Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Bangui toujours en ébullition

Paris s’enlise dans le bourbier centrafricain




Bangui toujours en ébullition
Le président centrafricain Michel Djotodia a lancé mardi un nouvel appel à la paix, dans une capitale Bangui toujours en effervescence, qui se préparait à passer un réveillon de Noël sous couvre-feu et dans la psychose de nouvelles violences.
 Le matin même, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées au PK5, un quartier mixte à dominante musulmane, régulièrement le théâtre d’affrontements entre milices chrétiennes d’autodéfense «anti-balaka» (anti-machette, en langue sango) d’un côté, et civils musulmans et éléments de l’ex-Séléka de l’autre.
Après une incursion d’anti-balaka pendant la nuit, les habitants entendaient marcher «pour la paix», et dénoncer «la «partialité» selon eux des 1.600 soldats français de l’opération Sangaris, déployés depuis le 5 décembre en RCA en soutien à une force africaine (Misca) pour tenter de rétablir la sécurité.
C’est le troisième rassemblement du genre depuis dimanche: la minorité musulmane reproche aux Français de les laisser sans défense face à la vindicte populaire des habitants de Bangui, très majoritairement chrétiens, soumis pendant des mois aux exactions de la Séléka et qui ont aujourd’hui soif de vengeance.
Face à ces accusations, les militaires français n’ont de cesse de réaffirmer leur «impartialité». S’exprimant mardi au côté de M. Djotodia, le Premier ministre a défendu leur action: «Il n’est pas dans la vocation de Sangaris de désarmer uniquement les ex-Séléka et de laisser les anti-balaka».
Le chef du contingent burundais a révélé que ses hommes avaient été lundi la cible d’une attaque de soldats tchadiens, avec tirs d’armes automatiques et jets de grenades, au moment où les Burundais étaient en train de désarmer des éléments Séléka.
Les Tchadiens, dont trois ont été blessés, ont été repoussés «sans aucun problème» par les militaires burundais qui n’ont «aucune responsabilité dans ces incidents». «Nous n’avons aucun contentieux avec aucune partie de la population centrafricaine», a souligné le lieutenant-colonel Pontien Hakizimana.
N’Djamena n’a pas encore réagi officiellement. Mais l’incident est peu ordinaire: des soldats de la paix qui se tirent dessus entre eux. Il pose une nouvelle fois la question de l’attitude du contingent tchadien (850 hommes sur les 3.700 au total de la Misca), vu par de nombreux Banguissois comme «complice» des ex-Séléka.
Lundi matin, une patrouille tchadienne avait brièvement ouvert le feu —sous l’oeil des journalistes— sur des manifestants anti-Séléka devant l’aéroport, faisant un mort. 
Traditionnellement très influent en Centrafrique, le Tchad du président Idriss Déby Itno est le premier partenaire de la France dans ses efforts pour rétablir la paix dans le pays. La défiance croissante des Centrafricains envers le contingent tchadien complique encore un peu plus la tâche des militaires français.
Partout dans la capitale, les tensions intercommunautaires restent très vives et la situation extrêmement précaire. Les patrouilles des soldats français et des troupes africaines ne suffisent pas pour étouffer les haines et éteindre les nombreux incidents qui éclatent quotidiennement au cœur des quartiers. 

Libé
Jeudi 26 Décembre 2013

Lu 192 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs