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Ayoub El Khazzani ou le profil du petit délinquant empruntant les routes de l'islam radical

Son parcours rappelle à certains égards celui de Mehdi Nemmouche et Mohamed Merah




Derrière l'image du tireur un peu gringalet et maîtrisé par plus fort que lui dans un train entre Amsterdam et Paris, Ayoub El Khazzani, Marocain de 25 ans, présente le profil déjà vu d'un petit délinquant empruntant les routes de l'islam radical.
Devant les toilettes des voitures 12 et 13 du train Thalys, un voyageur français se trouve nez à nez avec un homme torse nu, fusil d'assaut en bandoulière, neuf chargeurs sur lui. Armement lourd, profil d'islamiste radical, signalement des services de renseignements : l'enquête est orientée vers la piste d'une attaque terroriste au nom du jihad.
Devant les policiers, Ayoub El Khazzani, né le 3 septembre 1989 à Tetouan (Maroc) s'est dit sans domicile, affirmant vivoter à Bruxelles, où est installée l'une de ses sœurs, après avoir baroudé ces deux dernières années entre Aubervilliers (banlieue de Paris), Cologne, Vienne et la capitale belge.
Dans ses déclarations, il omet un aller-retour avec la Turquie, voie traditionnelle de passage vers la Syrie et ses zones tenues par l'Etat islamique empruntée par des milliers de jihadistes à partir de l'Europe. Il avait été repéré le 10 mai 2015 dans un vol Berlin-Istanbul et est rentré le 4 juin par un vol venant d'Antakya, ville proche de la frontière syrienne. Mais il nie ce voyage, tout comme il a nié tout projet terroriste en garde à vue avant de se murer dans le silence.
Ses armes, il les aurait trouvées dans un parc à Bruxelles et il n'aurait voulu s'en servir que pour rançonner les passagers du train, avant de sauter du wagon. A ce stade, l'enquête démontre qu'Ayoub El Khazzani disposait d'un téléphone activé le jour des faits, technique connue pour éviter tout repérage, sur lequel il a consulté un discours jihadiste exhortant au combat et à la prise des armes.
Entrecoupé de zones d'ombre, son parcours connu en Europe débute en Espagne où il vit de 2007 à 2014. Il y arrive à 18 ans, s'installant d'abord à Madrid puis à Algésiras (Andalousie) où habite son père. Vivant de petits boulots, il fait aussi de la prison, condamné deux fois en 2010 à 10 mois et 6 mois pour trafic de stupéfiants et "visé par plusieurs affaires judiciaires toujours en cours en Espagne", selon le procureur de Paris François Molins
"Il fréquentait assidûment la mosquée Taqwa connue pour son prosélytisme radical et dans laquelle son frère exerçait les fonctions de trésorier", a aussi révélé mardi le procureur. Ses discours "pro-jihadistes" vont conduire les renseignements espagnols à le signaler aux services français, d'autant que le suspect s'installera en France, début 2014.
Un passage attesté puisque l'opérateur de téléphonie mobile Lycamobile a confirmé que le Marocain y avait bien travaillé de février à avril 2014, avant une rupture car ses papiers "ne lui permettaient pas de travailler en France". En garde à vue, le jeune Marocain a affirmé avoir séjourné "cinq à sept mois" à Aubervilliers.
Le parcours d'Ayoub El Khazzani rappelle à certains égards celui de Mehdi Nemmouche et Mohamed Merah, des petits délinquants qui se sont radicalisés avant de passer à l'acte. A une différence près, et de taille, c'est que le projet de tuer a échoué. Nemmouche est poursuivi, lui, pour la tuerie au musée juif de Bruxelles (4 morts le 24 mai 2014) et Merah a tué sept personnes dont trois enfants juifs dans le sud-ouest de la France en mars 2012.
"Il n'avait clairement aucun entraînement au maniement des armes", a jugé l'un des jeunes Américains qui l'a maîtrisé dans le Thalys, Alek Skarlatos, militaire fraîchement rentré d'Afghanistan.

Jeudi 27 Août 2015

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