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Baptême du feu social pour le contesté gouvernement Temer au Brésil

Entre autres causes de mécontentement, la réforme du système déficitaire des retraites et la fixation d'un âge minimum de départ




Baptême du feu social pour le contesté gouvernement Temer au Brésil
La gauche brésilienne a appelé lundi à la mobilisation contre le gouvernement "illégitime" du président par intérim Michel Temer qui a effectué son baptême du feu social avec les syndicats pour discuter d'une impopulaire réforme des retraites.
Le Parti des travailleurs (PT, gauche) de Dilma Rousseff, écartée jeudi du pouvoir dans le cadre d'une procédure de destitution controversée, a appelé à la mobilisation contre son successeur, le vice-président Michel Temer qui a activement oeuvré à sa chute.
"La réaction populaire au coup d'Etat continue et les manifestations de protestation et de dénonciation doivent se poursuivre", a écrit le président du PT, Rui Falcao, sur les réseaux sociaux.
Temer, 75 ans, a assumé vendredi la présidence par intérim après l'ouverture d'un procès en destitution de Mme Rousseff, 68 ans, pour maquillage des comptes publics, lors d'un vote historique du Sénat qui a mis fin à 13 années de gouvernements de gauche.
Mme Rousseff a été ainsi automatiquement suspendue de ses fonctions pour un délai maximum de six mois, en attendant le jugement final des sénateurs. Ses chances de revenir au pouvoir sont jugées quasi-nulles, plus des deux tiers des sénateurs ayant approuvé l'ouverture de son procès.
Lundi à Rio, des centaines de manifestants ont investi la représentation locale du ministère de la Culture, aux cris de "Temer dégage!", pour protester contre la suppression de ce ministère critiquée par des artistes brésiliens de renom.
Des milliers de Brésiliens avaient manifesté dimanche à Sao Paulo et Belo Horizonte (sud). Mais ces mouvements restaient limités dans leur ampleur.
De nombreux pays d'Amérique latine comme Cuba, la Bolivie ou le Venezuela ont réagi à la situation politique du Brésil, et le président du Salvador, Sanchez Ceren, décidant même samedi de ne pas reconnaître le gouvernement Temer considérant que l'éviction de Dilma Rousseff était "une manipulation politique" aux "allures de coup d'Etat".
Sur les réseaux sociaux, Rousseff a publié un message remerciant la "solidarité internationale" après cette "farce juridique".
"J'ai une légitimité constitutionnelle", s'était défendu de son côté M. Temer dimanche, lors d'une émission de grande audience sur la première chaîne du pays, TV Globo, accueillie par des concerts de casserole dans plusieurs villes du Brésil.
"J'ai été élu avec madame la présidente, les votes qu'elle a obtenus, moi aussi je les ai obtenus (...). Mais je reconnais que je n'ai pas cette assise populaire, que je ne gagnerai que si, avec mon gouvernement, qui est légitime quoique intérimaire, je produis un effet bénéfique pour mon pays", avait admis M. Temer, un homme d'appareil peu connu des Brésiliens et à peu près aussi impopulaire que la dirigeante de gauche.
Temer a entamé lundi à la présidence de délicates discussions avec les centrales syndicales autour d'une réforme du système déficitaire des retraites prévoyant la fixation d'un âge minimum de départ à la retraite et un probable allongement du nombre d'années de cotisations.
Mais la Confédération unique des travailleurs (CUT), proche du PT, a boudé la réunion, expliquant qu'elle ne "reconnaît pas des putschistes comme gouvernants".
Et Força Sindical, qui a activement milité pour la destitution de Mme Rousseff a adopté une position très critique avec les propositions du nouveau ministre de l'Economie, Henrique Meirelles.
"Nous n'accepterons pas qu'on touche à la situation de ceux qui sont déjà sur le marché du travail. Pour les autres, nous sommes prêts à discuter", a commenté son président, le député Paulinho Pereira Da Silva.
La capacité de Michel Temer à faire approuver des mesures d'austérité au parlement "est loin d'être claire", a estimé l'agence internationale de notation Moody's dans un communiqué.
Or "des réformes structurelles sont nécessaires pour alléger le budget de l'Etat sévèrement contraint par la chute des recettes fiscales et le coût élevé de la dette", afin de relancer les investissements et la croissance du Brésil frappé par sa pire récession économique depuis des décennies, a souligné Moody's.
La volonté affichée par Michel Temer de "pacifier" et "unifier" un pays déchiré par des mois de crise politique et le scandale de corruption Petrobras, a été mise à mal par la composition de son gouvernement peu représentatif de la diversité de la société brésilienne.
Le fait que cette nouvelle équipe gouvernementale, au profil libéral et fortement conservateur, soit exclusivement composés d'hommes blancs et que sept de ses 24 ministres fassent l'objet d'enquêtes judiciaires pour corruption a suscité de nombreuses critiques.
Temer avait promis dimanche d'y remédier en nommant à des postes de secrétaires d'Etat "des représentantes du monde féminin". La présidence a annoncé lundi la nomination de l'économiste, Maria Silvia Bastos à la présidence de la Banque nationale de développement économique et sociale (BNDES), puissant bras financier de l'Etat brésilien.

Mercredi 18 Mai 2016

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