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Au coin de l’absurde

Heureux qui comme le piéton…




Au coin de l’absurde
La définition du piéton, ce nom parfois adjectif, se résume dans le dico par « personne qui circule sur une voie publique ». On remarquera au passage que le recueil qui répertorie les mots, en leur donnant des informations relatives à eux-mêmes et à ce qu’ils représentent comme la définition, la traduction, bref, toutes leurs caractéristiques, n’emploie pas le terme trottoir pour situer notre passant dans le temps et l’espace mais, voie publique. Cette dernière pouvant être route, rue, place, trottoir, chemins, de traverse ou pas. Il n’est donc pas anormal que les porteurs d’espadrilles made-in bled de marque Alidas ou Nycke côtoient de façon notoire la banale 4/4 Cayenne de service sur les plus beaux bitumes du monde. Aussi est-il grand temps de se délester de certaines idées reçues comme quoi le trottoir appartiendrait aux piétons et l’asphalte à tout engin à une ou plusieurs roues, charrettes, chariots et autres véhicules à traction quatre pattes ou deux pieds qui font évidemment partie intégrante du lot, à l’instar du bus, de l’auto, du camion et des vélos et motos, etc.
Le piéton des villes est un usager de la route comme tout le monde, c’est un citadin à ne pas associer de facto au trottoir. D’ailleurs, cet espace parfois surélevé et qui longe nos rues et dont notre marcheur en avait antan le monopole, ne lui est plus réservé. Guère praticable depuis lurette, il a été abandonné au bon gré des chaises de cafetiers, des établis de menuisiers, aux suies des mécaniciens, aux étalages des commerçants depuis les vendeurs de fruits et légumes jusqu’aux marchands ambulants, « ferrachas » pour faire un peu dans l’exotisme et tant d’autres usufruitiers. Tout ce beau monde, contre redevance ou pas ou autre chose, s’est octroyé un droit réel de jouissance que leur confère donc cet autre droit, celui d’exploiter cet espace public et de jouir de ses bons fruits sans toutefois disposer de ces lieux dont la gestion généralement revient à la commune, cela va de soi.
Qu’à cela ne tienne ! Cette situation n’ébranle en rien notre piéton qui en bon promeneur, a pris son courage à deux mains enfin… à deux pieds et a investi un autre  espace que lui définit du reste l’ouvrage de référence, la route. Cette dernière au nivellement parfait, lui permet des meilleures sensations que celles ressenties sur le trottoir dans sa pratique de la marche. Mais disputer l’asphalte à d’autres usagers, a un coût. En attendant sa piétonisation, c’est une vraie guerre qu’il doit livrer et souvent au prix de sa vie.  

Mohamed Jaouad Kanabi
Vendredi 30 Août 2013

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