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Avis de tempête sur l’Omnium marocain de pêche




Avis de tempête sur l’Omnium marocain de pêche
En 1984, les autorités, pour créer une activité économique pourvoyeuse d'emplois à Tan Tan dont le cheptel animal, unique richesse, était décimé par plusieurs années de sécheresse, avaient fait appel à l’Omnium marocain de pêche. Ce dernier qui était détenteur de l'une des plus importantes flottes du pays, s’est  alors installé sur la côte. Pour ce faire, il fallait fonder une ville, en plein désert.
Bénéficiant du soutien de l'Etat et des facilités octroyées par le système bancaire, le groupe s’est mis au travail faisant sortir de ce désert, peu hospitalier, une ville moderne disposant de tous les équipements.
Le groupe employant plus de 2.200 personnes, entre personnel navigant et personnel à terre, avait contribué au peuplement de la nouvelle ville.
Aujourd'hui, la ville d'Al Watya qui compte une population de presque 10.000 habitants, vivant, directement ou indirectement, grâce au groupe, ne sait à quel saint se vouer pour lever la menace qui pèse sur son devenir.  Depuis qu'il y est installé, l’OMP a connu des moments difficiles qu'il est parvenu à surmonter. Mais le problème, aujourd'hui, dépasse de loin tous les autres, car, nous explique Khalil Samid, directeur général du chantier naval du groupe, "la banque, notre partenaire de toujours, nous a lâché, après avoir recouvré jusqu'au dernier  centime des 435 millions de dirhams que nous lui devions. Ce qui nous a amené à épuiser tout ce qui pouvait nous servir de fonds de roulement, comptant sur l'engagement de ce partenaire traditionnel, de reconduire les lignes de crédit qui nous ont, jusque-là, permis de tourner. Cette situation a concerné, également, la Société d'assurance qui appartient au même holding, ce qui nous a poussé à dénoncer le contrat qui nous liait à elle et qui concernait la couverture de la flotte de pêche et du personnel".
Solidaires de leur employeur, les syndicats en coordination avec les cadres de la société, ont organisé plusieurs marches et sit-in dénonçant ces comportements qu'ils accusent de vouloir tuer l'outil de travail, privant la ville d'Al Watya et toute la province de Tan Tan de ce groupe dont les actionnaires se sont étripés dans les prétoires et qui a été épinglé, plusieurs années plus tard, par la CNSS pour non-versement des cotisations prélevées sur les salaires des employés. Comme aujourd’hui, l’OMP avait brandi la même menace de voir à la rue plus de 2.200 familles.
Lors d'un point de presse organisé devant l'entrée du groupe dont l'accès leur est désormais interdit, les cadres du groupe et les représentants du  personnel qui avait dans un cas comme dans l’autre été pris en otages, nous ont exprimé leur désarroi et leur détermination à poursuivre leur mouvement revendicatif jusqu'à ce qu’une solution soit trouvée.
Pour Ahmed Laâssairi, représentant du personnel navigant, « cette situation met en péril, au-delà d'une ville de 10.000 habitants, l'un des premiers ports sardiniers du monde dont l’OMP constitue la colonne vertébrale du fait de l'importance de sa flotte et de ses chantiers navals qui sont le troisième après ceux de Casablanca et d'Agadir ». Et d’ajouter :  «Nous demandons l'intervention des plus hautes autorités du pays pour qu'une solution soit trouvée à ce problème ».
Hassan Sadki, directeur administratif et financier du  groupe, nous a expliqué, pour sa part, que malgré ses difficultés et les différentes crises du secteur de la pêche, le groupe avait signé des protocoles avec la direction de la CNSS, au terme desquels ils avaient convenu d'un échéancier pour le règlement des arriérés que le groupe a respecté  jusqu'au mois de juin dernier. Par conséquent, seules trois échéances ont souffert d’un retard dû aux difficultés du groupe, d'une part et  à la crise que traverse le secteur, d'autre part. 
Les cadres et membres du personnel du groupe ont constitué un comité de crise qui dénonce le refus de son banquier de reconduire les lignes de crédit, malgré son engagement. Dans un communiqué adressé au gouverneur de la province et dont Libé a reçu copie, les cadres confirment leur solidarité inconditionnelle avec ce comité.
S’agissant des arriérés de salaires du personnel, M. Sadki nous a indiqué une maison devant laquelle des centaines de personnes faisaient la queue, en affirmant : « Ayant été délogés des locaux du groupe, c’est dans cette maison que nous procédons au règlement des arriérés de salaires majorés d’une aide sociale octroyée par le président à tous les membres du personnel à l’occasion de l’Aïd ».
Le conseil municipal a, dans un autre communiqué, affirmé son soutien aux revendications légitimes du personnel du groupe qui est le premier employeur de la province, voire de la région.
Ce qui est évident, c'est que la ville d'Al-Watya, à travers la crise de l’Omnium marocain de pêche, vit l'un des plus sombres moments de sa jeune histoire.

Ahmadou El-Katab
Lundi 17 Octobre 2011

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