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Aucun signe d’accalmie n’est perceptible : Combats à huis clos au Sri Lanka




Aucun signe d’accalmie n’est perceptible : Combats à huis clos au Sri Lanka
Ni journalistes ni ONG : la guerre qui déchire le nord-est du Sri Lanka est un huis clos absolu. Depuis que les autorités ont ordonné, en septembre, l’évacuation des organisations humanitaires de la région dite du Vanni - le nord du pays, contrôlé jusqu’à peu par les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) - pour lancer l’offensive militaire, aucun observateur indépendant n’a eu accès aux zones de combats.
A l’exception du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qui, grâce à son statut neutre, a réussi à maintenir tant bien que mal des équipes auprès des populations civiles coincées au milieu des combats, afin d’apporter des soins et d’évacuer les blessés lorsque l’armée et les Tigres autorisaient des convois. Dans ce contexte, obtenir des informations fiables à propos de la situation sur le terrain relève de la mission impossible, d’autant que les deux parties excellent dans l’art de la propagande. Du côté des autorités, on estime que les médias n’ont qu’a s’en tenir aux déclarations officielles et aux communiqués du ministère de la Défense, tandis que chez les LTTE, il faut se fier aux sites Internet pro-indépendantistes. Résultat : personne ne sait vraiment ce qu’il se passe, comme en témoigne la polémique sur le nombre de civils encore otages des combats (20 000 maximum selon Colombo, plus de 130 000 selon les Tigres). Quant au CICR, seul témoin fiable, il est tenu par sa politique historique de neutralité.
Pour les médias, le seul moyen d’aller sur le terrain consiste à participer aux voyages de presse qu’organise régulièrement l’armée, dans les zones reprises aux Tigres. Des périples de quelques heures, étroitement encadrés, où l’on sait d’avance que l’on n’aura aucun accès aux civils. Idem pour accéder aux 200 000 civils qui, sortis des zones de combats ces dernières semaines, sont entassés dans des camps en territoire gouvernemental. Les journalistes qui ont participé à des visites organisées affirment ne pas avoir pu discuter seuls avec ces réfugiés. Une question de sécurité selon les autorités. En réalité, Colombo ne veut pas de témoins susceptibles de contredire les déclarations officielles, notamment sur l’absence de bombardements sur les civils.
Ceci d’autant plus qu’aucun signe d’accalmie n’était perceptible, hier, dans les combats entre l’armée sri-lankaise et les rebelles tamouls en dépit des appels lancés par le président Barack Obama et par l’Onu en faveur d’une fin des affrontements.
Le gouvernement de Colombo a une nouvelle fois exclu l’idée d’une trêve. « Nous cesserons nos opérations lorsque les rebelles du LTTE déposeront les armes et se rendront », a dit le ministre de la Gestion des catastrophes et des Droits de l’homme.
Le ministre a réaffirmé que l’armée ne faisait pas usage d’armes lourdes et travaillait à la libération des populations civiles prises au piège dans une mince bande côtière de 2,5 km2 tenue par les insurgés.
Les Tigres de libération de l’Eelam Tamoul (LTTE) ont annoncé, par la voix de leur chef politique,  qu’ils soutenaient l’idée d’un cessez-le-feu permanent mais refusaient de se laisser désarmer. « Les Tamouls souhaitent sincèrement que le président Barack Obama prenne la tête d’une intervention humanitaire », a-t-il dit accusant les Nations unies de traîner les pieds dans l’instauration d’une trêve.
« J’exhorte les Tigres tamouls à déposer les armes et à laisser partir les civils », a déclaré le président des Etats-Unis. « Sans une action urgente, cette crise humanitaire risque de virer à la catastrophe », a-t-il ajouté.
« Il est temps aujourd’hui de mettre de côté certaines questions politiques en jeu et de donner la priorité aux vies des hommes, des femmes et des enfants innocents qui sont pris entre deux feux ».  Mercredi également, le Conseil de sécurité des Nations unies a tenu sa première réunion officielle sur le conflit depuis son aggravation il y a quelques mois. Son message, adressé à la fois aux rebelles et au gouvernement du Sri Lanka, a été élaboré lors d’une réunion à huis clos.
« Les membres du Conseil de sécurité expriment leur grave préoccupation au sujet de la crise humanitaire qui s’aggrave dans le nord-est du Sri Lanka, en particulier au sujet des centaines de victimes civiles de ces derniers jours », lit-on dans une déclaration adoptée à l’unanimité.

AFP, AP, Reuters
Vendredi 15 Mai 2009

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