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Aucun film marocain dans la compétition officielle du FIFM

La section hors compétition apporte une maigre consolation au cinéma marocain




La liste des films qui seront en compétition officielle à la prochaine édition du Festival international du film de Marrakech (FIFM) est désormais connue et le cinéma marocain brille, encore une fois, par son absence. En effet, sur les quatorze longs métrages qui seront en lice pour l’Etoile d’or, aucun n'est marocain. La compétition officielle maintient pourtant le cap, choisi depuis quelques années, en jouant la carte de la diversité et de la recherche de jeunes talents. S’il y a en effet un fil rouge qui relie les films de la compétition, c’est l’ouverture sur les jeunes cinéastes qui ont fait l’événement cette année, ou attiré l’attention des critiques et des cinéphiles. Autre caractéristique, la diversité est d’abord géographique : Marrakech continue à voir la planète cinéma en plan large avec des films qui nous viennent de différents continents. Cela va du Japon à la Roumanie en passant par le  Taiwan, la Chine, le Chili, l’Afrique du Sud, la Russie, l’Islande, l’Iran, l’Autriche, l’Allemagne ou la France.
La section hors compétition reste fidèle à sa programmation ouverte sur de nouveaux films, grand public avec des stars et des thématiques fortes. C’est le cas avec les deux films d’ouverture et de clôture: «The age of shadows» de Kim Jee-Woon (Corée du Sud) et «Goodbye Berlin» de Fatih Akin (Allemagne). Cette section apporte, par ailleurs, une maigre consolation au cinéma marocain avec la programmation d’un seul film marocain. Il s'agit de "Mon oncle" de Nassim Abassi, dont le scénario tourne autour d'une actrice débutante qui essaie de se faire une place dans le monde du cinéma.
Rappelons que, comme à l’accoutumée, c’est un jury  éminent et diversifié qui présidera, cette année, aux destinées de l’Etoile d’or du FIFM. Autour d’un président, cinéaste prestigieux, Béla Tarr, le jury sera composé de personnalités reconnues dans le monde entier. Béla Tarr succède ainsi à Francis Ford Coppola (2015), Isabelle Huppert (2014) et Martin Scorsese (2013). A ses côtés, on retrouve l’Italienne Jasmine Trinca, la Franco-Indienne Kalki Koechlin, le français Bruno Dumont, la Canadienne Suzanne Clément, l’Australien Jason Clrake, le Danois Bille August et l’Argentin Lisandro Alonso.  Le Maroc sera, quant à lui, dignement représenté par la comédienne Fatima Harrandi, connue sous le nom de Raouia. «Cette diversité est portée par des choix de profils artistiques de haut niveau et conforte le positionnement du Festival : ouvert sur le monde, professionnel, cinéphile tout en étant attaché à son environnement social et culturel», expliquent les organisateurs du Festival.  
Cinéaste d’un temps réinventé, orfèvre perpétuellement traversé par la question de la condition humaine, chercheur invétéré des fondements du monde, Béla Tarr qui présidera donc le 16ème FIFM, a façonné une œuvre radicale et visionnaire, à la beauté formelle fascinante. «Il est l’un des derniers aventuriers du monde du cinéma et ses films comme «Le Tango de Satan» et «Le Cheval de Turin» sont de véritables expériences qui vous emportent et restent dans vos mémoires», souligne Martin Scorsese. «J’ai appris qu’il avait maintenant décidé de se consacrer à l’enseignement cinématographique, avec l’école qu’il a ouverte à Sarajevo. Il est, je crois, un excellent choix pour présider le jury de Marrakech», a-t-il ajouté.
Béla Tarr, réalisateur, scénariste et producteur, né en 1955 en Hongrie, a commencé à filmer à la fin des années 1970. Il est reconnu par ses pairs comme étant un auteur original et exigeant, donnant, à travers son cinéma, une expérience singulière de la durée et une vision du monde inédite. Son travail amateur lui a rapidement valu l'attention des studios Béla Balázs, qui lui ont permis la réalisation de son premier film «Nid Familial» en 1979, un travail sur le réalisme socialiste clairement influencé par le travail de John Cassavetes. Ses deux films suivants «L'Outsider» en 1981 et «Prefab People» en 1982 sont dans la même veine.
Primé au Festival de Berlin en 2011, où il reçoit l’Ours d’argent pour son dernier film «Le Cheval de Turin», son œuvre radicale se voit au-delà de toute frontière, grâce à l’intensité et l’universalité de sa splendeur visuelle. Mêlant au cinéma la littérature, le théâtre, la peinture et la musique, sa vision saisissante d’une réalité sociale, trouve écho dans certaines œuvres d’aujourd’hui. Considérée comme visionnaire par certains - parmi lesquels Susan Sontag, Jim Jarmusch, Gus Van Sant ou Martin Scorsese - l’œuvre du maître du cinéma hongrois Béla Tarr apparaît comme le dernier souffle triomphant d’une certaine école européenne, de Carl Dreyer à Andreï Tarkovski, sans oublier Miklós Jancsó.

Mehdi Ouassat
Jeudi 24 Novembre 2016

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