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Au Parlement, l’opposition se mobilise contre les coupes budgétaires

Benkirane loue la cohésion de son gouvernement et le PPS propose une alternative progressiste




Au Parlement, l’opposition se mobilise contre les coupes budgétaires
La session de printemps du Parlement sera chaude. C’est ce que promet l’opposition qui crie au loup depuis que le gouvernement Benkirane a décidé par décret de procéder à l’arrêt de l’exécution de 15 milliards de dirhams des dépenses de l’investissement au titre de l’exercice 2013. Décision anticonstitutionnelle, marginalisation des partis politiques de l’opposition, menaces sur la souveraineté marocaine dans la prise de décision économique : depuis le 4 avril, les inquiétudes et les craintes du personnel politique se font de plus en plus précises. «Le FMI est à nos portes. Au secours, le spectre du programme d’ajustement structurel plane au-dessus de nos têtes», s’est alarmé vendredi dernier le Premier secrétaire de l’USFP.  Toute révision du budget d’investissement, a-t-il expliqué au cours d’une conférence de presse, doit «passer par le Parlement». «Nous ne nous tairons pas devant une telle violation de la Constitution.»
Les tout prochains jours risquent d’être très agités sous la Coupole. L’opposition n’en démord pas : l’Exécutif doit passer par la case «Parlement» et s’expliquer sur une décision «grave, prise de manière unilatérale».  Le fera-t-il dans un exercice tardif mais nécessaire à la démocratie ? En tout cas, la prochaine audition du chef de gouvernement par le Parlement s’annonce houleuse autant que les séances de questions orales. Mais pour l’heure, c’est devant le patronat que Nizar Baraka, le ministre de l’Economie et des Finances, passe son grand oral. En ce début de semaine, il est l’invité du conseil d’administration de la CGEM pour « défendre la coupe de 15 milliards de DH» et dissiper les inquiétudes des chefs d’entreprises et autres investisseurs privés.  Petits et grands patrons le disent sans ambages : ils attendent des explications claires de l’Exécutif et des mesures d’accompagnement qui permettraient aux entreprises de résister à la crise.
Le Mouvement populaire a, lui, précédé le patronat en organisant ce week-end à Rabat une conférence consacrée à la situation économique du pays.
Après les éclaircissements de l’Argentier du Royaume, Le représentant de la Banque mondiale  a pris la parole pour confirmer ce que l’opposition redoute depuis plusieurs mois, mettant ainsi en garde contre une éventuelle perte par le Maroc de sa souveraineté financière. Simon Gray, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Maghreb, a en effet indiqué que «le retard dans l’entame de certaines réformes est à même de menacer la souveraineté financière du Maroc».
Sans surprise, la crise économique et financière et, surtout  sa gestion, a fini par rattraper et diviser la coalition gouvernementale.  Samedi, le PPS a tenu un comité central mi-figue mi-raisin. Les anciens communistes, meilleurs alliés jusque-là des islamistes au pouvoir, ont très officiellement proposé une «alternative progressiste pour faire face à  la crise économique», contribuant ainsi à semer plus de confusion dans une majorité ultra-conservatrice.  Mi-figue mi-raisin jusqu’au bout, le PPS tente de justifier les coupes budgétaires décidées par l’Exécutif, tout en affirmant que «cela ne devrait pas  dispenser le gouvernement d’accomplir les réformes structurelles attendues et prévues par le programme gouvernemental». Dans la foulée, Nabil Benabdallah et ses camarades reconnaissent, et c’est une grande première, que la majorité est secouée de «soubresauts». L’image que ses composantes renvoient ne peut inspirer confiance auprès de l’opinion publique, des observateurs internationaux et des investisseurs, ont dit les militants PPS réunis dans cette 10eme session de leur comité central. Ce qui n’a pas empêché cette formation politique de faire entendre sa différence. Le PPS est contre la libéralisation des prix. Il n’est pas non plus en faveur d’une suppression de la Caisse de compensation. En revanche, il se prononce en faveur de la récupération des aides octroyées «aux sociétés et aux riches». «La prochaine réunion de la majorité s’annonce mouvementée maintenant que le PPS s’y met», annonce un brin ironique un député de l’Union socialiste des forces populaires.
Une crise qui ne semble pas inquiéter outre-mesure le chef du gouvernement. Samedi à Bouznika,  Abdelilah Benkirane a profité de la tribune du 6ème Forum national des professionnels pour régler ses comptes avec «tous ces perturbateurs qui veulent semer le trouble et la confusion». «Le gouvernement fait preuve de cohésion. Il est déterminé à poursuivre les réformes malgré les actes de perturbation. Cet Exécutif que conduit le PJD est arrivé au pouvoir avec pour objectif la réforme et la lutte contre l’autoritarisme et la corruption en collaboration avec les parties de bonne foi», a scandé le leader islamiste devenu chef de gouvernement. Voici les crocodiles et autres démons prévenus!

Narjis Rerhaye
Mardi 16 Avril 2013

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