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Au pas de charge, François Hollande rencontre la presse et refuse que la France s’érige en arbitre


«Les progrès accomplis en matière des droits des femmes retiennent l’attention»



Au pas de charge,  François Hollande rencontre la presse et refuse que la France s’érige en arbitre
C’est au pas de charge que le président français a rencontré la presse, jeudi 4 avril, en fin d’après-midi à Rabat. Dans un petit hall de la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc, aménagé pour la circonstance,  François Hollande a tenu conférence de presse. Une conférence de presse extrêmement cadrée. « Trois questions du côté marocain et trois questions du côté français », ont prévenu les services de l’Elysée quelques minutes seulement avant l’arrivée du chef de l’Etat français. La rencontre avec la presse accréditée pour la couverture du voyage marocain du président de  la république française ne durera en tout et pour tout qu’un quart d’heure. Programme chargé, invoquait-on en coulisses. François Hollande arrivait tout droit de l’Université internationale de Rabat –qui se trouve être à Sala Al Jadida !-  et était resté plus longtemps que prévu au Forum des hommes d’affaires maroco-français aux premières heures de l’après-midi de ce même jeudi et auquel il s’était rendu immédiatement après son discours prononcé devant le Parlement. « Une journée folle, une journée marathon. A Casablanca, le programme était tout aussi chargé », répétaient à l’envi des journalistes français qui accompagnaient F. Hollande à sa première visite d’Etat au Maroc.
On l’aura compris, le premier voyage marocain du  président Hollande a été très studieux. Efficace aussi. Des conventions, des accords et des protocoles ont été signés. En super VRP de la France, François Hollande, accompagné de plusieurs dizaines de capitaines d’industrie français, a fait des affaires. Convergences sur les grands sujets comme le partenariat économique et les intérêts bien compris des chefs d’entreprises entre co-localisation et coopération. Ensemble, la France et le Maroc vont aller à la conquête du marché africain.
Un voyage économique mais pas seulement. Derrière l’économique, le politique n’est jamais loin dans cette relation entre la France et le Maroc décrite comme   « exceptionnelle » par le chef de l’Etat français. Une nouvelle étape est franchie, expliquera-t-il, sur le plan politique. Devant les journalistes, le président français a  salué «les pas décisifs» accomplis par le Maroc vers la démocratie. «Il y a un processus qui est engagé depuis 10 ans. Il y a une constitution qui a été adoptée en 2011 et qui comporte d’indéniables progrès. Il y a des étapes qui ont été franchies en termes de pluralisme, de liberté d’expression, de droits des femmes».
 «Tout cela s’est fait dans la stabilité et dans le calme parce que le Roi a su anticiper, et parce que les partis politiques ont pu être également à la hauteur de leurs responsabilités».

A Rabat, le scoop
du non remaniement gouvernemental
en France

Dans un pays qui n’a pas connu de printemps arabe pour avoir anticipé les événements, dira François Hollande, des progrès significatifs ont été accomplis. « Mais le processus est lent. Il peut toujours y avoir des retards, des imperfections ». Aux autorités marocaines, le président de la république française a rappelé que « la liberté d’expression est un principe fondamental de la démocratie », se faisant ainsi l’écho d’ONG internationales qui avaient demandé à Hollande de soulever la question lors de sa visite d’Etat au Maroc. Mais attention, pas question ici pour la France de « faire pression » ou de s’ériger « en arbitre », a prévenu F. Hollande qui réitérera une constante française: le soutien  au plan d’autonomie proposé par le Maroc au Sahara, « une offre sérieuse et crédible ». La politique française a fini, sans surprise, par rattraper François Hollande. Pour la première fois depuis le séisme provoqué  par l’affaire « Cahuzac », du nom de l’ancien ministre socialiste du Budget qui vient de reconnaître devant ses juges qu’il possédait un compte bancaire non déclaré à l’étranger, il s’expliquait sur  ce qui est décrit depuis plusieurs jours comme une affaire d’Etat par la presse de l’Hexagone. « C’est un choc, qui appelle des décisions. Je vais continuer sur la moralisation de la vie politique, de la vie économique. J’irai jusqu’au bout sur la question de la moralisation de la vie publique ».
Ce jeudi à Rabat, les médias français tenaient leur scoop, eux qui  n’étaient en quête que d’une seule et unique  information, le remaniement gouvernemental réclamé à cor et à cri par l’opposition. Non, François Hollande ne procèdera à aucun changement de gouvernement.  «Pour être clair, ce n’est pas le gouvernement qui est en cause, c’est un homme qui a failli».
Quelques heures plus tard, le président de la république française et sa compagne, Valérie Trierweiler, s’envolaient vers Paris. La gestion d’une crise politique majeure ne faisait que commencer

Narjis Rerhaye
Samedi 6 Avril 2013

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