présenté aux parlementaires lors de la session des questions orales du 22 décembre 2015.
La mouture principale soumise au regard des ministres n’est, en fait, que la version concoctée par l’Exécutif et dont la mise en application coûtera la bagatelle de plus de 40 milliards de DH. Un seul point meuble cette réforme : l’augmentation, sur trois ans, du seuil minimal des pensions locales et militaires de 1000 DH à 1500 DH.
Par ailleurs, la mise en œuvre de ce projet, controversé du reste, sera déclinée en deux étapes. La première, rapporte la presse marocaine, verra l’augmentation progressive de l’âge de départ à la retraite à partir de 2017, pour déboucher sur l’âge limite de 63 ans, le premier janvier 2019. La seconde phase sera marquée par l’évaluation sur la base de la nouvelle situation financière du régime des pensions civiles. Ce manque d’ouverture sur les partenaires sociaux et leur participation à l’élaboration d’une réforme qui intéresse toute la société provoquent la polémique sur l’échiquier politique.
 Pour Abdelhmid Fatihi, secrétaire général de la Fédération démocratique du travail (FDT), cette annonce n’est que la suite logique de la déclaration de Benkirane devant la Chambre des représentants où son gouvernement détient la majorité, assurant que les projets qui seront présentés au Conseil du gouvernement de ce jeudi écartent sciemment les propositions des centrales syndicales, des partis politiques et des institutions constitutionnelles comme le Conseil économiques, social et environnemental. En outre, « le chef du gouvernement n’applique que les recommandations des institutions internationales comme le FMI qui, en échange de crédits, exigent des réformes des caisses de retraite et de la Caisse de compensation que le gouvernement est d’ailleurs en train de démanteler».
Le dirigeant syndicaliste a, par ailleurs, vivement critiqué les autres centrales syndicales, notamment la CDT, le FDT et l’UMT, qui ont choisi l’apaisement au lieu d’intensifier la lutte pour défendre les intérêts des salariés et des fonctionnaires.
« Ce n’est pas seulement en organisant des sit-in ou en adressant des plaintes à l’OIT qu’on va faire front contre  la politique et les  projets du gouvernement dans un dossier important pour les travailleurs et les fonctionnaires, mais en intensifiant notre combat et en adoptant une stratégie de lutte comme, par exemple, l’organisation d’une grève générale. C’est la seule manière de répondre à l’intransigeance du chef du gouvernement», a-t-il martelé dans une déclaration à Libé. Fatihi fait ainsi  allusion à la batterie de mesures qui a été prise par les autres centrales syndicales. Elles ont, en effet,  décidé de porter plainte devant l’Organisation internationale du travail (OIT) contre le gouvernement Benkirane pour violation des conventions internationales et de la Déclaration mondiale des droits économiques et sociaux de 1998 et gèleront leur participation, pour une durée de trois à six mois, à certaines  institutions telles que la Caisse nationale de la sécurité sociale, l’Agence nationale de l’emploi, le Bureau national de la formation professionnelle et de la promotion du travail et le Conseil supérieur de la Fonction publique. En outre, elles organiseront, selon une source syndicale, un sit-in devant le Parlement le mardi 12 janvier et adresseront un mémorandum à tous les partis politiques à l’exception du PJD dont le leader préside l’Exécutif.
Pour Abdelhamid Fatihi, ces mesures sont insuffisantes pour faire fléchir le chef du gouvernement et attestent de la faiblesse et du manque de responsabilité desdites centrales syndicales. Il a, par ailleurs, ajouté que la FDT «tiendra son conseil national ce samedi 9 janvier 2016 pour débattre de cette situation et prendre les décisions à même de mieux répondre aux aspirations des salariés».

Mustapha Louizi et Mourad Tabet
Mercredi 6 Janvier 2016

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1.Posté par hamidin le 06/01/2016 10:34
Benkirane nous fait une belle démonstration malheureuse de diktat visant à imposer un projet de réforme déséquilibré puisque ne visant que la réduction comme une peau de chagrin des pensions des braves citoyens fonctionnaires dont les problèmes sont légion en matière de niveau de vie (logement ,éducation ,santé...)mais çà , benkiran n'en a cure; pour lui le but c'est la précarisation définitive des retraités comme récompense à leur vie laborieuse et pour un satisfecit du FMI qui n'a jamais donné de solution miraculeuse en matière de développement économique et social.Benkiran en pourfendeur des droits des fonctionnaire a concocté cette réforme sans consensus des représentants des salariés, que sont les syndicats dont le rôle pourtant est consacré et détaillé par la constitution du pays et en ignorant le travail mené par le CESE et ses avis émis en accord avec ses prérogatives encore une fois,constitutionnelle. Cette étrange façon de procéder nous pousse à chercher pourquoi Bénkiran a choisi ce procédé impopulaire, non constitutionel , défrayant la chronique, anachronique et singulier au niveau mondial pour réduire les pensions.Pourtant les syndicats ne sont pas contre la réforme des retraites si elle s'inscrit dans le consensus (Quid des retraites des misnistres et parlementaires dans la mouture du chef du gouvernement) . La réforme de benkirane est une batterie de mesures et de calcul 'd'épicier' visant à réduire au minimum les pension de la majorité des fonctionnaire et à délabrer encore plus leur situation déjà si austère ; mais de çà benkiran n'a cure! un conseil travailler plus votre réforme avec les syndicats , le CESE et autres organismes consacré par la constitution, ONG, benchmarking, grand économistes nationaux etc..

2.Posté par youness le 31/10/2016 20:49 (depuis mobile)
Moi je suis un ancien militaire et je touche jusqu'a maintenant queceque je doit faire

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