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Benkirane II : les dossiers brûlants de la rentrée

L’USFP fustige un gouvernement « hors temps budgétaire »




Benkirane II : les dossiers brûlants de la rentrée
Le gouvernement Benkirane II n’est pas encore installé que les inquiétudes se propagent dans le camp de l’opposition.  Et cette inquiétude porte une marque, celle de la loi de Finances. « Le budget est la priorité des priorités. Il faut savoir  que c’est  la loi de Finances  qui exprime la vision programmatique pour l’année d’un gouvernement. Aujourd’hui, le projet de loi de Finances est en stand by. C’est d’autant plus grave que les différents budgets de ce gouvernement ont montré l’absence de vision et de continuité dans la pratique gouvernementale actuelle », fait remarquer Habib El Malki, membre du Bureau politique de l’USFP. Le député de Bejaad est formel : la loi de Finances 2014 se fera loin de tout débat national autour de réformes de fond. «On aura droit au plus  à  des mesures techniques, comptables, financières ».
Les lois de Finances n’ont jamais vraiment porté bonheur à l’équipe en place. Dans les états-majors de l’opposition, la remarque n’est pas seulement une boutade. « C’est une réalité qui traduit malheureusement l’inefficacité de ceux qui nous gouvernent », soupire l’un des fondateurs du Parti authenticité et modernité. L’histoire récente défile. Entre les chiffres et un flot de paroles, la préparation d’un Budget portant la marque d’un mode de gouvernance et surtout d’un projet de société est à l’évidence l’une des défaillances majeures de l’Exécutif.  « Les faits sont là et plus que jamais ils sont têtus », s’exclame ce chef d’entreprise nouvelle génération qui n’en finit pas de subir la crise.
Si 2012 a été une année quasi-blanche pour l’Exécutif Benkirane qui a repris une loi de Finances léguée par ses prédécesseurs, 2013 sera celle de la crise de la majorité. Depuis mars dernier, le gouvernement est en mode attente, expédiant les affaires courantes. Résultat,  la lenteur de la préparation de la loi de Finances 2014 n’a échappé à personne et surtout pas au personnel politique. « Nous avons affaire à un gouvernement hors temps budgétaire », soupire le président de la commission administrative de l’Union socialiste des forces populaires.
Et de l’ouvrage, il y en a pourtant sur le métier de celui qui sera le prochain Argentier du Royaume.

«En attendant Godot !»
Le budget 2014 devrait en principe comprendre les premières mesures de la réforme fiscale. « Le volet agricole est d’ailleurs en première ligne depuis le dernier discours du Trône », souligne cet économiste de la place. Au Parlement, où le projet de loi de Finances 2014 doit être déposé au plus tard le 20 octobre, les députés de l’opposition ne se font guère d’illusion. Le temps est compté. Impossible pour le nouveau gouvernement Benkirane II de rattraper le temps perdu à gérer une crise politique interne à la majorité et d’introduire les premières mesures d’une fiscalité agricole  revisitée !
Autre attente pressante, l’amorce de la réforme de la Caisse de compensation. «Autant attendre Godot!», ironise ce parlementaire de l’opposition.  Habib El Malki a, lui,  les mots pour le dire : « Il ne faut pas s’y méprendre, le dossier de la réforme de la Caisse de compensation est reporté sine die. Cela se confirme avec le retour du prix d’indexation des produits pétroliers ».
Le système des retraites fait partie des dossiers brûlants auxquels doit s’atteler la nouvelle équipe ministérielle. Il y a quelques mois, un rapport de la Cour des comptes tirait la sonnette d’alarme, pointant la faillite annoncée de la Caisse marocaine des retraites.
Pas de rentrée non plus sans dialogue social. Et chez nous, le dialogue social est en panne depuis un an. « Tout contact a été interrompu avec les principales centrales syndicales. Ce qui me fait dire que la prochaine loi de Finances sera  encore une fois un monologue. 2014 ressemblera finalement à 2013 », commente l’Usfpéiste Habib El Malki.  L’avènement d’un gouvernement remanié et l’entrée d’un Rassemblement national des indépendants en remplacement de l’Istiqlal désormais dans les rangs de l’opposition signeront-ils la fin de la crise de la majorité que conduit Abdelilah Benkirane ? se demandent les plus  optimistes. « Si le chef du gouvernement ne révise pas son mode de gouvernance, s’il n’y a pas remise en cause totale de la méthode de gouverner et de réformer, il y aura réédition de ce qui s’est passé avec les Istiqlaliens », répond le président de la Commission administrative du parti de la Rose avant de faire remarquer avec une pointe d’ironie que « les négociations avec le RNI ont porté sur les mêmes revendications développées par le leader de l’Istiqlal, à savoir une nouvelle architecture de l’Exécutif et un programme gouvernemental revisité ».

Narjis Rerhaye
Jeudi 12 Septembre 2013

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