Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Avec quelques milliards de plus


Aura-t-on droit à de meilleures prestations à bord des trains?



Avec quelques milliards de plus
Que du bonheur ! 13 milliards de DH pour l’amélioration de la qualité de services et un ministre du gouvernement comme avocat pour défendre les retards récurrents des trains. Que demander de plus? L’ONCF, puisque c’est de lui qu’il s’agit,  ne peut qu’être satisfait. En effet, lors d’une séance de questions orales à la Chambre des représentants, Abdelaziz Rabbah, ministre de l’Equipement et des Transports, a déclaré que des fonds ont été alloués à l’office. Et puis concernant les retards accusés par les trains, rien d’alarmant. Juste 20%. Ce faisant, M. Rabbah se met dans les rangs de l’ONCF et prend sa défense.
Mais, ces services, parlons-en. Les doléances des usagers reviennent comme des litanies. Alors, c’est à se demander à quoi servent tous ces milliards puisque le service au quotidien démontre que la qualité des prestations est loin d’être au rendez-vous. Les dysfonctionnements ne se comptent plus.  Des retards répétés accusés au départ de la gare et qui  peuvent parfois dépasser une heure. «  Mesdames et Messieurs, votre attention s’il vous plaît, le train à destination de ……..arrivera  en retard ». Cette phrase, les habitués du rail l’appréhendent chaque matin quand ils empruntent le train pour aller à leur lieu de travail. Et parfois, une fois sur le quai, il est bondé et on risque de faire le voyage debout. Agréable façon d’entamer sa journée ! Ceci est d’usage notamment en période des fêtes et des vacances. Quant aux arrêts fréquents en rase campagne sans que les services concernés ne daignent fournir la moindre explication, c’est une éventualité qu’il faut envisager.
A  bord du train, le constat est affligeant. Des portes qui ne s’ouvrent pas  et d’autres qui ne se ferment jamais. Ce qui constitue un vrai danger pour la sécurité des usagers. Et puis mieux vaut ne pas avoir une envie pressante car les toilettes sont nauséabondes et manquent d’entretien. D’ailleurs  même dans les wagons,  la propreté laisse à désirer.  C’est le cas en particulier dans certains trains. L’un d’eux reliant Casablanca à Fès  est dans une situation particulièrement déplorable. Bon nombre de voyageurs ayant eu la malchance de le prendre ont été profondément scandalisés tel cet homme qui a interpellé le contrôleur pour lui faire part de son indignation: « Mais bon Dieu, on ne transporte pas du bétail. Comment se fait-il qu’on laisse ce genre de trains en circulation?». Des reproches fort légitimes du reste.  Des sièges particulièrement sales qui en plus d’être noirs de crasse,  portent tous de grosses taches d’une origine fort  douteuse.  Sa campagne refuse de s’asseoir: «J’ai parcouru presque tous les compartiments à la recherche d’un siège propre, mais rien n’y fait. J’ai un haut-le-cœur rien que de voir ce spectacle».  Le contrôleur loin de chercher une esquive quelconque approuve les deux voyageurs et se dit vraiment confus. «Croyez-moi, nous remettons régulièrement aux services concernés des rapports faisant état des remarques des clients», explique-t-il.  Mais il faut croire que les équipes de nettoyage ne s’acquittent pas non plus de leur tâche car l’hygiène laisse à désirer
Pourtant, le souci constant à l’ONCF semble être avant tout  la satisfaction des clients avec un maximum de confort et de sécurité. Ses responsables ne manquent pas d’occasion pour le rappeler. D’ailleurs, ce sont près de 70% des voyageurs qui se disent satisfaits des services de l’Office, selon la dernière enquête de satisfaction que mène régulièrement l’établissement que dirige Mohamed Rabie Khalie. Mais qui a-t-on sondé? Probablement des voyageurs qui prennent occasionnellement le train alors que les « navettistes » sont les mieux placés pour rendre compte de la réalité sur le terrain. Des remarques et des suggestions qui aideraient l’Office à assurer son rôle de service public. Malheureusement, pétitions, réclamations,  rappel des  médias, toutes ces doléances finissent par tomber dans l’oreille d’un sourd. A ce stade, l’absence d’une association pour la protection des usagers du train se fait sentir de façon cruciale.

Nezha Mounir
Lundi 21 Janvier 2013

Lu 594 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs