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Au nom de la rose : Il faut y aller…




La campagne électorale pour les communales 2009 a commencé ce week-end. Dans une certaine discrétion, il faut le souligner. La campagne officielle entendons-nous car une autre campagne, souterraine et implicite était déjà en place depuis belle lurette. C’est dans la nature des choses : l’action politique démocratique suppose en permanence de la part des acteurs une certaine exposition, pour le meilleur et pour le pire. L’avantage d’une campagne électorale officielle, c’est qu’elle met ces mêmes acteurs devant l’obligation d’insérer leur action dans une démarche de communication inscrite elle-même dans l’ensemble de la logique démocratique. C’est l’un des aspects sur lequel portera une nouvelle fois le débat autour de l’acte électoral au Maroc. Notre retard en la matière réside justement à ce niveau : le processus électoral est encore en phase de rodage et à chacune de ses échéances, le scrutin apparaît comme un exercice qui met en jeu l’ensemble du processus démocratique. 
Pour les militants démocratiques, cette dimension est omniprésente dans leur action partisane pour défendre la couleur de leur liste. A l’USFP, justement, notre participation au processus électoral est dictée par cette double volonté ; par cette double démarche : une démarche didactique qui vise à ancrer définitivement dans nos moeurs politiques l’idée du changement par les urnes, l’idée de la participation comme acte fondateur de la citoyenneté moderne et la volonté légitime en tant qu’acteur majeur de la vie politique nationale à acquérir des positions de force pour prendre part à la direction des affaires publiques aussi bien au niveau local qu’au niveau national. Toute l’histoire récente de notre pays a été marquée par l’apport de l’USFP à ce double enjeu de la modernisation du système politique marocain.
Au moment où s’ouvre le débat pour préparer le scrutin du 12 juin, l’USFP peut être fier de présenter son  expérience fondatrice et pionnière en matière de gestion locale. Il a inscrit à son palmarès des résultats qui sont restés indélébiles dans la mémoire politique locale de nos villes et contrées. Dès le tournant historique de 1976, l’USFP s’est imposé comme force démocratique locale porteuse d’un véritable projet de changement par l’action communale. D’abord par les grandes mobilisations des forces populaires  débouchant sur des scores historiques à travers les principales villes du pays et ensuite par le modèle de gestion qu’il a réussi à installer dans les communes où il avait pu disposer de majorité cohérente. C’était un prolongement de ses luttes historiques sur différents fronts. Une lutte qui a pris plusieurs formes car cette expérience inédite dans les pays du sud a très vite subi les effets de différentes manœuvres visant à l’écraser dans l’œuf : fraudes, manipulation des listes électorales et des découpages des circonscriptions, agression contre les militants, création d’entités politiques factices…tous les Casablancais ont encore vivace le souvenir de la commune d’Aïn Diab, modèle de gestion démocratique construit dans l’abnégation, le sacrifice et dans le respect des valeurs de gauche…
En parler aujourd’hui n’est pas verser dans la nostalgie, c’est un rappel pour les jeunes aujourd’hui que l’acte électoral auquel ils sont conviés n’est pas un luxe. Il est la résultante d’un combat de longue haleine. Il est le fruit de sacrifices de plusieurs générations. Certes, il est difficile par les temps qui courent de ne pas céder aux nihilistes de tout bord qui dénigrent matin et soir l’action civique, l’action des partis authentiques ; faisant l’apologie de l’individualisme, de l’égoïsme et du voyeurisme comme mode de pensée. 
En ce début de campagne, nous en profitons pour dire que la politique n’est pas morte ; qu’elle n’est pas l’apanage des seuls professionnels des élections. Les citoyens ont toujours leur mot à dire. Le bulletin de vote est un engagement et un contrat. Il faut savoir le négocier en fonction d’un référentiel…nous en parlerons demain. 

Mehdi Benomar
Lundi 1 Juin 2009

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