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Baisse significative des décès maternels à l’échelle mondiale

La mortalité maternelle a baissé de 44 % par rapport à 1990




D’importants progrès semblent avoir été réalisés dans la lutte contre la mortalité maternelle, si l’on en croit un rapport publié récemment par plusieurs organismes des Nations unies dont l’OMS, l’UNICEF et l’UNFPA, le Groupe de la Banque mondiale et la Division de la population des Nations unies.
Selon ce rapport (« Trends in Maternal Mortality: 1990 to 2015 – Estimates by WHO, UNICEF, UNFPA, World Bank Group and the United Nations Population Division »), la mortalité maternelle a baissé de 44 % par rapport à 1990. Concrètement, le nombre de décès maternels dans le monde est passé de 532.000 environ en 1990 à 303.000 cette année; le taux de mortalité maternelle est donc aujourd’hui de 216 pour 100.000 naissances vivantes, contre 385 pour 100.000 naissances vivantes en 1990.
Pour rappel, il y a 18 mois, l’Organisation mondiale de la santé estimait qu’environ 800 femmes mouraient chaque jour dans le monde du fait de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. En 2013, elle indiquait que 289.000 femmes étaient décédées pendant ou après la grossesse ou l’accouchement et que la majeure partie de ces décès s’étaient produits dans des pays à revenu faible et la plupart auraient pu être évités.
Publiées dans la revue médicale « The Lancet », ces nouvelles données statistiques, sont plus que réconfortantes au regard de la situation qui prévalait depuis plusieurs décennies sur cette question.
«Ces 25 dernières années, le risque pour une femme de décéder de causes liées à la grossesse a pratiquement été réduit de moitié. C’est un réel progrès mais ce n’est pas suffisant. Nous savons que nous pouvons éliminer presque totalement ces décès d’ici à 2030 et c’est ce que nous sommes engagés à faire», s’est réjouie Dr Flavia Bustreo, sous-directeur général de l’OMS chargé de la santé de la famille, de la femme et de l'enfant.
De toute évidence, les progrès accomplis dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) semblent bien avoir eu un impact positif sur la baisse de la mortalité.
Pour rappel, l’amélioration de la santé maternelle figure parmi les huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) adoptés par la communauté internationale en 2000.
Quand bien même des efforts resteraient encore à faire, le constat est que «de nombreux pays où les taux de mortalité maternelle sont élevés progresseront peu, voire régresseront, au cours des 15 prochaines années si le nombre de sages-femmes et d’autres agents de santé ayant des compétences en obstétrique n’augmente pas», assure le Dr Babatunde Osotimehin, directeur exécutif du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA). Ce dernier est persuadé que «si nous ne faisons pas un grand effort aujourd’hui, nous constaterons une fois encore, en 2030, que nous n’avons pas réussi à faire reculer le nombre de décès maternels».
Il faut toutefois déplorer que les progrès réalisés dans ce domaine demeurent inégaux. Malgré des améliorations au niveau mondial, le rapport relève que seuls « neuf pays - le Bhoutan, le Cap-Vert, le Cambodge, les Maldives, la Mongolie, la République démocratique populaire du Laos, la République islamique d’Iran, le Rwanda et le Timor-Leste - ont atteint la cible prévue dans le cadre de l’OMD 5, à savoir réduire de trois quarts, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité maternelle ».
Par ailleurs, le rapport révèle que d’ici à la fin de cette année, 99% environ des décès maternels se seront produits dans les pays en développement, 2 décès sur 3 (66%) survenant en Afrique subsaharienne. Cependant, l’amélioration est considérable: le taux de mortalité maternelle en Afrique subsaharienne a baissé de près de 45% entre 1990 et 2015, passant de 987 à 546 pour 100.000 naissances vivantes.
Pour faire reculer le nombre de décès maternels, Mme Geeta Rao Gupta, directeur général adjoint de l’UNICEF, estime qu’il faut non seulement renforcer les systèmes de santé mais aussi s’intéresser à d’autres questions. Explications : «Les femmes et les filles, en particulier les plus marginalisées, doivent bénéficier d’une instruction car cela est essentiel à leur survie et à celle de leurs enfants. L’instruction leur permet d’acquérir les connaissances nécessaires pour remettre en cause les pratiques traditionnelles qui les mettent en danger et mettent également en danger leurs enfants».

Alain Bouithy
Mercredi 18 Novembre 2015

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