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Avec seulement 500.000 doses administrées chaque année : La grippe saisonnière demeure encore sous-estimée




Avec seulement 500.000 doses administrées chaque année : La grippe saisonnière demeure encore sous-estimée
Chaque année, la grippe touche presque 600 millions de personnes dans le monde, soit environ 10% de la population mondiale.  Rien qu’aux Etats-Unis, cette maladie est responsable de 200.000 hospitalisations et 36.000 décès par an.
La grippe a également des coûts économiques considérables, liés aux arrêts de travail ou de scolarité (10 à 12%  d’absentéisme dans le monde) et à des dépenses importantes de santé. Certains pays ont évalué les dépenses engendrées par la grippe, à près de 10 milliards de dollars. C’est le cas des USA qui ont dépensé  2,2 milliards de $ en soins, hospitalisations et traitements.
Au Maroc, les chiffres, concernant ce sujet, font défaut. Les statistiques relatives à la population touchée chaque année, aux cas hospitalisés, au nombre de décès et de coût économique engendré par cette maladie manquent cruellement. La grippe saisonnière ne semble pas faire la priorité du ministère de la Santé.
Cependant et selon des statistiques émanant de l’Institut Pasteur du Maroc, la saison 2010-2011 a enregistré 30.76% de prélèvements positifs dont 62% en grippe A et 38% en grippe B. La répartition de ces cas par tranche d’âge dévoile une prévalence chez les enfants âgés entre 0 et 14 ans avec 60,43% (45,05% pour les 0-4 ans et 15,38% pour les 5-14 ans).
Mais malgré ces chiffres, la grippe saisonnière  reste une maladie sous-estimée par rapport à sa dangerosité et sa prise en charge par la santé publique alors qu’elle est extrêmement contagieuse et potentiellement grave puisqu’elle peut présenter un risque sérieux de complications et mettre la vie en danger. En effet, elle ne semble pas faire la priorité du ministère de la Santé ni de l’opinion publique. Lors d’un workshop organisé le 05 octobre à Casablanca par l’Institut Pasteur du Maroc, le personnel de l’Institut a révélé qu’au Maroc, seule une infime partie de la population répond présent aux campagnes de vaccination lancées par l’Etat et que seules 500.000 doses de vaccin sont administrées chaque année.
Pire, le taux de couverture vaccinale de la population à risque ne dépasse pas les 1,5 à 2%, taux jugé largement inférieur aux 75% exigés par l’OMS comme objectif à atteindre en 2010, alors  qu’actuellement en France, le taux de couverture vaccinale contre la grippe est de 24% pour la population générale et de 68% pour les plus de 65 ans.
« L’opinion publique nationale ignore les bienfaits du vaccin et émet encore des doutes concernant la nécessité de vaccination. L’Etat se trouve chaque année avec  plus de dizaines de millions de vaccins sur les bras faute de gens qui se veulent se faire vacciner », a précisé Dr Jalal Nourlil, du Laboratoire de virologie médicale.
Mais la réticence n’est pas l’apanage du seul citoyen lambada, elle est aussi du ressort des médecins et des cadres dans les milieux professionnels. « On a constaté que plusieurs médecins sont réticents à l’idée de se faire vacciner et chaque année, le ministère de tutelle se trouve avec un stock périmé faute d’utilisation », a noté Dr Nourlil.
Le débat soulevé par le H1N1 est-il pour quelque chose ? Difficile de confirmer ou d’infirmer cette hypothèse, a répond Dr Nourlil, puisqu’on ne dispose pas de centres de sondage pour apprécier l’opinion de la population sur cette question. Cependant, il estime que quelle que soit la réponse, la vaccination n’est pas suffisamment développée dans notre pays.
Pour lui, une grande majorité de la population  refuse de se faire vacciner sous prétexte que le vaccin surcharge et affaiblit le système immunitaire ou encore qu'il est susceptible de lui inoculer d'autres maladies. « De tels préjugés sont si répandus qu’ils influent négativement sur la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière et entache la crédibilité de notre travail», a-t-il souligné.
Pourtant, la vaccination annuelle, à savoir l’injection d’une dose de vaccin antigrippal, reste la meilleure protection contre la grippe puisqu’elle induit une réponse immunitaire, permettant à l’organisme de développer les anticorps nécessaires pour éviter l’infection par le virus et la contamination de son entourage familial, scolaire ou professionnel. Il est donc fortement conseillé aux sujets âgés et enfants à risque de se faire vacciner chaque automne et durant toute la  saison hivernale, a expliqué, de son côté, Dr. Nadia Hermani.
Toutefois,  elle a tenu à préciser que le vaccin  contre la grippe protège uniquement contre les virus qui causent l’influenza, souvent appelée grippe et non contre les autres virus, encore moins contre les bactéries qui causent le rhume. « Il existe de nombreux agents infectieux qui sont responsables d’une «fausse grippe » qu’il faut distinguer de la vraie», a-t-elle noté.
Le vaccin diminue le risque d’infection à 70% chez les jeunes et à 50% chez les personnes âgées. En cas de complication, il diminue de 56% les infections respiratoires, de 50% le risque d’hospitalisation et de 68% celui du décès. Sans oublier que le vaccin réduit de 43% les jours d’absentéisme pour des voies respiratoires supérieures chez un adulte actif sain.
 La séroprotection d’un vaccin n’est obtenue que 2 à 3 semaines après l’administration de la dose vaccinale. « Il s’agit là d’un temps nécessaire pour l’organisme pour la production d’AC antivirus grippal.
Néanmoins, l’immunité diminue progressivement après la vaccination. Sa durée varie entre 6 et 12 mois et devient faible après 1 an », a-t-elle indiqué avant d’ajouter que la vaccination reste contre-indiquée en cas d’allergie à l’un des composants du vaccin (allergie aux œufs, à la néomycine) et qu’elle doit être remise à plus tard si la maladie est fébrile ou aiguë.
« Mais, il reste que les personnes qui se font vacciner contre l’influenza chaque année sont mieux protégées que celles qui ne le font pas », a-t-elle conclu. Mieux vaut prévenir que guérir, comme dirait l’adage.

Hassan Bentaleb
Lundi 10 Octobre 2011

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1.Posté par Traitements grippe le 11/10/2011 13:32
Encore trop de citoyens meurent de la grippe chaque hiver et en particulier les personnes à la santé fragiles comme les seniors, les enfants et les patients souffrant de maladies chroniques!

Il existe pourtant des vaccins et des traitements contre la grippe qui peuvent sauver des vies !


2.Posté par alaoui le 01/11/2011 19:46 (depuis mobile)
chaque année la grippe au Maroc attaque la plupart de la population.A mon avis la question qui se pose :quels sont les moyens de protection contre cette épidémie (maladie)sans vaccination .y a-t-il autres moyens????

3.Posté par alaoui le 01/11/2011 19:57 (depuis mobile)
VOS MIEUX PREVENIR ,QUE GUERRIRE : est ce que l''alimentation riche en protéines''ou les calories" 'vitamine c est non suffisante''ainsi qu elle n''a aucune influence sur le virus influenza'' donc quelle est la solution avant de tomber malade?

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