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Au jour le jour : Eperon fatal !




Eperon fatal !


Vendredi, en fin d’après-midi à Al Hoceima, Mohcine Fikri âgé de 31 ans, un poissonnier grossiste de son état, est mort pour avoir voulu défendre de destruction, par camion de ramassage d’ordures interposé, son gagne-pain, une cargaison de poissons, de l’espadon en l’occurrence. Sa marchandise de 500 kg était interdite de pêche, le quota ayant été atteint. Estimée à quelque 100.000 dirhams, elle était destinée à être revendue à Nador.
Au-delà du fait qu’à la sortie du port d’Al-Hoceima sa camionnette ait été interceptée par les autorités locales qui lui ont saisi le poisson pour le détruire alors que d’autres options s’offraient aussi, comme celle de la revente ou don de bienfaisance, c’est la tragédie qui s’en est suivie et qui doit interpeller tout un chacun.
 Geste de désespoir ou accident, c’est d’abord mort d’homme dans des circonstances atroces que l’on retiendra. Passer de vie à trépas emporté par le mécanisme de broyage d’un camion de ramassage d’ordures en tentant de sauver sa marchandise n’est pas la meilleure fin que le commun des mortels, aurait souhaitée comme ultime soupir. 
Ce qu’il faut mettre en avant dans cette tragique histoire, c’est pourquoi on en est arrivé là. La mort de Mohcine n’est en fait que la conséquence de plusieurs dysfonctionnements. Que faisait dans un port de pêche et donc régi par des règles y afférentes, du poisson interdit à la pêche? Pourquoi sa capture en mer est-elle autorisée? Où sont les contrôles existant dans nos ports et nos eaux territoriales?
Dans ce cas-là, qui contrôle quoi ? Maintenant, tolérer la vente de denrées illicites dans la zone portuaire et appréhender les affairistes dès lors qu’ils franchissent la zone franche, relève, même si pour autant c’est légalement faisable, d’une imperfection que toute morale sociale réprouverait, d’où les débuts de soulèvement de la population locale quant à cette dramatique affaire. 
Cette disposition qui entre mal et bien faire balance paradoxalement, si elle se comprend au niveau des statistiques et autres obligations de résultats au niveau des autorités, n’en est pas moins calamiteuse car tragique.  
Ces fatales conséquences auraient pu être évitées par de l’anticipation et de la sensibilisation. Maintenant en arriver là avec un citoyen qui cherchait à vendre sa marchandise à des détaillants, en se contentant d’un bénéfice modéré a, semble-t-il, constitué un affront aux nombreuses familles qui vivent de pêche dans cette région du Nord du Maroc.
Mohcine Fikri en d’autres heures était aussi un chauffeur de taxi qui faisait vivre huit personnes.
 

Mohamed Jaouad Kanabi
Lundi 31 Octobre 2016

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