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Aux sources des émeutes en Algérie




Aux sources des émeutes en Algérie
Depuis quelque temps en Algérie, il ne se passe pas une semaine sans que l’on n’assiste à l’organisation de manifestation ou à l’éclatement d’une émeute. Le dernier en date est le soulèvement des habitants des quartiers de Diar Echems (un bidonville au cœur d’Alger) à cause d’un problème d’attribution de logements. Comment expliquer la récurrence des protestations musclées en Algérie ?
Tout d’abord, les émeutes sont un phénomène commun aux pays du Maghreb, ne serait-ce que parce qu’ils partagent les mêmes problèmes. De Gafsa à Oran, de Sidi Ifni à Alger, les foyers de contestations se sont allumés en représailles aux conditions de vie indignes. Cela dit, force est de constater que l’intensité et la fréquence des émeutes en Algérie sont plus grandes que dans les autres pays maghrébins. Alors, les algériens seraient-ils plus rebelles que leurs voisins?
Si l’on regarde de près l’histoire de la société Algérienne, on s’aperçoit rapidement qu’il s’agit d’une identité qui s’est construite sur une base conflictuelle, notamment lors de la guerre de libération d’Algérie. L'Algérie s'est construite dans la résistance à la colonisation, elle s'est également forgée par cette résistance. Ainsi, les Algériens qui entrent aujourd’hui en conflit avec leurs gouvernants ont l’impression de combattre contre le colon français hier. La lutte pour des revendications sociales devient une sorte de résistance face à l’oppresseur et revêt de ce fait une charge émotionnelle et symbolique plus forte chez les Algériens que chez les Marocains et les Tunisiens. S’ils ont arraché leur indépendance à la France, les Algériens luttent encore pour s’émanciper par rapport à un gouvernement oppressant politiquement, économiquement et socialement. Par ailleurs, si dans les trois pays du Maghreb, l’objet des manifestants et des émeutiers revêt un caractère existentiel (accès à l’eau, à la santé, au logement, au marché de travail, etc.), la perception des problèmes est davantage exacerbée et dramatisée en Algérie car des trois pays, elle est la plus riche. Les Algériens trouvent moins d’excuses à leurs dirigeants, et ils ont raison.
En fait, l’Algérie, contrairement au Maroc et à la Tunisie, est atteinte du syndrome hollandais - ou malédiction des ressources - dans le sens où la manne financière, générée par l’exploitation des hydrocarbures, censée accélérer le développement du pays se transforme en un frein car encouragent la corruption et les comportements de recherche de rente au détriment de l’entrepreneuriat et la création de richesses. Si les Algériens n’arrivent pas à profiter de leurs richesses, c’est parce que, d’une part, les institutions démocratiques de contrôle et de contre-pouvoir, obligeant les politiques à rendre des comptes, ne fonctionnent pas correctement. Et d’autre part, parce que les règles du jeu économiques favorisent davantage le comportement rentier que le comportement productif.
Comme lors des émeutes de Constantine en 1986, la baisse des cours du pétrole et donc la chute des recettes en devises réduit la marge d’intervention de l’Etat et le rend quelque peu inerte dans sa réponse aux demandes sociales exprimées par les populations dans la rue, ce qui a engendré la colère des populations habituées à la redistribution étatique. Même s’il s’agit de miettes comparativement aux privilèges accordés aux courtisans du pouvoir. Le passage à la protestation ou aux émeutes est largement tributaire de la perception des opportunités offertes par la vulnérabilité du pouvoir central. L’Etat-providence a de plus en plus du mal à prendre en charge les laissés pour compte. La récurrence des émeutes en Algérie est l’aveu de l’échec à tout point de vue de la politique interventionniste suivie depuis l’indépendance.
Une chose est sûre est que le lien entre les citoyens et les politiques est en train de rompre, car non seulement les citoyens ont le sentiment d’être ignorés et marginalisés, mais ils voient que ceux qui ont des entrées auprès du pouvoir vivent ostensiblement dans le luxe, d’où un sentiment d’injustice. Dès lors, les Algériens ont la conviction que la seule manière pour se faire entendre et faire valoir leurs revendications est de descendre dans la rue. Souvent il s’agit de manifestations pacifiques, mais qui se transforment en mouvements de violence suite à l’attitude répressive des forces de l’ordre.
Comme c’était le cas lors des émeutes du printemps berbère en avril 1980 à Tizi Ouzou revendiquant la liberté d’expression et le droit à la diversité culturelle et lors des émeutes d’octobre 1988 qui traduisaient le ras-le-bol des jeunes. Le plus inquiétant dans ces émeutes est qu’elles sont en train de devenir un mode d’action politique, un canal d’expression, une sorte de contre-pouvoir puisque la république n’offre pas les garanties nécessaires. Dans les démocraties bien consolidées, le gouvernement rend des comptes aux élus représentant les citoyens, mais en Algérie les mécanismes de la démocratie ne fonctionnent pas correctement, alors les citoyens déplacent symboliquement le Parlement dans la rue. En l’absence de mécanismes démocratiques permettant de régler les conflits, le lien entre l’élu et l’électeur est rompu et l’émeute se substitue à la manifestation pacifique. Au dialogue social, semble se substituer le langage des barricades et des cocktails Molotov en Algérie.
Si les émeutes sont plus fréquentes en Algérie, c’est parce que le pays accuse un retard en matière institutionnelle dû à l’absence ou au non-fonctionnement des institutions favorisant la liberté d’expression, la liberté économique et le règlement pacifique des conflits. En l’absence de réformes institutionnelles de fond, il est fort probable que le pouvoir, réussissant jusque-là à détourner les revendications des uns et des autres, finit par perdre le contrôle.

* Article publié en collaboration avec www.unmondelibre.org

Par Hicham El Moussaoui *
Samedi 31 Octobre 2009

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1.Posté par sarroudi mohamed le 01/11/2009 09:03
Le peuple Algérien est un peuple de combattant qui ne craint pas le sacrifice pour ses enfants et pour sa famille le peuple Algérien est un peuple qui vit debout avec fierté dignité et honneur dans tous les pays musulmans arabes, nos gouvernants profitent du peuple Mais en Algérie le peuple sait faire entendre sa voie et ce n'est pas des articles comme celui de libération qui changera la donne et nous fait croire que le Maroc est un paradis, celà est faux M. Hicham el Moussaoui je tire une révérence au peuple algérien qui se bat sans relâche pour une vie meilleure, prenons-en de la graine et arrêtons le dénigrement systématique et sans réalité. L'Algérie connait un essor formidable autoroute, logements ( un million ) plus un projet de un million à partir de 2010 des facilités bancaires ect ect mais il y a une question où nous battons les algériens, c'est dans le domaine de la drogue, prostitution, pédophilie, mendicité et notre Maroc est l'éden où le roumis le juif est roi

2.Posté par mimoun le 04/11/2009 11:04
Votre analyse pertinente prouve votre connaissance approfondie de la société algérienne. merci pour votre objectivité ,cela pourrai contribuer à apaiser la tension qui subsiste actuellement entre nos deux pays.

3.Posté par BENHMIDA le 11/11/2009 17:20
UNE ASSEZ BONNE ANALYSE FAITE PAR UN SUJET MAROCAIN SUR UN PEUPLE FRERE SAHA LIK

4.Posté par nawel le 06/01/2011 19:31
Les jeunes Algériens ne sont pas pris en charge ,par l'Etat c'est a dire que l'éducation Algérienne et son programme scolaire est très en retard par rapport aux autres pays il faut apprendre au jeune a réfléchir sur la vie d'une manière générale ;la littérature ,la philosophie ,pour apprendre à penser mais chez nous on nous apprend à apprendre sans réfléchir à obéir et à baisser la tête même dans le monde de l'entreprise ,les boites étrangères nous exploitent et on récolte des miètes de leurs bénéfices ;donc pouvoir d'achat pratiquement de survis ,tout dans la nourriture et encore.;Je plains toute l'Algérie qui na pas finis de pleurer ,pauvre ALGERIE mon pays.les jeunes n'ont rien ni dans la tété ni dans leurs poches je sent un abondant ,livrer a notre misère et détresse moral et économique.

5.Posté par Karim le 07/01/2011 02:30
Il est grand temps que le peuple algérien mette sa fierté de côté et décide de travailler (dans tous les sens du terme). Le discours du peuple combattant, martyr etc... le mène au chaos. Les peuples asiatiques ont leur fierté mais ils ont l'intelligence de s'imprégner des meilleurs techniques occidentales pour ensuite les dépasser.
Nous, peuple algérien, nous ne connaissons que la violence, il y a un profond problème culturel que l'Algérien doit régler avec lui même, en évitant de s'autodétruire.
Pour nos gouvernants, on n'a ceux que l'on mérite !

6.Posté par simo le 09/01/2011 10:57
De Tunisie à l’Algérie, Je suis optimiste pour l’avenir du Maghreb arabe, il faut encourager ces protestations contre les régimes non démocratiques, les dictatures, les voleurs des gisements de nos pays, ces émeutes présente la réveille des peuples.
Les protestants sont de jeunes qui souffrent de marginalisation dans tous les droits de travail, de logement …etc. je voix que la seule possibilité pour gagner ces droits c’est guerre contre ces régimes vieillissants. J’espère que la Libye, la Mauritanie, et le Maroc réveille aussi.
Nous sommes tous pour le changement et l’union de Maghreb arabe. Nous sommes contre la politique injuste de nos pays. Il faut prendre l’exemple de l’Europe.
Algérie, Maroc, Tunisie, Libye et Mauritanie sont tous dans la guerre de changements.
Un grand merci marocain pour nos amis algériens.

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